Micro-entreprise : tout ce qu'il faut savoir en 2026

En résumé :

Plus de 2,8 millions de micro-entrepreneurs sont aujourd'hui actifs en France et près d'un million de nouvelles micro-entreprises sont créées chaque année. Ce succès ne doit rien au hasard : la micro-entreprise offre un régime simplifié pour créer et gérer son activité en solo, avec des démarches allégées, des cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires et une comptabilité réduite au strict minimum.

Mais derrière cette apparente simplicité se cachent des règles précises à maîtriser : plafonds de chiffre d'affaires, cotisations sociales, obligations fiscales, formalités de création. Et en 2026, plusieurs changements importants sont entrés en vigueur, notamment sur les plafonds de CA et le dispositif ACRE.

Notre guide complet vous explique tout ce qu'il faut savoir sur le régime de la micro-entreprise : conditions d'accès, fonctionnement, avantages, limites et démarches pour vous lancer.

Dans cet article

Ce qui change pour la micro-entreprise en 2026

2026 apporte plusieurs évolutions importantes pour les micro-entrepreneurs. Voici ce qu'il faut savoir avant de vous lancer ou de gérer votre activité cette année.

Les cotisations sociales augmentent légèrement pour certaines activités

Les taux de cotisations sociales des professions libérales (BNC) sont revus à la hausse en 2026 passant de 24,6 % à 25,6 %. Si vous exercez une activité libérale en micro-BNC, anticipez cette augmentation dans votre gestion de trésorerie.

Les plafonds de chiffre d'affaires de la micro-enreprise sont revalorisés

Les seuils de chiffre d'affaires annuel hors taxes à ne pas dépasser pour rester en micro-entreprise évoluent en 2026 :

  • 203 100 € pour les activités de vente de marchandises ;

  • 83 600 € pour les prestations de services (BIC et BNC).

Ces nouveaux plafonds s'appliquent pour la période 2026-2028. Ils remplacent les anciens seuils de 188 700 € et 77 700 € en vigueur depuis 2023.

En cas d'activité mixte (vente et prestations de services), le chiffre d'affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €, dont au maximum 83 600 € au titre des prestations de services.

Un dépassement sur une seule année n'entraîne pas de sortie immédiate du régime. C'est le dépassement sur deux années civiles consécutives qui fait basculer l'activité vers un régime réel d'imposition.

À ne pas confondre : ces plafonds de CA sont distincts des seuils de franchise en base de TVA, qui obéissent à des règles différentes.

Les seuils de TVA restent inchangés en micro-entreprise

Une réforme prévoyait d'abaisser le seuil de franchise en base de TVA à 25 000 € pour tous les micro-entrepreneurs. Elle a été abandonnée. Les seuils actuels sont maintenus : 85 000 € pour les activités de vente de marchandises, 37 500 € pour les prestations de services.

L'ACRE n'est plus automatique et son niveau d'exonération baisse

Depuis le 1er janvier 2026, l'ACRE ne s'obtient plus automatiquement à la création : vous devez en faire la demande auprès de l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début de votre activité.

Par ailleurs, à compter du 1er juillet 2026, le niveau d'exonération sera abaissé de 50 % à 25 % des cotisations sociales. Si vous envisagez de créer votre micro-entreprise prochainement, démarrer avant cette date peut donc être avantageux.

La facturation électronique arrive progressivement

À partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises, y compris les micro-entrepreneurs, devront être en mesure de recevoir des factures électroniques. L'obligation d'émettre des factures électroniques suivra le 1er septembre 2027 pour les micro-entreprises. Anticipez dès maintenant en choisissant un outil de facturation compatible.

Qu’est-ce qu’une micro-entreprise ?

La micro-entreprise est un régime simplifié de l'entreprise individuelle. Elle ne constitue pas une société : le micro-entrepreneur exerce en son nom propre, sans capital social à déposer, sans statuts à rédiger.

Ce régime offre deux simplifications majeures par rapport aux autres formes d'entreprise :

  1. un régime social allégé (le micro-social, avec des cotisations calculées en pourcentage du chiffre d'affaires) ;

  2. un régime fiscal simplifié (le micro-fiscal, avec un abattement forfaitaire appliqué automatiquement).

