Quel code APE/NAF pour de l’impression 3D ?
Créer une activité d’impression 3D nécessite un code APE ou code NAF.
Pour cela, vous immatriculez votre entreprise auprès de l’INSEE (via le guichet unique), qui vous attribue un code :
Il s’agit généralement du code APE 18.12Z - Autre imprimerie (labeur).
Il existe plus de 6 600 entreprises avec ce code APE/NAF, dont la majorité sont des entreprises d’impression traditionnelle (magazines, papiers, sérigraphie, textile, etc.).
Il est possible d’opter pour le code APE 28.99A - Fabrication de machines d'imprimerie, si votre entreprise produit et fabrique des imprimantes 3D.
L’activité de l’impression 3D
Les différentes entreprises de l’impression 3D
Il existe 3 sortes d’activité sur le marché de l’impression 3D (ou fabrication additive) :
Les fabricants d’imprimantes 3D : Stratasys et 3D Systems restent des piliers, mais font face à une concurrence féroce de nouveaux acteurs comme Bambu Lab (secteur prosumer/desktop) et Desktop Metal. À noter que Prodways (France) reste un acteur majeur, mais s'est récemment recentré sur d’autres activités.
Les éditeurs de logiciels de Conception Assistée par Ordinateur (CAO) : Fusion 360 d'Autodesk est devenu le standard industriel pour les PME. Blender reste la référence open-source, tandis que SolidWorks domine toujours le secteur industriel lourd.
Les imprimeurs 3D prestataires de services : Ce marché s'est professionnalisé. Des entreprises comme Protolabs, Materialise ou le français Sculpteo (groupe BASF) dominent ce segment.
Comment s’organise le marché de l’impression 3D ?
Le marché de l'impression 3D se concentre autour de grands acteurs (notamment Stratasys, EOS, HP ou 3D Systems) qui possèdent des brevets technologiques et les fonds nécessaires pour ce type d'investissement.
Le coût des imprimantes et l'évolution de la technologie en font un marché avec de fortes barrières à l'entrée pour les petites entreprises.
Le marché s'organise principalement autour de la fabrication et du prototypage. Il est dominé par les systèmes industriels (72 % du marché en 2024). Le prototypage représentait 40,27 % des applications en 2024, tandis que les pièces de fabrication progressent à un TCAC de 24,87 %.
Les entreprises d'impression 3D travaillent principalement avec les secteurs de l'aérospatial, la défense et la santé.
Les fournisseurs de l’impression 3D
Les entreprises d’impression 3D ne peuvent pas fonctionner sans leurs fournisseurs de matériaux : métaux, polymères (plastiques), filaments ou résines.
Les entreprises fournisseuses sont souvent dépositaires de brevets et proposent leurs innovations aux entreprises d’impression 3D, mais il existe aussi des revendeurs et grossistes de consommables.
Les fournisseurs se spécialisent souvent dans une industrie, comme EOS, fournisseur spécialisé de systèmes d’imprimantes 3D et de production en série (métaux et matières plastiques). Des géants de la chimie comme BASF (Forward AM) ou Arkema sont ainsi devenus de véritables moteurs de l'innovation en fournissant des poudres et des résines ultra-spécifiques.
Mais ils peuvent aussi innover pour un usage spécifique, comme avec l’imprimante 3D J850 Techstyle de la société Stratasys. Destinée spécifiquement au marché du textile, elle permet l'impression directe sur tissus pour la haute couture.
Voici quelques fournisseurs pour les entreprises d’impression 3D :
Grossiste 3D : imprimantes, consommables, pièces détachées, peinture, etc.
AddUp : fournisseurs français d’outils et d’impression 3D métallique.
Arrk : fabricant de moule et prototypage.
Les syndicats de l’impression 3D
La filière de l’impression 3D est peu structurée en syndicats. France Additive reste cependant l’association de référence qui fédère des acteurs de la recherche, de l’industrie, de la supply chain ou encore du digital, autour de la fabrication additive. Ses objectifs sont notamment de :
structurer l’écosystème ;
échanger et diffuser les savoirs et les compétences ;
promouvoir la filière auprès des pouvoirs publics ;
fédérer un réseau.
À noter également : la signature en 2022 de la « Charte des bonnes pratiques dans le domaine de la fabrication additive et de l’impression 3D appliquées à l’art ». Avec un objectif pédagogique, elle sensibilise au respect de la propriété intellectuelle.
Il n'existe pas de convention collective propre à l'impression 3D. Le secteur relève de la Convention collective nationale de l'imprimerie de labeur et des industries graphiques (IDCC 184), qui intègre depuis 2019 le champ de la sérigraphie et de l'impression numérique, avec une application pleinement effective depuis le 1er février 2024.
