
Ouvrir un pressing, c’est exercer une activité de nettoyage professionnel des textiles, distincte de la laverie automatique et de la blanchisserie. Le pressing se concentre sur le nettoyage à sec et le traitement des textiles délicats grâce à des machines spécialisées et un savoir‑faire technique. La laverie propose des machines en libre‑service, tandis que la blanchisserie traite surtout de grands volumes pour les professionnels.
Le pressing se positionne ainsi comme une activité artisanale à forte valeur ajoutée, portée par une demande stable et des besoins réguliers des particuliers comme des entreprises. Voici comment ouvrir un pressing et les conditions nécessaires à l'exercice de cette activité.
Pourquoi ouvrir un pressing ?
Laver de gros volumes quand on est une famille nombreuse, nettoyer son linge quand on est étudiant ou jeune salarié et qu’on ne possède pas encore de machine à laver, ou entretenir les maillots de son club de foot après un match… Il existe de nombreux personas de clients susceptibles de faire appel à vos services si vous décidez d'ouvrir un pressing !
L'ouverture d’un pressing présente de nombreux avantages en comparaison avec d’autres secteurs d’activité (la restauration par exemple) :
des horaires souples et peu, ou pas de salariés ;
pas de diplôme requis ;
une activité qui se lisse sur une année sans saisonnalités importantes ;
et des clients toujours satisfaits du service rendu !
Autant de points positifs qui vous ont certainement convaincu de vous lancer pour devenir patron d’un pressing !
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Étape 1 : le business-model. Franchisé, indépendant, à domicile ?
Ouvrir un pressing en franchise : est-ce possible ?
Pour ouvrir un pressing, la franchise est une solution largement plébiscitée aujourd’hui car en faisant ce choix, le franchisé bénéficie notamment :
d’un accompagnement avant et après l’ouverture de son pressing ;
d’une formation et d’un suivi tout au long de sa carrière ;
d’un service de maintenance.
Si vous optez pour la franchise, vous devrez seulement vous acquitter des droits d’entrée et du loyer de votre local. Le choix des machines, des tarifs de prestations ou du plan marketing revient généralement à la franchise. En d’autres termes, il s’agit d’une création de pressing « clé en main ».
Si vous ne souhaitez pas vous lier par un contrat avec une franchise, vous pouvez faire le choix de l’indépendance en :
investissant vos économies personnelles dans votre projet ;
débloquant les aides à la création d’entreprise ou à la reprise d'une entreprise (ACRE) permettant une exonération partielle de charges sociales la première année de création d'entreprise ;
en souscrivant à un crédit.
Dans ce cas, l’investissement personnel sera la part importante de la réalisation de votre projet car il devra inclure, entre autres :
le choix et l’achat des machines ;
la mise en place d’un plan marketing adapté ;
le type et le montant des prestations proposées.
Tableau comparatif franchise/indépendant
|
Critère |
Franchise |
Indépendant |
|---|---|---|
|
Investissement initial |
Plus élevé (droit d’entrée, aménagement imposé), mais conditions négociées et financement facilité |
Plus faible, sans droit d’entrée Investissement adaptable selon le concept |
|
Accompagnement |
Formation, support technique, marketing et conformité : un cadre clé en main |
Aucun accompagnement structuré : gestion autonome de l’étude de marché, des achats et de la communication |
|
Liberté de gestion |
Liberté limitée : respect du concept, des prix et des process du réseau |
Liberté totale sur les prix, le positionnement, les fournisseurs et la stratégie |
|
Notoriété |
Marque reconnue, démarrage plus rapide et clientèle rassurée |
Notoriété à construire via communication locale et qualité du service |
|
Redevances |
Oui : redevances et contribution marketing, impactant la marge |
Aucune : marge plus élevée mais budget marketing à financer seul |
Ouvrir un pressing à domicile : est-ce possible ?
Ouvrir un pressing directement à domicile est très encadré et, dans la majorité des cas, quasiment impossible en raison des contraintes techniques, environnementales et réglementaires propres à cette activité.
Le nettoyage à sec utilise des machines lourdes, bruyantes, énergivores et nécessitant une ventilation spécifique, ainsi que des produits classés comme agents chimiques dangereux. Ces exigences dépassent largement ce qu’un logement peut légalement accueillir.
Les limites réglementaires au pressing à domicile
Sur le plan réglementaire, un pressing est considéré comme une activité commerciale recevant du public, ce qui impose le respect des normes ERP (sécurité incendie, évacuation), totalement incompatibles avec un appartement ou une maison.