⚠️ La micro-entreprise est un régime, pas un statut juridique. Concrètement, cela signifie que vous devez choisir un statut juridique pour votre entreprise. Dans la grande majorité des cas, les micro-entrepreneurs optent pour l'entreprise individuelle (EI), la forme la plus simple et la plus directe. Il est également possible de créer une EURL et d'opter pour le régime micro, mais les formalités sont alors plus lourdes (rédaction de statuts, immatriculation au RCS).

Bon à savoir

Depuis 2016, les termes "micro-entrepreneur" et "auto-entrepreneur" désignent exactement le même régime. La dénomination "auto-entrepreneur" est tombée en désuétude mais reste couramment utilisée, vous pouvez les considérer comme synonymes.

Qui peut créer une micro-entreprise ?

  • La micro-entreprise est ouverte à toute personne physique souhaitant exercer une activité indépendante, à condition d'être majeur ou mineur émancipé, de disposer d'une adresse en France, et de ne pas exercer déjà comme travailleur non salarié sous un autre régime.

    Les ressortissants hors UE doivent être titulaires d'un titre de séjour autorisant l'exercice d'une activité indépendante.

    Le régime est compatible avec de nombreuses situations : salarié, demandeur d'emploi, étudiant, retraité, fonctionnaire (sous conditions), ou dirigeant de société.

  • Oui ! Et c'est le cas de figure le plus fréquent. Le cumul entre salarié et micro-entreprise est libre, sous réserve de trois règles essentielles :

    1. Vérifier que votre contrat de travail ne comporte pas de clause d'exclusivité ou de non-concurrence incompatible avec votre activité.

    2. Ne pas exercer votre activité de micro-entrepreneur sur vos heures de travail ni avec les ressources de votre employeur.

    3. Déclarer l'ensemble de vos revenus (salaires + chiffre d'affaires) dans votre déclaration annuelle.

  • En tant qu'agent public, vous avez la possibilité d'exercer une activité complémentaire en tant que micro-entrepreneur si vous demandez l'autorisation à votre supérieur hiérarchique avant le début de votre activité, si l'activité n'interfère pas avec vos fonctions, et si elle est exercée en dehors de vos heures de travail.

    L'autorisation est valable 3 ans et doit être renouvelée un mois avant la fin de la période.

    ⚠️ Un fonctionnaire à temps complet ne peut pas créer une micro-entreprise commerciale ou artisanale. Seules certaines activités accessoires listées par décret sont autorisées, notamment l'expertise et le consulting, les activités sportives ou culturelles, les services à la personne. Pour toute autre activité, un passage à temps partiel ou une mise en disponibilité est nécessaire.

Quelles sont les activités autorisées et interdites en micro-entreprise ?

La micro-entreprise couvre un large périmètre d'activités :

  • ✅ commerciales (achat-revente, restauration, hébergement) ;

  • artisanales (coiffure, bâtiment, réparation…) ;

  • ✅ libérales non réglementées (graphiste, consultant, coach, développeur…).

Il est possible d'exercer plusieurs activités au sein d'une même micro-entreprise, une activité "hybride" combinant vente et prestation de services est tout à fait admise.

Certaines activités sont en revanche exclues du régime :

  • ❌ les professions libérales réglementées du droit et du chiffre (avocat, notaire, expert-comptable…) et les professions médicales et paramédicales (médecin, sage-femme, kinésithérapeute…) ;

  • ❌ les activités agricoles relevant de la MSA ;

  • ❌ les activités soumises à la TVA immobilière (marchand de biens, agent immobilier, lotisseur) ;

  • ❌ certaines activités artistiques relevant de la Sécurité sociale des artistes-auteurs (MDA/AGESSA).

👉 Vous avez un doute sur l'éligibilité de votre activité ? Consultez nos fiches métiers pour vérifier les conditions spécifiques à votre secteur.

Créer votre micro-entreprise en ligne

Les plafonds du régime de la micro-entreprise

Une des principales spécificités du régime du micro-entrepreneur se trouve dans l’instauration de plafonds maximums de chiffre d’affaires.

Pour pouvoir rester dans le régime de la micro-entreprise, vous devez respecter certains seuils de chiffre d’affaires. En effet, au-delà de ces plafonds, vous sortirez immédiatement du régime.

