
Pourquoi un particulier n'est-il pas concerné par la réforme de la facture électronique 2026 ?
Vous vous demandez si, en tant que particulier, vous allez recevoir vos factures via une plateforme agréée ? La réponse est non.
La facturation électronique obligatoire ne s'applique pas aux ventes aux particuliers (B2C). La définition de la facture électronique cible exclusivement les transactions entre entreprises assujetties à la TVA (B2B).
La réforme de la facturation repose sur une notion précise : l'assujettissement à la TVA. Un particulier n'est pas assujetti à la TVA. Il ne peut donc pas recevoir, dans ce sens légal, une facture électronique.
La réforme ne crée donc aucun changement pour les particuliers.
Le professionnel chez qui vous achetez un produit ou un service continuera d’émettre des factures PDF, papier ou dans n'importe quel format vis-à-vis de ses clients particuliers, comme avant, dès lors qu’il a l’obligation d’émettre une facture pour cette opération.
Bon à savoir
La distinction ne dépend pas de la nature du bien ou du service, ni du statut du vendeur mais du statut de l'acheteur. Une même entreprise peut émettre une facture électronique structurée à un client professionnel le matin et un simple ticket en PDF à un particulier l'après-midi.
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Que doit faire un professionnel qui vend à des particuliers en France ?
Si vous êtes entrepreneur et que vous facturez des particuliers, vous n'êtes pas dans l’obligation d’émission de factures électroniques (e-invoicing). En revanche, vous devez transmettre les données de transaction périodiquement à l'administration fiscale (e-reporting).
L'e-reporting vise à transmettre les données de transactions BtoC et des transactions internationales.
En pratique, vous continuez à remettre à votre client sa facture au format habituel, mais vous transmettez en parallèle certaines données à l'administration fiscale via votre plateforme agréée (PA), l'appellation officielle remplaçant l'ancien terme plateforme de dématérialisation partenaire (PDP).
Bonne nouvelle sur la confidentialité : dans le cas des opérations B2C, seules des données globalisées à la journée sont demandées et non opération par opération.
Exemple
Sophie est graphiste en micro-entreprise et facture à la fois des entreprises (BtoB) et des particuliers (BtoC). Qu’elle facture ou non la TVA, elle doit mettre en place :
À partir du 1er septembre 2026, la réception des factures électroniques de ses fournisseurs ;
À partir du 1er septembre 2027, l’émission de factures électroniques à ses clients professionnels via une plateforme agréée au format structuré (Factur-X, UBL ou CII) ;
La transmission des données agrégées des ventes BtoC à la l’administration fiscale via cette même plateforme agréée (e-reporting). Ses factures aux particuliers restent au format libre (PDF, papier).
Micro-entrepreneur en franchise en base : êtes-vous concerné par la dématérialisation des factures ?
En tant que micro-entrepreneur en franchise en base de TVA, vous ne facturez pas la TVA, mais vous restez tout de même assujetti.
Vous êtes donc bien soumis à l'e-reporting pour vos ventes à des particuliers (ventes B2C), au même titre que pour vos opérations internationales, à compter du 1er septembre 2027.
La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) prévoit d'ailleurs une fréquence de transmission spécifique pour les franchisés en base : une transmission bimestrielle (tous les deux mois), selon l’article 242 nonies N au Code général des impôts.
Seules les activités exonérées de TVA par nature (santé, formation, banque, etc.) échappent à l'e-reporting.
Attention
Même en franchise en base et même si toute votre clientèle est composée de particuliers, vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026. Cette obligation de réception s'applique à toutes les entreprises assujetties à la TVA, sans exception de taille ni de régime.
Quel calendrier pour la transmission de données des ventes aux particuliers à la DGFiP ?
L'obligation de e-reporting pour les ventes aux non-professionnels suit le calendrier général de la facturation électronique :
1er septembre 2026 : e-reporting obligatoire pour les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI).
1er septembre 2027 : e-reporting étendu aux PME, TPE, micro-entreprises et indépendants.
Les transactions B2C font l'objet d'une transmission périodique selon le régime de TVA de l’entreprise :
|
Votre régime de TVA |
Qui est concerné |
Données de transaction |
Données de paiement |
|---|---|---|---|
|
Réel normal mensuel |
Grandes entreprises et ETI, ou CA élevé |
Au moins 3 fois par mois |
Au moins 1 fois par mois |
|
Réel normal trimestriel |
Entreprises dont la TVA annuelle due n'excède pas 4 000 € |
Au moins 1 fois par mois |
Au moins 1 fois par mois |
|
Réel simplifié |
TPE-PME sous les seuils du régime simplifié |
Au moins 1 fois par mois |
Entre le 25 et le 30 du mois suivant |
|
Franchise en base (art. 293 B) |
Entreprises assujetties non redevables de la TVA |
Au moins 1 fois tous les 2 mois |
Au moins 1 fois tous les 2 mois |
Exemple
Sophie, notre graphiste en micro-entreprise sous le régime de la franchise en base, transmet l'e-reporting de ses ventes aux particuliers au moins une fois tous les deux mois, entre le 25 et le 30 du mois suivant.
Attention
Le régime réel simplifié d'imposition à la TVA est supprimé au 1er janvier 2027. En conséquence, la ligne "réel simplifié" du tableau ci-dessus disparaît : les entreprises qui en relevaient basculent automatiquement au régime réel normal trimestriel dès lors qu’elles réalisent moins d’1M€ de chiffre d’affaires annuel (sauf option pour le régime mensuel).
Quelles sanctions en cas de manquement au e-reporting ?
Négliger le e-reporting de vos ventes aux particuliers vous expose à une amende distincte de celles portant sur les factures B2B. L'article 1788 D du CGI prévoit une sanction en cas de non-respect de cette obligation d'e-reporting. La loi de finances pour 2026 l'a renforcée pour augmenter l'amende de 250 à 500 €. Un plafond à 15 000 € par année civile est aussi en place.
Checklist du professionnel facturant des particuliers
Vérifier votre statut : assujetti à la TVA ? En franchise en base ?
Choisir une plateforme agréée avant le 1er septembre 2026 (pour la réception).
S'assurer que votre outil de caisse ou de facturation remonte bien les données B2C.
Vérifier que votre plateforme agréée couvre le e-reporting et pas seulement l'e-invoicing B2B.
Anticiper la fréquence de transmission.

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