Les machines de nettoyage à sec doivent être installées dans des locaux adaptés, avec des systèmes d’aération et de confinement conformes aux normes environnementales et de sécurité. Les solvants utilisés, même en version « alternative », nécessitent une gestion stricte, des dispositifs anti‑émanations et un stockage sécurisé, impossibles à mettre en œuvre dans un espace d’habitation.
Les limites techniques au pressing à domicile
D’un point de vue technique, les équipements professionnels (lave‑linges professionnels, séchoirs, cabine de nettoyage à sec) demandent une alimentation électrique renforcée, des évacuations spécifiques, une ventilation mécanique contrôlée et un volume suffisant pour garantir la sécurité. Les nuisances sonores et vibratoires rendent également l’activité incompatible avec un immeuble d’habitation.
En pratique, la seule forme d’activité envisageable à domicile est une activité de collecte et livraison, sans traitement des vêtements sur place. L’entrepreneur peut alors fonctionner comme un relais : récupération d'articles chez les clients, traitement dans un pressing partenaire ou un atelier externalisé, puis restitution. Cette activité reste soumise aux obligations d’information du consommateur, mais ne nécessite pas d’installation technique lourde.
En résumé, un pressing ne peut pas être exploité à domicile, mais un service de collecte/livraison ou un point relais peut constituer une alternative légale et viable pour démarrer avec un investissement réduit.
Étape 2 : l'étude de marché et le business plan
Comme tout projet entrepreneurial, une étude de marché est indispensable avant d’ouvrir votre pressing. Vous devrez analyser le secteur choisi pour votre local en :
déterminant vos concurrents directs et indirects ;
identifiant votre clientèle et ses attentes ;
distinguant vos partenaires et fournisseurs.
Pour concrétiser votre étude, vous devrez vous confronter au terrain afin d’établir un profil détaillé de votre clientèle : les catégories socioprofessionnelles, la demande des clients, leurs paniers moyens.
Il est ensuite temps de préparer un business plan, avec tous les tableaux financiers requis pour trouver le financement nécessaire à la réalisation de votre projet de pressing. Ce document incontournable vous permettra notamment de démarcher les :
investisseurs en fonds propres ;
banques et établissements de crédit ;
plateformes de crowdfunding.
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Quel budget prévoir pour ouvrir un pressing ?
Comme toute création d’entreprise, ouvrir un pressing nécessite de faire un business plan. Ce document indispensable vous permettra d’exposer l’ensemble de votre projet et de convaincre vos investisseurs. Ainsi, ce dernier devra contenir les tableaux financiers suivants :
le compte de résultat et le bilan prévisionnel ;
un plan de financement ;
le budget de trésorerie.
Ouvrir un pressing nécessite un investissement initial important, principalement lié aux machines professionnelles et à l’aménagement du local. La rentabilité dépend ensuite du volume de pièces traitées, du positionnement (pressing écologique, premium, express) et de la maîtrise des charges fixes.
Voyons ensemble les postes de dépenses à prévoir.
Les données présentées ci-après sont indicatives.
Le local commercial
Votre local doit être ventilé, compatible avec les machines et conforme à la réglementation ERP.
Checklist
Pour le loyer, comptez entre 800 à 2 500 €/mois selon la zone d’implantation.
Pour le dépôt de garantie, comptez entre 2 à 3 mois de loyer.
Pour les travaux et la mise aux normes du local, comptez 10 000 à 40 000 € (ventilation, électricité, évacuation, sécurité, etc.).
Les machines et le matériel
Il s'agit du poste de dépenses le plus lourd du budget.
Checklist
La machine de nettoyage à sec : 20 000 à 60 000 €.
Le lave-linge professionnel : 2 000 à 10 000 €.
Le sèche-linge professionnel : 2 000 à 8 000 €.
La table à repasser et le système de vapeur : 1 000 à 5 000 €.
Le poste de détachage : 1 500 à 6 000 €.
L'emballeuse : 800 à 3 000 €.
Le convoyeur : 3 000 à 15 000 €.
Le logiciel de gestion : 30 à 150 €/mois.
👉 Le budget total du matériel est d'environ 40 000 à 120 000 € (selon la gamme et le concept).
Les stocks et consommables
Moins coûteux comparé aux machines, cependant ces derniers doivent être renouvelés mensuellement.
Checklist
Les solvants, produits de détachage, housses, cintres et emballages.
Le budget initial varie de 1 000 à 3 000 €.
