Impôts freelance : quand s’en préoccuper et comment éviter les erreurs

En résumé :

  • L’imposition d'un freelance dépend de son statut juridique et du régime fiscal choisi (impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés).

  • En freelance, vous devez aussi payer d’autres impôts comme la CFE et la TVA.

  • Il est cependant possible de diminuer légalement son imposition grâce à divers moyens : déduction des frais professionnels, ouverture d’un PER, optimisation fiscale, etc.

  • Pour ne pas se retrouver dépassé par les sommes à payer, suivre ses rentrées d’argent et estimer son chiffre d’affaires prévisionnel est capital.

Dans cet article

Impôts en freelance

Quels sont les principaux impôts à payer en freelance ?

Les principaux impôts à anticiper sont : l’impôt sur vos bénéfices (impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés), la CFE (cotisation foncière des entreprises) et la TVA (taxe sur la valeur ajoutée).

L’impôt sur les bénéfices en freelance

L’impôt sur le revenu 

La plupart des freelances sont assujettis à l’impôt sur le revenu (IR). C’est le cas si vous êtes :

  • en micro-entreprise

  • en entreprise individuelle (EI) ; 

  • en EURL (par défaut) ;

  • en SASU (sur option, limitée à 5 ans).

Deux catégories d’imposition à l’impôt sur le revenu existent en fonction de la nature de votre activité :

  • les bénéfices non commerciaux (BNC) pour les prestations de services libérales comme les rédacteurs web, les graphistes, les développeurs, les consultants… (cela concerne la grande majorité des freelances !) ;

  • ou les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) pour les ventes de marchandises et les prestations de services artisanales ou commerciales (agent commercial en immobilier, coiffeur, fleuriste, maçon, etc.).

Ces catégories possèdent elles-mêmes cinq sous-régimes distincts :

  • le micro-BNC (BNC) ;

  • le régime de la déclaration contrôlée (BNC) ;

  • le micro-BIC (BIC) ;

  • le régime réel simplifié d’imposition (BIC) ;

  • le régime réel normal d’imposition (BIC).

Peu importe votre régime, voici combien vous allez payer en fonction de votre rémunération si vous êtes assujetti au barème progressif de l’IR en 2026 :

Part du revenu imposable

Taux d'imposition

Jusqu'à 11 600 €

0 %

De 11 601 € à 29 579 €

11 %

De 29 580 € à 84 577 €

30 %

De 84 578 € à 181 917 €

41 %

À partir de 181 917 €

45 %

Bon à savoir

Vos revenus de freelance viennent se cumuler à ceux de votre foyer fiscal. L’IR sera calculé selon votre nombre de parts et votre quotient familial.

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L’impôt sur les sociétés

Il existe cependant une autre possibilité pour les freelances : l’impôt sur les sociétés. Ce régime fiscal est accessible si vous êtes :

  • en SASU (par défaut) ;

  • en EURL (sur option).

L’IS fonctionne avec :

  • un taux réduit applicable jusqu’à 42 500 € de bénéfices ;

  • un taux normal applicable au-delà de cette somme.

Tranches

Taux d’imposition

Part des bénéfices < 42 500 €

15 %

Part des bénéfices > 42 500 €

25 %

La TVA

La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est un impôt que vous devez récolter et reverser à l’État. C’est un impôt à payer en freelance uniquement si vous dépassez certains montants de chiffre d’affaires.

Nature de l’activité

Chiffre d’affaires maximum (seuil de la franchise)

Chiffre d’affaires maximum (seuil majoré de franchise)

Achat vente de marchandises

85 000 €/an

93 500 €/an

Prestations de services

37 500 €/an

41 250 €/an

Au-delà de ces montants, vous sortez du régime de la franchise de TVA et vous devez facturer la TVA.

Dans ce cas, il y a quand même une bonne nouvelle : vous pouvez aussi déduire la TVA que vous payez sur vos achats !

Le taux de TVA applicable dépend de la nature de votre activité. Le taux habituel est de 20 %.

💡 Vous pouvez opter pour la TVA volontairement (même si vous vous trouvez en dessous de ces seuils). Selon les activités, c’est parfois plus intéressant pour récupérer la TVA notamment !

