Suppression du découvert autorisé : quelles sont les nouvelles règles en 2026 ? 

En résumé :

  • Le découvert autorisé n'est pas supprimé en 2026 ! Les règles d'attribution évoluent, mais les banques pourront toujours en accorder.

  • À compter du 20 novembre 2026, tous les découverts, y compris ceux de moins de 200 €, seront soumis à une analyse de solvabilité, comme un crédit à la consommation.

  • Cette réforme ne vise pas les comptes professionnels mais uniquement les comptes de particuliers.

  • Les autorisations de découvert déjà en place avant cette date ne sont pas concernées par les nouvelles dispositions.

Dans cet article

Fin du découvert autorisé 2026

Quelles sont les nouvelles règles du découvert bancaire autorisé en 2026 ?

Nouvelle règle autour du découvert bancaire en 2026

Vous avez peut-être vu passer des titres alarmants “suppression du découvert autorisé” ou “découvert interdit en 2026”. Ces affirmations sont inexactes. En réalité, une directive européenne modifie les conditions d'attribution du découvert bancaire, sans le supprimer.

L'entrée en vigueur le 20 novembre 2026 de nouvelles règles suscite de l'appréhension. Le découvert bancaire entre simplement dans le périmètre du crédit à la consommation en totalité. Concrètement, cela signifie que votre banque devra désormais réaliser une étude de solvabilité avant de vous accorder une autorisation de découvert, quel que soit le montant.

C'est la principale nouveauté. Jusqu'ici, seuls les découverts d'un montant égal ou supérieur à 200 € et/ou d'une durée supérieure à un mois faisaient l'objet d'une telle analyse. Les petits découverts en dessous de ces seuils échappaient à cette obligation.

L'ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025 étend donc cette exigence à tous les découverts, y compris ceux inférieurs à 200 €. Elle met ainsi en œuvre les nouvelles règles issues de la directive européenne n°2023/2225 du 18 octobre 2023 transposée en France par une ordonnance (et une ordonnance corrective).

Bon à savoir

L'évaluation de la solvabilité sera proportionnée au montant et à la durée du découvert. Pour un petit découvert de quelques dizaines d'euros, l'analyse sera donc allégée par rapport à celle exigée pour un crédit classique.

Obligation de vérification des banques 

Avant d'accorder un découvert autorisé , la banque devra examiner plusieurs éléments de votre situation financière. L'ordonnance précise notamment :

  • vos revenus et charges ;

  • votre historique de gestion de compte ;

  • vos éventuels incidents de paiement ;

  • votre capacité de remboursement.

Pour les découverts supérieurs à 200 €, la banque sera tenue de consulter le fichier des incidents de remboursement (FICP). En dessous de ce seuil, la banque décide de l’intérêt de cette consultation.

Renforcement de l'information du client 

L'ordonnance impose également aux banques de délivrer des informations précontractuelles claires et compréhensibles à tout client demandant un découvert. Cela inclut notamment le coût total des frais (agios, intérêts débiteurs) et le taux annuel effectif global (TAEG), ce qui n'était pas systématiquement le cas pour les petits découverts.

Exemple

Victor se retrouve "dans le rouge" de 100 € sur son compte bancaire. Aujourd'hui, il se voit accorder une autorisation de découvert sans recevoir d'information détaillée sur le taux d'intérêt appliqué ni sur le coût réel de cette facilité. À partir de novembre 2026, la banque devra lui remettre une fiche précontractuelle mentionnant le TAEG, les frais éventuels et les conditions de remboursement, même pour ce petit montant.

Idées reçues sur l'interdiction du découvert automatique en 2026

Est-ce la fin de l'autorisation de découvert bancaire en 2026 ?

Non. La Fédération bancaire française (FBF) a confirmé dans un communiqué du 30 octobre 2025 que les découverts bancaires pourront continuer à être distribués par les banques après le 20 novembre 2026.

Le changement concerne le niveau de formalisme exigé. Le découvert n'a d'ailleurs jamais été un droit : il a toujours fait l'objet d'un accord entre le client et sa banque.

