
Charges en freelance : de quoi parle-t-on exactement ?
Les charges sont une notion comptable qui désigne les dépenses engagées par une entreprise pour exercer son activité. Pour un freelance, elles sont à opposer aux produits, qui peuvent être assimilés à ses recettes.
Bon à savoir
Cette notion inclut les impôts et les cotisations sociales, mais va au-delà. Elle intègre par exemple les logiciels, le matériel informatique, les assurances, les frais bancaires, etc.
💡 Vos charges génèrent des sorties d’argent, et impactent donc directement votre trésorerie. Vous devez les évaluer avec précision pour établir des projections financières fiables, et ainsi vous assurer de pouvoir faire face à vos engagements.
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Les charges sociales en freelance
En freelance, vos charges sociales représentent souvent votre principal poste de dépenses. Vous devez les évaluer en amont, pour anticiper leur poids sur votre trésorerie. Leur montant peut grandement varier en fonction du statut juridique choisi en freelance.
Attention
Vous devez prévoir un budget complémentaire pour votre mutuelle, si vous voulez compléter les remboursements de soins de l’Assurance maladie.
Les charges sociales d’un freelance en micro-entreprise
La majorité des freelances choisissent le régime de la micro-entreprise pour son régime social et fiscal simplifié. Dans le cas d’une micro-entreprise, vos cotisations correspondent à un pourcentage de votre chiffre d’affaires.
12,3 % du CA pour les activités d’achat revente de marchandises.
21,2 % du CA pour les prestations de services commerciales et artisanales.
23,2 % du CA pour les professions libérales relevant de la CIPAV.
25,6 % du CA pour les prestations de services relevant des bénéfices non commerciaux (BNC).
📅 Vous réglez vos charges sociales chaque mois ou chaque trimestre, via la déclaration de chiffre d’affaires à l’URSSAF. Ainsi, vous ne payez rien si vous n’enregistrez pas de recettes !
Les charges sociales d’un freelance en entreprise individuelle
Vous pouvez aussi opter pour l’entreprise individuelle (EI) classique (hors régime de la micro-entreprise). C’est un choix fréquent en freelance, car elle reste simple à gérer par rapport à une société.
Dans ce cas, vos charges représentent environ 45 % de votre revenu imposable. Leur paiement est mensuel ou trimestriel, avec une régularisation en octobre N+1.
💡 La base de calcul des cotisations diffère selon votre régime fiscal.
Le bénéfice si vous relevez de l’impôt sur le revenu (IR).
La rémunération versée si vous avez opté pour l’impôt sur les sociétés (IS).
Attention
Contrairement au régime micro, vous devez vous acquitter de cotisations minimales, même si vous n’enregistrez aucune recette. Elles s’élèvent plus ou moins à 1 200 € par an selon votre statut (artisan, commerçants, etc.).
Les charges sociales d’un freelance en EURL
Devenir freelance en EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) implique :
d’être soumis au régime des travailleurs non-salariés (TNS) ;
de dépendre de la Sécurité sociale des indépendants (SSI).
👉 Au niveau des cotisations sociales, le fonctionnement est proche de celui de l’EI classique. Le gérant de l’EURL supporte un taux moyen de charges de 45 % du bénéfice (à l’IR), ou de sa rémunération (à l’IS).
Bon à savoir
En optant pour l’impôt sur les sociétés (IS), vous pouvez choisir de ne pas vous verser de rémunération (sous la forme de salaires ou de dividendes). Vous pouvez ainsi moduler le montant de vos charges sociales, même si vous réalisez des bénéfices. Vous devrez néanmoins vous acquitter des cotisations minimales (environ 1 200 € par an).
Les charges sociales d’un freelance en SASU
Travailler en freelance en tant que dirigeant d’une SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle), c’est être assimilé-salarié.
Vous dépendez du régime général de la Sécurité sociale et vous ne payez des cotisations que si vous vous accordez une rémunération. Elles équivalent environ à 82 % des sommes versées par l’entreprise.
Bon à savoir
Vous payez vos cotisations au cours du mois qui suit le versement de vos rémunérations.
Récapitulatif : les cotisations sociales du freelance
Le tableau suivant compare les cotisations sociales des différents statuts juridiques accessibles en freelance, pour vous aider à faire votre choix. 🔎
|
Critère |
Micro-entreprise |
EI classique |
EURL |
SASU |
|---|---|---|---|---|
|
Base de calcul |
Chiffre d’affaires |
Bénéfice ou rémunération versée |
Bénéfice ou rémunération versée |
Rémunération versée |
|
Taux de charges |
Entre 12,3 % et 25,6 % |
Environ 45 % |
Environ 45 % |
Environ 82 % |
|
Cotisations minimales |
Non |
Environ 1 200 € par an |
Environ 1 200 € par an |
Non |
Les charges fixes de fonctionnement à ne pas sous-estimer
Au-delà des cotisations sociales, certaines charges sont incontournables pour votre activité.