Exemple

Coralie a réalisé 30 000 € en 2025 avec son activité de webdesigner. En 2026, elle prévoit de réaliser 40 000 €. Si c’est le cas, elle franchira le seuil de franchise de TVA (37 500 €) et devra facturer la TVA au 1er janvier suivant (2027).

En revanche, si elle dépasse le seuil majoré (41 250 €), elle devra facturer la TVA dès le dépassement.

La CFE

La cotisation foncière des entreprises (CFE) est un impôt local qui dépend de l’implantation de votre entreprise.

En tant que freelance, vous payez la CFE, que vous ayez ou non un local dédié à votre activité. Autrement dit, même si vous travaillez depuis chez vous, vous devrez payer la CFE. Dans ce cas, vous paierez une cotisation minimale.

Le montant de la CFE est variable car il dépend de la commune où vous habitez et de la surface utilisée pour votre activité. En moyenne, il représente souvent quelques centaines d’euros par an.

Bon à savoir

Il existe de nombreuses exonérations de CFE. Par exemple, vous êtes exonéré de CFE lors de la première année d’activité ou si vous réalisez moins de 5 000 € de CA par an.

Freelance débutant : quels impôts quand l’on se lance ?

Vous commencez tout juste votre aventure de freelance ? Alors voici 3 points à surveiller pour éviter les mauvaises surprises fiscales.

L’impôt sur le revenu : un choix fréquent en début d’activité

La plupart des freelances qui débutent leur activité optent pour l’impôt sur le revenu et ce peu importe leur statut juridique.

C’est un choix judicieux car il vous assure de ne pas payer d’impôt si vos revenus sont faibles (ce qui est souvent le cas en début d’activité). Lorsque votre entreprise grossira, vous aurez ensuite tout le temps pour envisager d’opter pour l’impôt sur les sociétés.

Attention

En SASU, l’impôt sur le revenu est une option soumise à conditions. Elle n’est pertinente que dans certains cas (faibles revenus du foyer, déficits importants).

Éviter l’option pour le prélèvement libératoire en micro-entreprise 

Vous êtes freelance et vous avez choisi le régime de la micro-entreprise ? Alors attention à vos choix en matière de fiscalité en micro-entreprise ! Vous pouvez choisir entre :

  • l’application d’un abattement forfaitaire ;

  • ou le versement libératoire de l’impôt sur le revenu.

Lorsque vous êtes freelance depuis moins d’un an, le versement libératoire de l’impôt sur le revenu est souvent peu intéressant si vous êtes non imposable (à vérifier avec une simulation de votre côté).

En effet, cette option vous obligera à payer un pourcentage fixe d’impôt tous les mois sur votre chiffre d’affaires. Mais si vous n’êtes pas imposable (ce qui est probable comme vous commencez votre activité !), l'administration fiscale ne vous remboursera pas de l’impôt que vous avez déjà payé.

➡️ Autrement dit, vous paierez des impôts… Alors que vous ne devriez pas en payer !

Nature de l’activité

Versement libératoire

Abattement forfaitaire

Achat vente de marchandises (BIC)

1 % du CA

71 % du CA

Prestations de services (BIC)

1,7 % du CA

50 % du CA

Prestations de services (BNC)

2,2 % du CA

34 % du CA

Ne pas oublier les premières déclarations fiscales

Lorsque vous commencez à percevoir des revenus de votre activité de freelance, vous devez réaliser une déclaration de revenus auprès de l’administration fiscale comme tout le monde. Ne pas le faire engendrerait des pénalités financières !

Le formulaire à remplir est le formulaire 2042 C PRO pour les revenus des professions non salariées.

Cette déclaration se fait tous les ans au printemps (calendrier fixé chaque année). Vous devez l’effectuer en ligne sur le site impots.gouv.fr.

Exemple

Si vous débutez en 2026, vous devrez donc réaliser une déclaration d’impôt en 2027 sur vos revenus perçus en 2026.

D’autres déclarations sont également à prévoir lors de votre première année d’activité :

  • La déclaration initiale de CFE avant le 31 décembre de l’année de création.

  • Les déclarations de TVA (tous les mois, tous les trimestres ou tous les ans selon le régime d’imposition choisi).

Attention

Il n’y a pas de déclaration de TVA si vous êtes en franchise en base de TVA.

Quand vos revenus augmentent : comment optimiser sa fiscalité en freelance ?