Le renouvellement mensuel, quant à lui, est d'environ 200 à 600 €.
La communication et le lancement
Un poste de dépense à ne pas négliger puisqu'il participe à renforcer l'attractivité et la pérennité de votre activité de pressing.
Checklist
Enseigne, flyers, Google Ads local, réseaux sociaux.
Pour le budget de démarrage, prévoyez 1 000 à 5 000 €.
Pour le budget mensuel, prévoyez ensuite entre 100 à 300 €.
La trésorerie de sécurité
Indispensable pour absorber les premiers mois, il faut compter 3 à 6 mois de charges, ce qui équivaut à une trésorerie comprise entre 10 000 et 25 000 €.
Quelle est la rentabilité d'un pressing ?
Les données présentées ci-après sont indicatives.
La rentabilité d’un pressing repose avant tout sur sa capacité à traiter un volume régulier de vêtements tout en maîtrisant ses charges fixes. C’est une activité où la demande reste stable, mais où l’équilibre financier dépend fortement du flux quotidien, du panier moyen et du positionnement choisi (standard, premium, pressing écologique, express).
Un pressing situé en centre‑ville ou dans une zone à fort passage peut atteindre un chiffre d’affaires compris entre 150 000 et 300 000 € par an, avec une marge nette généralement située entre 10 et 20 % lorsque l’exploitation est bien optimisée.
À partir d’environ 1 000 à 1 800 articles par mois, un pressing couvre ses coûts et commence à dégager un bénéfice.
Un pressing moyen supporte entre 3 000 et 7 000 € de charges mensuelles, selon la taille du local, le nombre de salariés et la gamme de machines utilisées. Les équipements modernes, plus économes en énergie et en solvants, permettent de réduire les coûts d’exploitation et d’améliorer la productivité, ce qui a un impact direct sur la marge.
La rentabilité dépend aussi du panier moyen, qui varie généralement entre 7 et 12 € par article.
Un pressing bien placé, doté d’un concept clair et d’un bon niveau de service, peut ainsi atteindre un résultat net de 20 000 à 50 000 € par an, avec une montée en puissance progressive sur les deux premières années. La clé réside dans la fidélisation, la qualité du traitement, la gestion rigoureuse des charges et la capacité à capter une clientèle régulière, qu’elle soit résidentielle ou professionnelle.
Bon à savoir
Un positionnement premium ou un service de collecte/livraison peut augmenter le panier moyen et accélérer la rentabilité.
Ouvrir un pressing en 7 étapes :
Définir votre concept : pressing écologique, service express, haut de gamme, collecte/livraison, casiers 24/7. Le concept oriente l’investissement, la clientèle et la stratégie commerciale.
Trouver le bon emplacement : zone à fort passage, proche d’habitations ou de bureaux, en centre-ville, avec un local ventilé et compatible avec l’installation de machines professionnelles.
Réaliser une étude de marché : analyse de la concurrence locale, des prix pratiqués, des besoins des habitants et des professionnels (hôtels, restaurants, cabinets médicaux), ainsi que le potentiel de fidélisation.
Construire un business plan solide : calcul de l’investissement (machines, aménagement, solvants, assurances), des charges, de la rentabilité attendue et des scénarios de développement (tels que les services additionnels comme la collecte à domicile).
Choisir le statut juridique adapté (micro‑entreprise, EURL, SARL, SASU, SAS) selon votre fiscalité, votre protection sociale, vos perspectives d’évolution et le nombre d’associés.
Acheter et installer l’équipement : machines professionnelles conformes (laveuses, séchoirs, cabine de nettoyage à sec, table de repassage, produits de nettoyage), ventilation, sécurité et maintenance.
Accomplir les formalités d’ouverture : immatriculation, assurances, conformité ERP, affichage des prix, gestion des produits chimiques, règles de sécurité et procédures internes de conservation des articles.
Quelle rémunération envisager en ouvrant un pressing ?
Le chiffre d’affaires d’un pressing est défini ainsi :
nombre de pièces traitées par jour x coût moyen
Notez que le prix de vente est variable suivant la région et la concurrence, mais aussi en fonction de l’emplacement et du choix du business model.
Malgré toutes ces variations et sachant que le chiffre d'affaires (CA) moyen en France dans ce secteur d’activité en 2023 était de 98 000 € par entreprise, on peut estimer que le CA potentiel d’un pressing ouvert en centre-ville se situe entre 80 000 € et 150 000 €.