👉 Voici les plafonds du régime du micro-entrepreneur pour 2026, 2027, 2028 :

Activité de la micro-entreprise Seuil pour 2023, 2024 et 2025 Seuil à partir du 1er janvier 2026
Vente de marchandises et fourniture de logement (hôtel, chambre d'hôtes...) 188 700 € 203 100 €
Prestations de services et professions libérales (BIC & BNC) 77 700 € 83 600 €
Location de meublés de tourisme non classés 15 000 € 15 000 €

Le régime social du micro-entrepreneur

Les cotisations sociales en micro-entreprise

Les micro-entrepreneurs relèvent du régime micro-social. Concrètement, cela signifie que les cotisations sociales d'une micro-entreprise sont calculées en pourcentage du chiffre d'affaires encaissé, et non sur une base forfaitaire. Si votre chiffre d'affaires est nul, vous ne payez rien.

Ces cotisations donnent accès à une protection sociale couvrant : l'assurance maladie-maternité, les allocations familiales, l'invalidité-décès, la retraite de base et complémentaire, la CSG et la CRDS.

⚠️ Cette protection reste moins étendue que celle d'un salarié, notamment pour les indemnités journalières maladie et le congé maternité. Pensez à compléter avec une mutuelle adaptée à votre statut.

Les taux de cotisations sociales applicables en 2026 sont les suivants :

Activité Taux 2026
Achat-revente de marchandises, hébergement 12,3 %
Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) 21,2 %
Professions libérales non réglementées (BNC) 25,6 %
Professions libérales réglementées relevant de la Cipav 23,2 %

À ces cotisations s'ajoute la contribution à la formation professionnelle (CFP), selon votre activité :

  • 0,1 % pour les activités commerciales et les professions libérales non réglementées ;

  • 0,2 % pour les autres professions libérales et prestations de services ;

  • 0,3 % pour les artisans.

La déclaration de chiffre d'affaires s'effectue en ligne sur autoentrepreneur.urssaf.fr, mensuellement ou trimestriellement selon la périodicité choisie à la création.

L’ACRE

L'ACRE (aide à la création ou à la reprise d'entreprise) permet aux micro-entrepreneurs éligibles de bénéficier d'une exonération partielle de cotisations sociales pendant les 12 premiers mois d'activité.

Pour en bénéficier, vous devez remplir certaines conditions d'éligibilité. Le dispositif est notamment ouvert aux demandeurs d'emploi indemnisés, aux bénéficiaires du RSA, aux personnes ayant conclu un contrat d'appui au projet d'entreprise (CAPE), entre autres profils.

Concrètement, l'ACRE réduit de 50 % vos cotisations sociales durant votre première année d'activité. Ce coup de pouce peut représenter une économie significative au moment du lancement, quand chaque euro compte.

Bon à savoir

À compter du 1er juillet 2026, le niveau d'exonération sera abaissé à 25 % pour les nouvelles demandes. Si vous envisagez de créer votre micro-entreprise prochainement, démarrer avant cette date peut donc être avantageux.

Pour bénéficier de l'ACRE en micro-entreprise, vous devez en faire la demande auprès de l'Urssaf dans les 60 jours suivant la création de votre activité. La demande n'est pas automatique : sans démarche de votre part, vous ne pourrez pas en profiter.

Bon à savoir

L’ACRE n’est qu’une des nombreuses aides pour créer votre entreprise. Sachez qu’il en existe beaucoup d’autres : le NACRE, les aides pour les jeunes entrepreneurs, etc.

Les droits à la retraite

Les droits à la retraite de l'auto-entrepreneur sont calculés en fonction du chiffre d'affaires déclaré. Un minimum de chiffre d'affaires est requis pour valider des trimestres , un point de vigilance souvent sous-estimé au lancement.

La déclaration de chiffre d’affaires en micro-entreprise

Vous devez payer vos cotisations sociales à l’URSSAF chaque mois ou chaque trimestre : vous pouvez choisir la périodicité qui vous convient le mieux.

Pour cela, il faut effectuer la déclaration de chiffre d’affaires de votre micro-entreprise en ligne sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr. C’est à ce moment que vous serez amené à payer vos charges sociales.