Lorsque vos revenus augmentent en freelance, l’impôt devient un vrai sujet. Quel régime d’imposition choisir en fonction de votre statut ? Nos conseils pour optimiser au maximum votre fiscalité.

Versement libératoire ou abattement forfaitaire : que choisir en freelance en micro-entreprise ?

Si le versement libératoire n’est généralement pas pertinent pour votre première année d’activité, il le devient par la suite. C’est une option à considérer dès que votre taux marginal d’imposition (TMI) dépasse 11 %.

Si vos revenus augmentent, cette option peut vous permettre de payer moins d’impôt !

⚠️ Attention : ce n’est pas toujours vrai. Il faut aussi tenir compte :

  • de votre situation conjugale (marié ou pacsé) ;

  • du nombre de parts que vous avez (enfants) ;

  • des déductions fiscales auxquelles vous avez le droit ;

  • des revenus de votre conjoint.

Tous ces éléments entrent en compte dans le calcul de l’impôt et peuvent faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

➡️ Pour être sûr, effectuez une simulation sur le site de l’Urssaf !

Exemple

Léon est pâtissier en micro-entreprise. Il est célibataire sans enfant. Son chiffre d’affaires annuel dépasse les 50 000 €. Vraisemblablement, l’option pour le versement libératoire sera plus intéressante pour lui.

Maintenant, admettons que Léon soit marié avec 2 enfants à charge et une nounou à plein temps à déduire de ses impôts. Dans ce cas, le versement libératoire perd de son intérêt !

IR ou IS : que choisir en freelance en société ?

L’impôt sur le revenu est le mode d’imposition privilégié quand on travaille en tant que freelance. Seulement, si votre bénéfice imposable devient très important, cela peut vous conduire à payer beaucoup d’impôts.

En effet, le barème progressif de l’impôt sur le revenu augmente en fonction de vos revenus. À la différence de l’impôt sur les sociétés, le barème de l’IR est progressif (par tranches). À l’inverse, l’IS applique des taux proportionnels (15 % puis 25 % selon les tranches de bénéfice). Autrement dit, plus vous gagnez, plus vous êtes imposés.

L’IS peut aussi être intéressant car, en société soumise à l’IS, la rémunération du dirigeant est en principe déductible du bénéfice. À l’IR, la “rémunération” du dirigeant n’est pas déduite de la même façon.

➡️ Alors quand faut-il envisager de passer à l’IS ?

Si vos bénéfices deviennent importants et que votre TMI est élevé (par exemple à partir de 30 %), l’IS peut devenir pertinent.

⚠️ Attention cependant : l’IS n’est accessible qu’aux sociétés (EURL et SASU).

Exemple

Marius est consultant informatique célibataire en SASU avec 80 000 € de bénéfices imposables par an. Il hésite entre l’IS et l’IR.

  • Avec l’IS, il paiera : (15 % x 42 500) + 25 % x (80 000 - 42 500) = 15 750 € d’impôts (sans tenir compte du fait qu’il peut se verser une rémunération déductible de son bénéfice, calcul réalisable sur ce simulateur).

  • À l’IR, il paiera 17 165 € (sans tenir compte de la déduction des charges de la société, calcul réalisé avec le simulateur des impôts).

Dans son cas, l’IS est plus intéressant.

Comment anticiper le paiement de vos impôts freelance ?

Vous avez peur d’être dépassé et de vous retrouver à devoir payer trop d’impôt d’un seul coup ? Il existe des solutions concrètes pour éviter cette situation.

Suivre vos rentrées d’argent

Avec votre statut de freelance, il est important de pouvoir estimer les revenus que vous allez dégager dans l’année.

La marche à suivre est la suivante :

  1. Fixez votre TJM. 

  2. Estimez le nombre de jours travaillés pour obtenir votre chiffre d’affaires prévisionnel.

  3. Listez toutes vos charges : assurances, outils, coworking, charges sociales…

  4. Déduisez vos charges de votre chiffre d’affaires pour obtenir un résultat brut.

  5. Déterminez le revenu que vous souhaitez vous verser.

De cette façon, vous pourrez établir différentes hypothèses et simulations pour trouver la meilleure option fiscale pour vous 💵.