Étape 3 : le choix du statut juridique
Le choix du statut juridique conditionne la fiscalité, la protection du dirigeant, la capacité d’investissement et l’évolution future du pressing. Comme l’activité nécessite souvent un matériel coûteux, il est essentiel de sélectionner une structure adaptée à votre projet, à votre budget et à votre ambition de développement.
La micro‑entreprise
La micro‑entreprise peut séduire par sa simplicité, mais elle est peu adaptée à un pressing.
Le plafond maximal de CA, l’impossibilité d’amortir les machines et l’absence de déduction des charges rendent ce statut difficilement viable pour une activité nécessitant un investissement de 40 000 à 120 000 €.
Elle peut convenir uniquement à un service de collecte, sans traitement sur place.
L'entreprise Individuelle (EI)
L’EI permet de déduire les charges et d’amortir le matériel, ce qui la rend plus adaptée qu’une micro‑entreprise.
Même si ce statut permet une meilleure protection de votre patrimoine personnel, vous restez imposé en votre nom propre, ce qui peut devenir pénalisant lorsque l’activité se développe.
L'EURL et la SARL
L’EURL (un associé) ou la SARL (plusieurs associés) offrent un cadre solide pour un pressing. Elles permettent :
d’amortir les machines ;
de déduire toutes les charges ;
de bénéficier d’un statut de gérant majoritaire moins coûteux en cotisations ;
d’encadrer clairement les relations entre associés.
C’est un choix fréquent pour les pressings indépendants souhaitant un équilibre entre protection, fiscalité et stabilité.
La SASU et la SAS
La SASU (un associé) ou la SAS (plusieurs associés) sont particulièrement adaptées aux projets nécessitant :
une forte capacité d’investissement ;
une évolution rapide (accueil d’associés, levée de fonds, franchise) ;
un statut social protecteur pour le dirigeant (assimilé salarié et donc soumis au régime général de la sécurité sociale).
Elles offrent une grande liberté statutaire et une image professionnelle appréciée des banques et partenaires.
Étape 4 : les démarches administratives pour ouvrir un pressing
Une fois que vous avez franchi toutes ces étapes, vous n’êtes plus qu’à quelques démarches administratives de l’ouverture de votre pressing.
1. Rédaction des statuts
Si vous choisissez une société (EURL, SARL, SASU, SAS), la première étape consiste à rédiger les statuts, qui définissent le fonctionnement de l’entreprise :
répartition du capital ;
pouvoirs du dirigeant ;
modalités de décision ;
objet social (qui doit mentionner l’activité de pressing).
Cette étape peut être réalisée seul, avec un expert‑comptable ou via une plateforme juridique.
2. Dépôt du capital social
Une fois les statuts rédigés, le capital social doit être déposé sur un compte ouvert au nom de la société en formation.
La banque ou la fintech délivre alors une attestation de dépôt des fonds, document indispensable pour l’immatriculation.
Le capital peut être faible, mais un montant plus élevé renforce la crédibilité auprès des banques et auprès des tiers, à commencer par les fournisseurs ou les clients, surtout dans un secteur nécessitant un investissement matériel important.
3. Nomination du dirigeant
Le ou les dirigeants doivent être désignés officiellement dans les statuts ou dans un acte séparé en Assemblée Générale. Cette nomination précise leurs pouvoirs, leur durée de mandat et leur mode de rémunération.
4. Dépôt du dossier auprès du Guichet unique de l'INPI
Comme évoqué précédemment, le Guichet unique centralise toutes les démarches de création de votre entreprise.
Le dossier que vous devrez déposer comprend :
les statuts signés ;
une attestation de dépôt du capital ;
un justificatif de siège social ;
un justificatif de publicité de la société dans un support d'annonces légales ;
une pièce d’identité du dirigeant ;
une déclaration de non‑condamnation ;
le formulaire de création complété.
Le Guichet unique transmet ensuite les informations aux organismes concernés (INSEE, greffe, impôts, URSSAF).
5. Publication de l’annonce légale
Toute création de société doit faire l’objet d’une publication dans un support d’annonces légales. L’annonce reprend les informations essentielles : forme juridique, capital, siège, objet social, identité du dirigeant. Cette publication génère une attestation, obligatoire pour finaliser l’immatriculation.
6. Obtention des numéros d’identification
Une fois le dossier validé, vous recevrez :
un numéro SIREN pour désigner l’entreprise ;
un numéro SIRET pour désigner l’établissement d’exercice de l’activité de pressing ;
un code APE utile dans les relations avec les tiers ;
un extrait Kbis si vous avez opté pour le statut juridique de société.