Le marché de l’impression 3D
Le contexte du marché de l’impression 3D
Outre quelques fournisseurs leaders, le marché de l’impression 3D est assez fragmenté.
Les productions 3D demeurent relativement marginales dans le paysage industriel français même si la fabrication additive progresse dans plusieurs secteurs comme l’aéronautique, la santé, l’automobile ou encore la défense.
Plusieurs critères limitent le développement et la rentabilité de l’impression 3D :
les coûts marginaux et des consommables ;
une vitesse d’impression et de production souvent plus lente que les procédés industriels traditionnels ;
des limites techniques liées à la taille des objets, aux volumes de production et aux matériaux utilisés.
L’impression 3D reste donc surtout utilisée pour les petites séries, les prototypes, les pièces sur mesure ou les applications à forte valeur ajoutée, comme certaines prothèses médicales, des implants, des pièces spécifiques pour l’aérospatial ou l’outillage industriel.
Selon les estimations récentes, le marché mondial de l’impression 3D est évalué à environ 16,6 milliards de dollars en 2025 et pourrait atteindre 35,8 milliards de dollars en 2030. D’autres études, avec un périmètre plus large, estiment le marché à 30,6 milliards de dollars en 2025.
La dynamique récente repose plus largement sur la montée en puissance des usages industriels, du prototypage avancé, de la personnalisation, ainsi que sur les besoins des secteurs de la santé, de l’aéronautique, de l’automobile et de la fabrication industrielle.
Les opportunités d’entreprises d’impression 3D
Le marché de l’impression 3D offre de nombreuses opportunités. Outre la vente de technologie, l’offre des entreprises se développe sur :
Le conseil et la formation en impression 3D aux autres entreprises et aux secteurs stratégiques ;
La fabrication additive métal, notamment la fusion par faisceau d’électrons (EBM), utilisée pour des pièces de haute précision en matériaux très résistants. Ce segment était estimé à plus de 1,5 milliard de dollars en 2022 ;
Se spécialiser dans un secteur particulier de l’impression 3D.
Exemple : la startup Orthovoxel spécialisée dans l’impression 3D d’orthèses et prothèses orthopédiques.
Ouvrir une entreprise d’impression 3D en franchise et bénéficier d’un réseau de clients et fournisseurs établis.
Rejoindre une franchise implique un coût à l’entrée plus important, mais permet à l’entrepreneur de s’insérer plus rapidement sur un marché.
Exemple : pour rejoindre l’enseigne de magasins grossistes Atome3D, il faut un apport personnel de 35 000 €, un droit d’entrée de 15 000 € et un investissement global de 100 000 €.
L'Amérique du Nord domine le marché mondial de l'impression 3D en termes de chiffre d'affaires, avec environ 34 % des ventes de machines en 2022. L'Europe représente quant à elle près de 28 % du marché mondial en valeur et constitue un écosystème industriel solide, notamment porté par l'Allemagne.
Évolution du chiffre d’affaires des entreprises d’impression 3D
Le taux de croissance annuelle composé (TCAC) est estimé à 17,2 % entre 2025 et 2030 au niveau mondial selon MarketsandMarkets, ce qui fait de l’impression 3D un secteur extrêmement dynamique, avec un bon retour sur investissement (selon les verticales). D’autres cabinets avancent des prévisions autour de 23 %, ce qui confirme le fort dynamisme du secteur.
Ces dernières années, la croissance du marché est soutenue, entre 15 et 20 % selon le périmètre choisi.
Aux Etats-Unis, le marché de l’impression 3D industrielle atteignait 20 milliards de dollars en 2023 et un taux de croissance annuel composé de quasiment 16 % de 2024 à 2032, grâce à de nouveaux business models, l’évolution de la technologie et le développement de l’internet des objets.
Les marges des entreprises du secteur varient fortement selon leur spécialisation, leur coût de main d’œuvre, le temps machine, le post traitement et les coûts fixes.
L’environnement réglementaire de l’impression 3D
Aucun diplôme n’est obligatoire pour exercer une activité d’impression 3D, mais l’entrepreneur doit disposer de compétences techniques, technologiques, opérationnelles et commerciales. Il existe des formations spécialisées en fabrication additive, ainsi que des cursus en ingénierie, conception et design industriel. Créer une entreprise dans ce secteur implique de respecter la réglementation applicable aux machines, aux matériaux utilisés et à la sécurité au travail. Les imprimantes 3D et équipements associés doivent répondre aux exigences européennes de sécurité et porter le marquage CE.
L’impression 3D implique également de manipuler des équipements, résines, poudres ou filaments pouvant présenter des risques. Il convient donc de vérifier le bon fonctionnement des équipements, d’utiliser des matériels conformes, de respecter les règles de gestion des déchets et d’appliquer les obligations en matière d’équipements de protection individuelle.