Ajuster votre prélèvement à la source

Votre chiffre d’affaires dépasse vos prévisions ? Dans ce cas, vous pouvez agir ! Il est possible d’ajuster vos acomptes d’impôt sur le revenu pour ne pas vous retrouver à payer beaucoup d’un seul coup.

Ainsi, vous pourrez choisir le taux qui convient le mieux à votre situation actuelle :

  • augmenter vos acomptes si votre revenu s'accroît ↗️ ;

  • diminuer vos acomptes si votre revenu baisse ↘️.

Bon à savoir

Cette démarche s’effectue en quelques clics sur votre espace personnel sur le site des impôts.

Comment réduire légalement ses impôts quand on est freelance ?

Il existe de nombreuses façons de diminuer le montant de ses impôts en freelance. Voici 5 exemples.

Choisir avec attention son statut juridique

Le choix de votre statut juridique est essentiel si vous voulez impacter significativement vos impôts. Ce dernier doit se faire en tenant compte de votre situation personnelle et de vos ambitions professionnelles.

➡️ Quelques exemples pour bien comprendre :

  • Si vous avez un petit projet en solo avec peu de charges, la micro-entreprise est souvent plus adaptée.

  • Selon la quantité de charges que vous pourriez déduire optez plutôt pour l’EI ou l’EURL.

  • Si vous ambitionnez de grandir rapidement et d’investir dans votre société, une SASU sera plus adaptée.

Statuts

Régime d’imposition

Déduction des charges

EI en micro-entreprise

IR (versement libératoire ou abattement forfaitaire)

EI au réel

IR

EURL

IR (option pour l’IS possible)

SASU

IS (option pour l’IR possible)

Déduire ses frais professionnels

Vos frais professionnels peuvent faire baisser votre résultat imposable significativement.

En EI et en société, peuvent être déductibles s’ils sont nécessaires à l’activité et justifiés :

  • vos frais de repas ;

  • votre mutuelle ;

  • vos outils et logiciels ; 

  • votre coworking ;

  • vos frais de déplacement, etc.

Connaître et lister toutes vos charges peut donc vous permettre de faire baisser vos impôts !

Attention

En micro-entreprise, il n’y a pas de déduction des charges. À la place, vous profitez d’un abattement forfaitaire.

Augmenter la rémunération du dirigeant pour les sociétés à l’IS

Le dirigeant d’une EURL ou d’une SASU peut percevoir une rémunération.

Cette rémunération est soumise à des charges sociales mais elle a un avantage : elle est déductible du résultat imposable dans les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés.

➡️ Mécaniquement, en vous versant un salaire plus élevé, vous pouvez donc baisser votre base imposable !

Bon à savoir

N’hésitez pas à aller chercher conseil auprès d’un professionnel de l’optimisation fiscale.

Vérifier si vous avez le droit à une aide à la création d’entreprise ou un crédit d’impôt

En tant que freelance, vous pouvez parfois prétendre à des aides à la création d’entreprise qui peuvent consister en une réduction ou une exonération d’impôts.

➡️ Quelques exemples :

  • L’implantation de votre entreprise dans une zone géographique spécifique : zones franches urbaines (ZFU), bassins d’emploi à redynamiser (BER), quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), etc.

  • Les aides pour les jeunes entreprises innovantes comme le crédit d’impôt recherche (CIR) ou le crédit d’impôt innovation (CII).

Bon à savoir

Selon les cas, ces aides peuvent s’appliquer à l’impôt sur les bénéfices mais aussi aux impôts locaux (CFE).

Ouvrir un plan épargne retraite (PER)

Enfin, dernière option à considérer en freelance : le plan épargne retraite (PER). Le PER permet de faire baisser votre imposition tout en épargnant pour votre future retraite.

Si vous êtes travailleur non salarié (par exemple, dirigeant d’entreprise individuelle ou gérant d’EURL), c’est intéressant car votre retraite est généralement plus faible que les entrepreneurs ayant le statut d’assimilé salarié (comme les présidents de SASU).

Les sommes que vous épargnez sur votre PER sont déductibles de vos impôts. Elles permettent donc de réduire votre imposition. Si votre tranche d’imposition est élevée, c’est une bonne solution pour payer moins d’impôts !

Bon à savoir

Vos revenus imposables sont de 60 000 € en 2026. Si vous versez 1 500 € sur votre PER, vous pouvez espérer une réduction d'impôt de 425 € environ.

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