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Les micro-entrepreneurs ont-ils droit au chômage ?

Bonne nouvelle : créer une micro-entreprise n'implique pas de renoncer à vos droits chômage. Deux situations sont à distinguer.

Vous lancez votre micro-entreprise en étant demandeur d'emploi

Vous avez le choix entre deux dispositifs mais vous ne pouvez pas les cumuler :

Option 1 : Conserver l'ARE (maintien mensuel de vos allocations)

Vous continuez à percevoir vos allocations chômage chaque mois, en parallèle de votre activité. Le montant versé s'ajuste en fonction de vos revenus : si votre chiffre d'affaires est nul, vous touchez l'intégralité de l'ARE. Dès que vous générez des revenus, France Travail déduit 70 % de vos revenus nets (après abattement forfaitaire) de votre allocation mensuelle. Depuis le 1er avril 2025, ce cumul est limité à 60 % de vos droits restants.

C'est l'option idéale si vous avez besoin d'un revenu régulier pendant la phase de lancement.

Option 2 : Opter pour l'ARCE (versement d'une somme d'argent en deux fois)

Plutôt que d'attendre vos allocations mois par mois, vous percevez 60 % de vos droits au chômage restants sous forme de capital, versé en deux fois :

  1. La première moitié au démarrage de l'activité.

  2. La seconde 6 mois plus tard.

Notez qu'une déduction de 3 % est appliquée au titre des retraites complémentaires.

Pour obtenir le second versement, deux conditions : attester que votre activité est toujours en cours et ne pas exercer un emploi en CDI à temps plein.

C'est l'option idéale si vous avez besoin de trésorerie immédiate pour financer le démarrage.

Bon à savoir

Avant de choisir, notez que :

  • ARE et ARCE ne sont pas cumulables : le choix est définitif dès le démarrage.

  • Les deux sont imposables à l'impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie traitements et salaires. Avec l'ARCE, si l'intégralité du capital est versée sur une même année, l'impact fiscal peut être significatif.

Vous cessez votre micro-entreprise

Le micro-entrepreneur ne cotise pas à l'assurance chômage et ne peut donc pas prétendre à l'ARE à l'issue de son activité. Il existe cependant un filet de sécurité : l'ATI (allocation des travailleurs indépendants), pouvant atteindre 800 € par mois pendant 6 mois.

Pour en bénéficier, cinq conditions doivent toutes être remplies :

  1. Avoir exercé en continu pendant au moins 2 ans au sein d'une même entreprise.

  2. Avoir généré au moins 10 000 € de revenus en moyenne sur les 2 dernières années civiles.

  3. Avoir cessé son activité de manière involontaire : liquidation judiciaire, redressement judiciaire, ou activité économiquement non viable, cette dernière devant être attestée par un expert-comptable ou un organisme consulaire, justifiant une baisse d'au moins 30 % des revenus.

  4. Ne pas avoir repris d'activité professionnelle.

  5. Disposer de ressources inférieures au montant mensuel du RSA (646,52 € pour une personne seule).

Attention

ATI et ARE ne sont pas cumulables. Si vous avez des droits ouverts sur les deux, France Travail vous orientera vers la solution la plus avantageuse. Le choix est irrévocable.

La fiscalité du micro-entrepreneur

L’abattement forfaitaire

Les micro-entrepreneurs sont soumis à l'impôt sur le revenu (IR) via le régime micro-fiscal. Ce régime applique automatiquement un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires, censé représenter vos frais professionnels. Le bénéfice imposable obtenu est ensuite intégré au barème progressif de l'IR.

⚠️ Cet abattement est forfaitaire et non réel : vous ne pouvez pas déduire vos charges professionnelles effectives, contrairement aux autres régimes d'imposition. Si vos frais réels sont élevés, ce point est à prendre en compte sérieusement avant de choisir la micro-entreprise.

Les taux d'abattement applicables sont les suivants :

Activité Abattement Catégorie
Achat-revente, vente à consommer sur place, hébergement 71 % BIC
Prestations de services commerciales et artisanales 50 % BIC
Professions libérales et autres prestations de services 34 % BNC

305 €

Un abattement minimum de 305 € s'applique dans tous les cas.

Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu

Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu (VFL) est une option fiscale, pas une obligation.

Elle permet de payer votre impôt sur le revenu en même temps que vos cotisations sociales, chaque mois ou chaque trimestre, via un taux fixe appliqué directement sur votre chiffre d'affaires.

Les taux applicables sont :

  • 1 % pour l'achat-revente et la fourniture de logement ;

  • 1,7 % pour les prestations de services relevant des BIC ;

  • 2,2 % pour les professions libérales et prestations de services relevant des BNC.

Quand le VFL est-il avantageux ? Lorsque votre taux marginal d'imposition dans le barème progressif dépasse ces pourcentages. À l'inverse, si vous n'êtes pas ou peu imposable, le VFL peut vous conduire à payer des impôts inutilement et le trop-versé ne sera pas remboursé.

Pour en bénéficier, il faut prendre en compte votre revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année (N-2) et le nombre de parts utilisées pour le calcul du quotient familial.

Pour en bénéficier en 2026, votre revenu fiscal de référence pour l’année 2024 ne doit pas excéder 29 315 € par part.

Situation Familiale Nombre de parts Revenu fiscal de référence 2024
Personne seule 1 29 315 €
Couple 2 58 630 €
Couple avec un enfant 2,5 73 287,5 €
Couple avec deux enfants 3 87 945 €

Bon à savoir

La demande pour bénéficier du versement libératoire de l’impôt sur le revenu s'effectue auprès de l'Urssaf, avant le 30 septembre pour une application au 1er janvier de l'année suivante.

La TVA en micro-entreprise

Par défaut, les micro-entrepreneurs bénéficient du régime de la franchise en base de TVA : vous ne facturez pas la TVA à vos clients et n'avez pas à la reverser. En contrepartie, vous ne récupérez pas non plus la TVA sur vos achats professionnels.

Ce régime s'applique tant que votre chiffre d'affaires reste sous les seuils suivants :

Activité exercée Seuil de base (CA de l'année précédente) Seuil majoré (CA de l'année en cours)
Activité commerciale et d'hébergement 85 000 € 93 500 €
Prestations de services et professions libérales 37 500 € 41 250 €
Avocats, artistes-auteurs et artistes-interprètes 50 000 € 55 000 €

⚠️ Le dépassement du seuil de base entraîne la perte de la franchise au 1er janvier de l'année suivante. Le dépassement du seuil majoré rend l'entreprise redevable de la TVA dès le premier jour de dépassement, sans délai.

Exemple

Vous avez fait 38 000 € de chiffre d’affaires en 2025. Si en 2026 votre chiffre d’affaires dépasse 37 500 €, vous serez assujetti à la TVA.

Attention

Ne confondez pas ces seuils avec les plafonds du régime micro : ce sont deux limites distinctes. Vous pouvez être redevable de la TVA tout en restant micro-entrepreneur.

CFE, CVAE et taxe consulaire obligatoire en micro-entreprise ?

Comme toute entreprise, le micro-entrepreneur est soumis à la cotisation foncière des entreprises (CFE) à partir de la deuxième année d'activité ; la première année est exonérée.

En revanche, les micro-entrepreneurs sont totalement exonérés de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).

S'ajoute une taxe pour frais de chambres consulaires, dont le taux varie selon l'activité :

  • 0,015 % pour les activités d'achat-revente et d'hébergement ;

  • 0,044 % pour les prestations de services commerciales ;

  • 0,48 % pour les prestations de services artisanales.

Les obligations administratives et comptables en micro-entreprise

L'un des vrais atouts de la micro-entreprise : les obligations comptables et administratives sont réduites au strict minimum. Voici ce que vous devez tenir et gérer au quotidien.

La comptabilité est simplifiée en micro-entreprise

Le régime de la micro-entreprise, c’est aussi une comptabilité allégée par rapport à une entreprise classique. C’est un vrai plus pour tous les phobiques de la paperasse 😉 !

En effet, le micro-entrepreneur n’est soumis qu’à deux obligations comptables :

  1. Tenir un livre des recettes, obligatoire pour tous les micro-entrepreneurs, il recense chronologiquement l'ensemble des sommes encaissées.

  2. Tenir un registre des achats, obligatoire uniquement si vous exercez une activité de vente de marchandises, de restauration ou d'hébergement.