Ces identifiants permettent de débloquer votre compte bancaire professionnel préalablement ouvert, de signer des contrats fournisseurs, d’assurer le local et d’acheter les machines professionnelles.
Des procédures assez longues qu’il ne faut pas tarder à entreprendre pour voir naître enfin votre projet de pressing !
Étape 5 : lancez votre projet de pressing
Comment choisir le local ?
Le choix de l’emplacement de votre futur pressing est une étape importante, tant pour l’avenir de votre projet que pour l’étude de marché qui en découle. Pour cela, vous avez diverses possibilités, s'installer :
en centre-ville pour bénéficier d’une bonne visibilité dans un lieu de passage important ;
dans un quartier étudiant pour viser une population consommatrice de ce type de prestations ;
dans un quartier d’affaires et profiter des services de conciergerie souvent proposés aux cadres et autres dirigeants, clients fidèles des pressings ;
dans un centre commercial, en louant un local, pour profiter de sa fréquentation et d’une exposition privilégiée auprès de la clientèle ;
en camping, ce qui peut être un emplacement très rentable, mais attention à la saisonnalité !
Quelles sont les formations recommandées pour ouvrir un pressing ?
La réglementation des pressings n’impose aucun diplôme pour en ouvrir un. Pour autant, il sera quand même nécessaire de vous former à certaines tâches de votre nouvelle activité et tout particulièrement si vous n’êtes pas du métier.
Voici une liste non-exhaustive des formations possibles :
le Brevet professionnel de maintenance et d’entretien des textiles ;
le Brevet de maîtrise nettoyeur apprêteur ;
le CAP métiers de l'entretien des textiles option B pressing ;
le Bac professionnel métiers de l'entretien des textiles option A blanchisserie.
Attention
Si vous n’êtes pas titulaire d’un diplôme reconnu, vous devrez obligatoirement effectuer un stage de formation notamment sur les produits utilisés et leurs éventuels dangers, mais aussi sur l’utilisation et l’entretien des machines ou les techniques de soins des textiles.
Quelles obligations pour ouvrir un pressing ?
Certaines obligations réglementaires doivent être respectées.
Les obligations administratives
Avant d’ouvrir votre pressing, vous devez vous immatriculer au registre du commerce et des sociétés (RCS) en tant que commerçant.
Une immatriculation de votre entreprise de pressing doit également être faite auprès du Guichet unique des formalités des entreprises.
Bon à savoir
Toutes les démarches de création d’entreprise s’effectuent désormais sur le site Guichet unique de l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) à l’adresse procedures.inpi.fr.
Que vous décidiez d'exercer l'activité de pressing seul ou à plusieurs, sachez que vous devez inscrire votre entreprise au Répertoire des Métiers (RM) auprès de la Chambre de Métiers et de l'Artisanat (CMA). À l’occasion de cette inscription, il faudra que vous puissiez justifier qu’une personne (vous ou un salarié) dispose des compétences requises à l’exercice du métier.
Les locaux doivent respecter les règles d’accessibilité et de sécurité applicables à tous les établissements recevant du public (ERP), notamment en matière d’accessibilité des personnes handicapées.
Bon à savoir
Le code APE pour l'activité de pressing est le 96.01B - Blanchisserie-teinturerie de détail.
Les obligations d'affichage des prix et d'information du client
Les règles d'information pré-contractuelle du consommateur imposent aux pressings l'affichage des prix toutes taxes comprises (TTC), visibles de l’extérieur et à l’intérieur, pour les principales prestations de blanchisserie et de nettoyage à sec.
Les conditions de responsabilité en cas de perte ou de détérioration des articles doivent également être portées à la connaissance du client, sous peine de tomber dans le champ des pratiques commerciales trompeuses.
La conservation des articles confiés
Les vêtements déposés constituent un dépôt : le pressing est tenu d’en assurer la garde et de les restituer en bon état, sauf preuve d’une cause étrangère.
En cas de perte ou de détérioration imputable au professionnel, votre responsabilité contractuelle peut être engagée et donner lieu à indemnisation.
La sécurité des locaux et des salariés
En tant qu'exploitant de pressing, vous devez mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé de vos salariés (si vous décidez de ne pas exercer seul votre activité) :
évaluation des risques ;
formation ;
équipements adaptés.
Les installations de votre pressing doivent respecter la réglementation incendie et les prescriptions applicables aux ERP.
Les machines, produits et risques chimiques
Les machines utilisées (lave-linges professionnels, séchoirs, cabines de nettoyage à sec) doivent être conformes aux règles de mise sur le marché et d’utilisation des équipements de travail.