Dans certains secteurs, comme les dispositifs médicaux ou les activités liées à la défense, des réglementations spécifiques s’appliquent.
Enfin, la souscription d’une assurance responsabilité civile professionnelle est fortement recommandée pour couvrir les dommages causés à des tiers.
L’offre et les concurrents
Le marché de l’impression 3D se fragmente entre les grands groupes et leurs filiales (Stratasys, HP, Dassault, etc.) et un grand nombre de PME, de sociétés spécialisées et de startups innovantes.
Chacune se positionne sur des verticales différentes.
Voici quelques entreprises d’impression 3D selon leur secteur :
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Fournisseurs de matériel |
Fournisseurs de logiciels |
Fournisseurs d’imprimante |
|---|---|---|
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BASF 3DXtech Stratasys Dupont |
Autodesk Dassault Systemes Siemens HP 3D Systems Stratasys |
SLM 3D Systems Stratasys XYZ Printing |
Le prototypage reste un usage majeur de l’impression 3D, mais l’offre s’étend de plus en plus vers l’outillage, la production de pièces finales, les applications médicales, dentaires, aéronautiques, spatiales, automobiles et énergétiques.
La demande pour l’impression 3D
Besoins et attentes des consommateurs
L’impression 3D va continuer de s’imposer comme un outil de production à part entière, au-delà d’une simple solution de prototypage et de R&D.
Les usages se développent notamment pour les pièces finales, la personnalisation, les petites séries et la fabrication à la demande.
Par exemple, le fabricant de pneus Michelin a prototypé un pneu “increvable”, Uptis, qu’il pourrait produire en série grâce à l’impression 3D et l'utilisation de différents composés.
Plus récemment, les consommateurs sont en demande d’une meilleure durabilité des produits (40 % en font un enjeu majeur), notamment avec la recherche de matériaux et consommables recyclés et moins polluants, autres que les polymères ou le métal.
L’impression 3D permet aussi une production plus efficiente et moins gourmande en matière, tout en évitant trop de stock.
Côté grand public, le marché reste encore relativement limité par le prix des équipements et par la technicité d’usage, même si les imprimantes de bureau se sont démocratisées ces dernières années.
L’impact principal de l’impression 3D se situe encore surtout dans les usages professionnels et industriels plutôt que dans la consommation quotidienne de masse.
Habitudes d'achat des consommateurs
Les habitudes évoluent avec l’évolution de la technologie et la découverte de nouveaux matériaux (impression en fibre de carbone, graphène, plastiques recyclés, etc.).
L’impact de l’impression 3D se ressent sur plusieurs secteurs industriels principalement, et peu encore sur des marchés B2C ou dans l’usage quotidien. La personnalisation des objets, la co-création et le sur mesure se développent fortement, car les consommateurs peuvent se voir proposer des biens correspondant exactement à leurs attentes.
Par exemple, l’entreprise espagnole Horizons Optical propose des lentilles de contact et des lunettes parfaitement adaptés aux clients grâce à des outils d’impression 3D.
Les principaux utilisateurs de l’impression 3D sont des ingénieurs, des designers ou des dirigeants, dans différentes industries de pointe : biens de consommation (14 %) et biens industriels (13 %).
40 % des utilisateurs intensifs utilisent l’impression 3D pour la production en série. C’est donc un véritable outil de production qui s'intègre toujours plus aux processus de fabrication industrielle.
Panier moyen
Le coût d’une imprimante 3D évolue de quelques centaines d’euros pour les modèles grand public et à usage de loisirs, à plus de 100 000 € pour les plus professionnelles.
Au coût unitaire d’une imprimante, s’ajoutent : le coût des consommables, le logiciel d’impression 3D, l'électricité, la maintenance et la formation du personnel à la fabrication additive industrielle.
Les imprimantes 3D d’entrée de gamme (à partir de 2 500 $, pour les usages professionnels selon l’étude CONTEXT) représentent le segment de ventes le plus dynamique, avec une croissance des livraisons de 9 % au dernier trimestre 2023.
L’analyse des canaux de distribution
Canal de distribution #1 : La vente d’imprimantes 3D et de consommables
La vente directe exige une logistique solide, des partenariats avec des prestataires de livraison, et un réseau d’acheteurs qualifiés. Les fabricants vendent souvent en direct aux clients industriels, mais il existe des revendeurs sur le marché des imprimantes domestiques. Pour faciliter son implantation, il est possible de rejoindre une franchise.
Exemple
Makershop, une plateforme de vente en ligne d’imprimantes 3D et d’accessoires ;
Dagoma, une boutique en ligne d’imprimantes 3D.