10 ans !

Ces documents doivent être conservés pendant 10 ans et peuvent être tenus sur un simple tableur ou via un outil de gestion dédié.

La facturation en micro-entreprise

Les obligations de base

Comme toute entreprise, vous devez émettre des factures et des devis conformes aux mentions légales obligatoires : numéro de SIRET, date, description de la prestation, montant, et mention "TVA non applicable, article 293 B du CGI" si vous bénéficiez de la franchise en base.

⚠️ Jusqu'ici, le format était libre : papier, PDF envoyé par e-mail, fichier Word… Tout ça va changer.

La facturation électronique : ce qui change pour vous en 2026 et 2027

La facturation électronique obligatoire est une réforme majeure qui entre en vigueur progressivement. Elle concerne toutes les entreprises, y compris les micro-entrepreneurs en franchise de TVA. Ne pas facturer la TVA ne vous exempte pas : vous êtes juridiquement assujetti à la TVA, donc dans le champ de la réforme.

La facturation électronique (ou e-invoicing) est un système dans lequel les factures entre professionnels sont émises, transmises et reçues dans un format numérique structuré et standardisé. Ce format permet une lecture automatisée par les outils comptables et une transmission directe des données à l'administration fiscale.

Deux obligations distinctes coexistent dans cette réforme :

  • L'émission et la réception de factures électroniques entre entreprises (B2B), c'est l'e-invoicing.

  • La transmission à l'administration fiscale des données de vos transactions commerciales, y compris celles avec des particuliers (B2C) et à l'international, qui ne passent pas par l'e-invoicing. C'est l'e-reporting.

Le calendrier de la facturation électronique à retenir est le suivant :

Date Obligation Qui est concerné
1er septembre 2026 Recevoir des factures électroniques Toutes les entreprises, dont les micro
1er septembre 2026 Émettre des factures électroniques Grandes entreprises et ETI uniquement
1er septembre 2027 Émettre des factures électroniques PME, TPE et micro-entrepreneurs
1er septembre 2027 E-reporting (données de transaction) PME, TPE et micro-entrepreneurs

Concrètement vous devez :

  • Dès septembre 2026 : vous devez pouvoir recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs déjà soumis à l'obligation (grandes entreprises, ETI). Sans plateforme agréée, vous ne pourrez pas les recevoir.

  • Dès septembre 2027 : vous devrez émettre vos factures vers vos clients professionnels via cette même plateforme. Les factures aux particuliers (B2C) ne sont pas concernées par l'e-invoicing.

  • L'e-reporting s'appliquera aussi en 2027 : vous devrez transmettre à l'administration fiscale les données de vos transactions, y compris celles avec des particuliers.

Les sanctions en cas de non-conformité sont lourdes : 50 € par facture non émise au format électronique et 500 € par e-reporting non effectué, dans la limite de 15 000 € par an.

Bon à savoir

N'attendez pas la dernière minute : certains fournisseurs seront en format électronique obligatoire dès septembre 2026. Si vous n'avez pas de plateforme à cette date, vous ne pourrez tout simplement pas recevoir leurs factures.

L’ouverture d’un compte bancaire dédié en micro-entreprise

L'ouverture d'un compte bancaire en micro-entreprise dédié à votre activité professionnelle est obligatoire dès que votre chiffre d'affaires dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives.

Si vous exercez une activité commerciale, cette obligation s'applique sans condition de seuil.

10 000 € et 2 ans

c'est le seuil de chiffre d'affaires à partir duquel vous devez ouvrir un compte dédié à votre activité.

Même en dessous de ce seuil, séparer vos finances personnelles et professionnelles reste fortement recommandé : cela simplifie vos déclarations, facilite le suivi de trésorerie et renforce votre crédibilité auprès de vos partenaires.

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Les assurances professionnelles en micro-entreprise

L'assurance professionnelle n'est pas systématiquement obligatoire en micro-entreprise, tout dépend de votre activité. Voici comment s'y retrouver :

  • Obligatoire pour les activités du bâtiment et des travaux (assurance décennale, RC pro), les professions réglementées (agents immobiliers, experts-comptables…), et certains métiers de services à la personne.