L’usage de solvants et de produits de nettoyage impose de respecter la réglementation sur les agents chimiques dangereux. Pour cela, il convient de :
faire une évaluation des risques ;
créer et tenir des fiches de données de sécurité ;
permettre une bonne ventilation ;
mettre à la disposition du personnel un équipement de protection individuelle (EPI).
Les assurances et la responsabilité civile
Même si aucune assurance spécifique n’est légalement imposée pour l’activité de pressing, une assurance responsabilité civile professionnelle (RC pro) est recommandée pour couvrir les dommages causés aux clients ou prestataires.
Par ailleurs, si vous décidez d'ouvrir votre pressing en passant par la location, vous êtes responsable des dégradations causées aux lieux loués, ce qui justifie la souscription d’une assurance adaptée, comme l’assurance multirisque.
Bon à savoir
Il existe une convention collective nationale qui définit le cadre de l’activité de pressing. Cette dernière mentionne par exemple que :
le prix de chaque prestation doit être affiché et les tarifs doivent être visibles depuis l'extérieur du pressing ;
les articles doivent être conservés pendant un an à compter de la date de dépôt ;
les pressings doivent respecter les normes de sécurité des matériels mis à disposition du public ;
le stockage des résidus de produits générés par les installations ne doit présenter aucun risque de pollution ;
les machines de nettoyage à sec ne devant pas rester sans surveillance ;
il est obligatoire de mettre à la disposition de la clientèle un numéro de téléphone où peuvent être signalés les problèmes de fonctionnement.
Quel est le matériel nécessaire pour ouvrir un pressing ?
Parmi les postes de dépenses principaux lorsqu’on s’apprête à ouvrir un pressing, figure le matériel professionnel indispensable à l’activité d’une blanchisserie.
En effet, un pressing repose sur un parc de machines professionnelles permettant le nettoyage, le séchage, le détachage, le repassage et la gestion logistique des articles. La qualité et la fiabilité de l’équipement influencent directement la productivité, la consommation d’énergie et la satisfaction client.
Voici une liste des équipements essentiels à acheter :
une machine à laver d’au moins 18 kilos de capacité ;
un lave-linge professionnel ayant une grande capacité et incluant un dosage automatique ;
un sèche-linge équipé a minima du contrôle d’humidité résiduel et l’inversion de sens ;
des produits détachants et lessiviels adaptés ;
une table de repassage professionnelle, ainsi qu'un générateur de vapeur.
Au-delà du lavage, séchage et repassage du linge confié par vos clients, d’autres éléments seront nécessaires à l’ouverture de votre pressing :
un comptoir équipé d’une caisse ;
un poste de détachage ;
une emballeuse et des cintres pour permettre une restitution propre et professionnelle du linge ;
un convoyeur pour suspendre les articles déposés et distribuer automatiquement les vêtements ;
un logiciel de gestion pressing (tickets, suivi des articles, caisse, fidélité).
Tableau synthétique du matériel à acheter (fonction/utilité/prix)
|
Équipement |
Fonction |
Utilité principale |
Prix indicatif HT |
|---|---|---|---|
|
Machine de nettoyage à sec |
Nettoyage des textiles délicats (solvants alternatifs, ozone, hydrocarbures) |
Traitement premium, indispensable pour les costumes, les manteaux, la soie, la laine |
20 000 à 60 000 € |
|
Lave‑linges professionnels |
Lavage intensif haute capacité |
Linge courant, textiles volumineux, cycles rapides |
2 000 à 10 000 € |
|
Sèche‑linges professionnels |
Séchage rapide et contrôlé |
Gain de temps, protection des fibres |
2 000 à 8 000 € |
|
Table à repasser + générateur vapeur |
Repassage professionnel |
Finitions impeccables, rapidité d’exécution |
1 000 à 5 000 € |
|
Poste de détachage |
Pré‑traitement des taches |
Améliore la qualité du nettoyage, indispensable pour le haut de gamme |
1 500 à 6 000 € |
|
Emballeuse |
Mise sous film automatique |
Présentation propre, protection du vêtement |
800 à 3 000 € |
|
Convoyeur |
Stockage et distribution automatisée |
Organisation, gain de place, rapidité au comptoir |
3 000 à 15 000 € |
|
Logiciel de gestion pressing |
Suivi des articles, caisse, planning, fidélité |
Traçabilité, efficacité, réduction des erreurs |
30 à 150 €/mois |

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