Chaque découvert non autorisé fera-t-il l'objet d'une nouvelle demande ? 

C'est aussi inexact. Vous n'aurez pas à demander une autorisation à chaque passage à découvert. Une fois le découvert autorisé, vous n'avez pas besoin de redemander une autorisation à chaque utilisation. Cette règle reste la même avec les nouvelles mesures.

Un taux d'endettement de 30 % est-il exigé ?

Certains médias ont avancé qu'un taux d'endettement de 30 % serait imposé pour obtenir un découvert. La FBF précise que les textes n'exigent aucun taux d'endettement maximum.

C'est l'étude de solvabilité, fondée sur la connaissance du client et le fonctionnement de son compte (soldes, évolution, risque de surendettement, etc.), qui déterminera la politique d'octroi du découvert.

Bon à savoir

Certaines banques pourraient ajuster leurs pratiques commerciales avec la réduction des plafonds de découvert ou le renforcement des conditions d'attribution. Si vous utilisez régulièrement votre découvert, il peut être judicieux de formaliser un accord préalable avant novembre 2026.

Quel impact de la nouvelle loi sur les découverts déjà autorisés ?

L'ordonnance précitée est claire : les autorisations de découvert en place avant le 20 novembre 2026 ne sont pas affectées par les nouvelles dispositions. Si vous bénéficiez déjà d'une autorisation de découvert, vous pourrez continuer à l'utiliser dans les mêmes conditions.

En revanche, si vous souhaitez augmenter le montant de votre découvert ou demander une nouvelle autorisation après cette date, les nouvelles règles s'appliqueront.

38 %

des Français déclarent avoir régulièrement recours à leur découvert bancaire. Et pour un quart d'entre eux, c'est dès le 16 du mois que les difficultés de trésorerie apparaissent, selon un sondage Cofidis/CSA Research de mai 2025.

Une banque peut-elle supprimer une autorisation de découvert ?

Une banque a tout à fait le droit de réduire ou de supprimer votre autorisation de découvert. Cette possibilité existe déjà aujourd'hui et sera maintenue après la réforme de novembre 2026. Les conditions varient toutefois selon le type de contrat et le motif invoqué.

Les règles jusqu'au 20 novembre 2026

Pour les découverts à durée indéterminée, l'article L. 312-91 du Code de la consommation prévoit que la banque peut résilier l'autorisation de découvert si le contrat le prévoit, en respectant un préavis d'au moins 2 mois à communiquer par écrit (courrier ou e-mail).

En cas de motif légitime, comme un dépassement répété du plafond autorisé, un incident de paiement grave ou une situation financière irrémédiablement compromise, la banque peut supprimer le découvert sans préavis. Elle doit alors vous communiquer les motifs de sa décision, si possible avant la résiliation.

Pour les découverts à durée déterminée, la banque peut y mettre fin avant le terme prévu en cas de défaillance de paiement de votre part uniquement.

Bon à savoir

Si votre banque supprime votre découvert autorisé sans respecter le préavis légal ni justifier d'un motif légitime, cette résiliation peut être considérée comme abusive. Dans ce cas, vous pouvez saisir le médiateur bancaire de votre établissement, puis la justice si nécessaire.

Ce qui change à partir du 20 novembre 2026

Un nouvel article L. 312-91 du Code de la consommation renforce les droits des consommateurs. La banque devra respecter un préavis d'au moins 30 jours pour les découverts à durée déterminée. L'emprunteur bénéficiera d'un droit au remboursement étalé sur 12 mensualités au taux du découvert, sans frais supplémentaires.

Autrement dit, si votre banque décide de réduire ou supprimer votre autorisation de découvert après novembre 2026, elle ne pourra plus exiger un remboursement immédiat du solde débiteur. Vous aurez la possibilité de régulariser votre situation progressivement.

Et sur un compte professionnel ?