  • Fortement recommandée pour toutes les activités en contact avec des clients ou impliquant des livrables (conseil, design, informatique, etc.).

  • Facultative pour les activités sans risque significatif pour des tiers.

Créer sa micro-entreprise : les démarches

Créer une micro-entreprise est l'une des formalités de création d'entreprise les plus rapides et les plus simples qui existe. Tout se passe en ligne, gratuitement si vous vous en occupez seul, en moins d'une heure.

Étape 1 : Préparez vos pièces justificatives

Avant de vous connecter au guichet unique, réunissez les documents suivants :

Checklist

Selon votre situation, des pièces complémentaires peuvent être demandées :

  • Un justificatif de qualification professionnelle si vous exercez une activité réglementée (diplôme, attestation d'expérience…).

  • Une attestation d'information du conjoint si vous êtes marié sous un régime de communauté.

Étape 2 : Déclarez votre activité sur le guichet unique

Créer une micro-entreprise, c’est facile, même si vous n’avez jamais créé d’entreprise auparavant !

Vous pouvez effectuer les formalités de création de votre micro-entreprise directement en ligne via le Guichet unique des formalités des entreprises de l'INPI. Il permet de déclarer votre activité en quelques clics.

➡️ Pour y accéder rendez-vous sur procedures.inpi.fr

Bon à savoir

La déclaration doit être effectuée au plus tôt un mois avant le début de votre activité et au plus tard 15 jours après.

Durant cette étape, vous choisissez également vos options sociales et fiscales :

  • La périodicité de déclaration de chiffre d'affaires (mensuelle ou trimestrielle)

  • L'option pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu (si vous êtes éligible)

L'immatriculation d'une micro-entreprise est gratuite pour la grande majorité des activités. Seule exception : l'inscription au registre spécial des agents commerciaux (RSAC), facturée 25,42 €. Certaines activités artisanales peuvent également impliquer des frais liés à un stage de préparation à l'installation (SPI).

⚠️ Les coûts de création d'une micro-entreprise ne se limitent pas aux formalités d'immatriculation.

Étape 3 : Suivez votre dossier et recevez vos identifiants

Une fois votre dossier soumis, le guichet unique le transmet automatiquement aux organismes compétents (INSEE, Urssaf, services fiscaux, RNE). Voici les délais à anticiper :

Document Délai moyen
Numéro SIRET 8 à 15 jours
Extrait K (équivalent du Kbis) Dans la foulée du SIRET
Notification d'affiliation Urssaf 4 à 6 semaines

Bon à savoir

Vous n'avez pas besoin d'attendre votre SIRET définitif pour démarrer : vous pouvez facturer vos premiers clients en indiquant la mention "SIRET en cours d'attribution" sur vos documents commerciaux.

Étape 4 : Les démarches post-création à ne pas oublier (ACRE, impôts...)

Une fois immatriculé, trois actions sont à effectuer rapidement dans un ordre précis.

1/ Demandez l'ACRE si vous y êtes éligible

L'ACRE (aide à la création ou à la reprise d'entreprise) permet de réduire vos cotisations sociales de 50 % pendant vos 12 premiers mois d'activité. Depuis le 1er janvier 2026, elle n'est plus automatique : sans demande de votre part, vous en êtes exclu.

La démarche en 3 étapes :

  1. Téléchargez votre justificatif de création d'activité directement depuis le guichet unique à la fin de votre immatriculation, c'est la pièce clé de votre dossier ACRE, ne la perdez pas.

  2. Connectez-vous à votre espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr, rubrique "Messagerie", et envoyez votre demande accompagnée du justificatif.

  3. Respectez le délai : 60 jours maximum après la date de début d'activité. Passé ce délai, la demande est irrecevable.

L'Urssaf statue dans un délai de 30 jours. En l'absence de réponse, l'ACRE est considérée comme accordée.

Attention

Si vous créez votre micro-entreprise avant le 1er juillet 2026, l'exonération est de 50 %. Pour les créations à partir du 1er juillet 2026, elle sera abaissée à 25 %. Démarrer avant cette date peut donc représenter une économie significative sur vos premières cotisations.