Canal de distribution #2 : Les prestataires d’impression et de prototypage
Imprimer en 3D pour des clients est un canal de vente intéressant, à condition d’imprimer des pièces à haute valeur ajoutée, en faisant du volume pour un meilleur retour sur investissement (car les coûts fixes/variables restent élevés).
Dagoma propose aujourd’hui un service d’impression 3D et de production de pièces plastiques, du prototypage rapide à la fabrication en série, avec un positionnement présenté comme une alternative au moule d’injection pour certains usages.
Canal de distribution #3 : Le conseil
Conseil aux entreprises, stratégie d’intégration des technologies, conférences… Devenir consultant en impression 3D est une piste intéressante pour travailler dans le secteur sans investir dans le matériel.
Les tendances du secteur de l’impression 3D
Les grandes tendances
Selon l’étude CONTEXT qui a interrogé de nombreuses entreprises de l’impression 3D (fabricants, vendeurs, etc.), la fabrication additive est en passe de devenir “un processus de fabrication plus grand public”.
Cependant, en 2021, l’impression 3D pesait seulement 0,1 % de l'ensemble des ventes manufacturières dans le monde. Ainsi, l’utilisation de l’impression 3D paraît encore réservée aux industries de pointe comme l'aérien, la défense, l’automobile, l’ingénierie ou la santé.
Malgré tout, le secteur vise un taux de croissance de 22,6 % par an d’ici 2029 et des grandes tendances se dégagent :
le développement continu des technologies de fabrication additive, notamment sur le métal, les polymères, les nouveaux matériaux et le post-traitement ;
la progression des investissements publics et industriels dans les technologies de l’industrie du futur, dont la fabrication additive ;
l’intégration croissante de l’impression 3D dans les chaînes de production, au-delà du seul prototypage ;
la montée en puissance des enjeux de qualification, de certification, de normalisation et de maîtrise des matériaux.
À l'international, certains États continuent de structurer une stratégie dédiée. L'Inde en est l'exemple le plus actif : lancée en 2022 avec l'objectif de capter 5 % du marché mondial d'ici 2025, la stratégie nationale (NSAM) a produit des résultats concrets : plus de 75 000 personnes formées, 45 start-ups accompagnées, 7 centres nationaux dédiés créés. Une version 2.0 est désormais en cours d'élaboration, avec un nouvel objectif fixé à 5 milliards de dollars de marché intérieur d'ici 2030. Ces avancées ont été présentées lors du NAMS 2026 organisé à New Delhi le 13 mars 2026.
En France, la fabrication additive s’inscrit dans les politiques de transformation industrielle et d’industrie du futur, notamment via France 2030 et les dispositifs publics de modernisation de l’appareil productif.
L’impression 3D doit continuer à évoluer pour réaliser de meilleures économies d'échelle et se déployer dans d’autres industries et vers les biens de consommation. Les opportunités devraient rester fortes dans l’aéronautique, la défense, la santé, l’énergie et les secteurs industriels à haute valeur ajoutée. Des acteurs comme 3D Systems sont présents sur des applications industrielles avancées, y compris dans l’électronique et les semi-conducteurs.
Les perspectives du secteur
Les perspectives paraissent florissantes pour la France, avec un marché estimé entre 600 et 800 millions d’euros. Mais attention aux fortes contraintes réglementaires et à la pression concurrentielle (notamment des Etats-Unis).
Actuellement, la fabrication additive reste très utilisée pour le prototypage, mais son développement se poursuit dans la production de pièces finales, les petites séries, l’outillage et les applications industrielles spécialisées.
Les opportunités devraient se renforcer dans le milieu de la défense (avec les tensions géopolitiques actuelles) et suite à la forte demande pour les semi-conducteurs.
Conclusion
Avec 25 % de parts de marché captées par 5 sociétés seulement, il est compliqué de s’imposer en tant que nouvelle entreprise d’impression 3D. Les grands groupes peuvent investir massivement, lorsque les startups ou PME doivent constamment s’adapter au marché et à ses évolutions.
Pour s’imposer, les nouveaux entrants doivent donc moins chercher à rivaliser frontalement avec les leaders qu’à se différencier par une spécialisation, un savoir-faire sectoriel, un service de proximité ou une expertise sur des applications précises.
Le marché offre toujours de nombreux débouchés : au-delà de la fabrication de machines, les opportunités se situent aussi dans les matériaux, les logiciels, le prototypage, la production de pièces, le conseil, la formation et les services associés.
Dans les prochaines années, la croissance du secteur devrait rester soutenue, portée par l’industrialisation des usages, la montée en puissance des applications à forte valeur ajoutée et l’élargissement progressif des marchés adressés.