Les règles de résiliation du découvert autorisé du compte pro relèvent du Code monétaire et financier et non du Code de la consommation. La banque peut réduire ou interrompre le concours qu'elle accorde à un professionnel, à condition de respecter un préavis de 60 jours notifié par écrit.

Ce préavis n'est pas requis en cas de comportement gravement répréhensible du bénéficiaire ou de situation irrémédiablement compromise. La réforme de 2026 n'applique aucun changement à ces règles.

Compte pro : les entrepreneurs sont-ils concernés par la réforme ?

C'est un point essentiel pour tout entrepreneur ! La réforme du découvert bancaire de 2026 concerne les comptes courants personnels, et non les comptes professionnels.

La raison est simple : la directive européenne (UE) 2023/2225 porte sur les contrats de crédit aux consommateurs. Elle s'applique aux particuliers, pas aux professionnels.

La nuance pour les entrepreneurs individuels

Toutefois, un impact peut se produire pour certains entrepreneurs :

  • Les entrepreneurs individuels et les micro-entrepreneurs qui utilisent un compte personnel dédié à leur activité (comme l'autorise la loi PACTE sous certains seuils de chiffre d'affaires).

  • Les SCI (sociétés civiles immobilières) qui fonctionnent parfois avec des comptes mixtes.

Exemple

Lucie est en micro-entreprise pour son activité de consulting. Elle se lance avec un compte bancaire personnel en début d'activité et non pas avec un compte pro de micro-entrepreneur. Lucie relève de la nouvelle réglementation en matière de découvert autorisé. 

C'est une raison supplémentaire d'envisager l'ouverture d'un véritable compte pro, qui vous protège de ces contraintes tout en offrant des services adaptés à votre activité !

Comment fonctionne un découvert sur un compte pro ?

Le découvert autorisé sur un compte professionnel obéit à des règles différentes. Il se négocie directement avec votre banque, en fonction de votre situation financière, de votre chiffre d'affaires et de votre historique de gestion.

Sur un compte pro, les conditions du découvert dépendent notamment :

  • du montant du chiffre d'affaires de votre entreprise ;

  • de la régularité de vos encaissements ;

  • de votre ancienneté dans la banque.

Comment anticiper les changements si vous êtes à découvert ?

Solutions pour un compte bancaire personnel

Si vous êtes un particulier et que vous utilisez régulièrement votre découvert, plusieurs actions concrètes peuvent vous aider à traverser cette transition sans difficulté.

Vérifier votre autorisation de découvert actuelle

Contactez votre banque pour savoir si vous disposez d'une autorisation de découvert formalisée. Si ce n'est pas le cas, c'est le moment d'en faire la demande : une autorisation obtenue avant le 20 novembre 2026 restera valable selon les anciennes conditions.

Constituer une épargne de précaution

Détenir un petit matelas financier de quelques centaines d'euros sur un livret d'épargne peut vous éviter de recourir au découvert en cas d'imprévu. Un virement automatique mensuel, même de 30 ou 50 €, constitue un bon réflexe.

Activer les alertes de solde

La plupart des banques proposent des notifications par SMS ou par e-mail lorsque votre solde descend sous un certain seuil. C'est un outil simple et efficace pour anticiper un passage à découvert.

Solutions pour les entrepreneurs et crédit alternatif au découvert bancaire

Si vous êtes entrepreneur et que vous cherchez des solutions pour éviter de dépendre du découvert, plusieurs options existent :

  • Le prêt professionnel à court terme pour financer un besoin de trésorerie ponctuel avec une mensualité prévisible.

  • L'affacturage qui permet de percevoir immédiatement le montant de vos factures clients en les cédant à un organisme financier.

  • L'escompte, une solution classique pour les entreprises qui émettent des effets de commerce.

  • La facilité de caisse, une forme de découvert limitée dans le temps (souvent 15 jours par mois), utile pour absorber un décalage ponctuel.

Les avantages du compte pro sont nombreux pour accéder à des solutions simples et mieux piloter votre trésorerie au quotidien.

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