2/ Créez votre espace professionnel sur impots.gouv.fr

Même si vous ne facturez pas la TVA, vous êtes redevable de la cotisation foncière des entreprises (CFE) à partir de votre deuxième année d'activité. L'avis de CFE est uniquement envoyé en ligne, sans espace professionnel activé, vous ne le recevrez pas et risquez de passer à côté du paiement.

La création de cet espace est possible dès l'obtention de votre numéro SIREN. Ne tardez pas : l'activation peut prendre quelques jours.

Quand et comment sortir du régime de la micro-entreprise ?

Sortir de la micro-entreprise n'est pas un échec, c'est souvent le signe que votre activité se développe. Deux situations distinctes peuvent vous y amener : un dépassement des plafonds qui vous y oblige, ou un choix volontaire de passer d'une micro-entreprise à une société parce que le régime ne correspond plus à vos besoins.

  • Le dépassement n'entraîne pas une sortie immédiate. La règle est la suivante : si votre chiffre d'affaires dépasse les plafonds (203 100 € pour la vente, 83 600 € pour les services) deux années civiles consécutives, vous basculez automatiquement vers le régime réel d'imposition au 1er janvier de l'année suivante.

    Un dépassement sur une seule année ? Vous restez micro-entrepreneur l'année d'après. Profitez-en pour anticiper la transition.

    Concrètement, cela implique :

  • Plusieurs situations peuvent vous amener à quitter la micro-entreprise avant d'atteindre les plafonds :

    • Vos frais professionnels sont élevés et le régime réel serait plus avantageux fiscalement

    • Vous souhaitez vous associer ou accueillir un investisseur

    • Vous voulez renforcer la crédibilité de votre structure (accès au crédit, clients grands comptes)

    • Votre activité nécessite de recruter des salariés de façon significative

    Dans ces cas, les structures les plus couramment choisies sont l'EURL ou la SASU qui offrent une séparation des patrimoines personnel et professionnel, la possibilité de s'associer, et une comptabilité plus formelle valorisée par les partenaires financiers.

Comment procéder à la radiation de sa micro-entreprise ?

Que la sortie soit contrainte ou volontaire, la démarche pour radier une micro-entreprise est simple :


  1. Rendez-vous sur procedures.inpi.fr (guichet unique des formalités des entreprises)

  2. Sélectionnez la formalité "cessation d'activité"

  3. Remplissez le formulaire de radiation et joignez les pièces justificatives demandées

  4. Validez. La démarche est gratuite et entièrement dématérialisée

Attention

Pensez à déclarer votre dernier chiffre d'affaires à l'Urssaf avant de radier, même s'il est nul. Et si vous avez opté pour le versement libératoire, informez l'Urssaf de la cessation avant de clôturer votre espace en ligne.

Les avantages et inconvénients de la micro-entreprise

La micro-entreprise séduit par sa simplicité. Mais ce régime n'est pas universel : il convient parfaitement à certaines situations et peut s'avérer inadapté dans d'autres.

  • Création en quelques clics, gratuitement, sans capital à déposer ni statuts à rédiger

  • Charges calculées uniquement sur ce que vous encaissez : zéro chiffre d'affaires, zéro cotisation

  • Comptabilité réduite au minimum : un livre des recettes suffit dans la plupart des cas

  • Cumul possible avec un emploi salarié, une retraite, des études ou des allocations chômage

  • Fiscalité simple et prévisible : abattement forfaitaire automatique, option versement libératoire disponible

  • Idéal pour tester une activité sans risque majeur pour votre patrimoine

  • Charges professionnelles non déductibles : si vos frais réels sont élevés, le régime réel est souvent plus avantageux

  • Plafonds de chiffre d'affaires limitants (203 100 € / 83 600 €) qui peuvent freiner votre croissance

  • Protection sociale inférieure à celle d'un salarié : retraite, indemnités maladie et congé maternité proportionnels aux cotisations versées

  • Franchise de TVA potentiellement désavantageuse si vous travaillez avec des professionnels : vos clients ne peuvent pas récupérer une TVA que vous ne facturez pas

  • Accès au crédit bancaire plus complexe : l'absence de bilan formel freine certains financeurs

  • Impossible de s'associer ou d'accueillir un investisseur

  • Crédibilité perçue parfois insuffisante auprès de grands comptes ou de donneurs d'ordre publics

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