Structure des charges d’un freelance
Dans le cadre d’une activité de freelance, vous supportez essentiellement des charges fixes, c’est-à-dire que votre volume de travail ne les impacte pas. Vos charges variables (celles qui sont liées à votre chiffre d’affaires) sont souvent limitées.
👉 La nature et le montant de vos frais fixes dépendent en grande partie de l’activité exercée. Certaines de ces dépenses sont obligatoires : vous ne pouvez pas vous en dispenser. D’autres sont facultatives : c’est sur elles que vous pouvez agir pour réduire vos charges de freelance.
Exemple
Avoir un compte bancaire professionnel est obligatoire en société (EURL, SASU). Par ailleurs, l’assurance responsabilité civile professionnelle (RC pro) est requise pour de nombreuses activités (médecins, avocats, etc.).
En revanche, les honoraires de votre expert-comptable ou les dépenses de publicité sont facultatifs. Bien sûr, elles peuvent présenter un intérêt pour votre entreprise. À vous de faire des arbitrages !
Principaux postes de charges pour un freelance
Parmi les dépenses les plus fréquentes, on trouve 📝 :
les frais de domiciliation d’entreprise ;
la location de bureaux ou d’un espace de coworking ;
l’achat d’outils et de logiciels pour votre activité ;
l’achat de matériel informatique (ordinateur, écran, imprimante, etc.) ;
les frais de communication (création d’un site web, publicité pour les réseaux sociaux, etc.) ;
les abonnements (presse spécialisée, Internet, etc.) ;
le coût des prestataires si vous déléguez certaines tâches ;
les dépenses de comptabilité (logiciel, expert-comptable, dépôt des comptes, etc.) ;
la complémentaire santé (mutuelle) et la prévoyance ;
les assurances (notamment, l’assurance responsabilité civile professionnelle).
Les charges fiscales en freelance
En freelance, vous devez aussi payer des impôts. Selon votre statut juridique et vos arbitrages fiscaux, vous pouvez relever :
de l’impôt sur le revenu (IR), dans le cadre duquel les revenus de votre entreprise sont soumis au barème progressif ;
ou de l’impôt sur les sociétés (IS), au taux de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfices, puis de 25 %.
Bon à savoir
Les sociétés soumises à l’IS supportent en réalité une double imposition. Dans un premier temps, elles paient l’IS sur leurs bénéfices, puis le gérant est taxé à l’IR sur les rémunérations perçues.
Pour évaluer le poids de vos impôts en freelance, vous devez aussi tenir compte :
de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), si vous en êtes redevable.
Bon à savoir
Le régime de franchise de TVA peut vous dispenser de la facturation de la TVA en freelance. Pour en bénéficier, vous devez respecter les plafonds de chiffre d’affaires en vigueur.
Combien mettre de côté chaque mois pour ses charges en freelance ?
Vous devez conserver en permanence une somme suffisante sur votre compte, pour faire face à vos charges. Elle dépend de vos besoins, de votre statut et des particularités de votre activité.
Pour y voir clair et connaître le montant exact de vos dépenses, listez vos charges récurrentes dans un tableau. En les totalisant, vous obtiendrez la somme à mettre de côté chaque mois pour votre activité de freelance.
Vous pouvez aussi provisionner un surplus utilisable en cas d’imprévu.
Par ailleurs, certains mois impliqueront des dépenses plus élevées que d’autres.
Exemple
Vous êtes en micro-entreprise et vous avez choisi le paiement trimestriel de vos cotisations URSSAF ? Vos charges seront plus élevées en janvier, avril, juillet et octobre.
Vous avez besoin de renouveler votre ordinateur vieillissant ? Évaluez cette dépense en amont pour pouvoir l’intégrer à votre budget de freelance.
Peut-on réduire ses charges en freelance sans changer de statut ?
Bien sûr ! Comme pour toute entreprise, un freelance a toujours intérêt à réduire ses charges ! Pour y parvenir, vous pouvez actionner plusieurs leviers.
L’optimisation des charges de fonctionnement
Vous peinez à atteindre une rentabilité suffisante pour vous verser une rémunération à la hauteur des efforts consentis ? Il est temps de réagir !
Listez vos dépenses professionnelles et faites la chasse aux charges inutiles et aux doublons : abonnements, logiciels, etc. 🔎
Utilisez la concurrence : profitez d’offres pour trouver une assurance RC pro moins chère, ou changez de banque pour ouvrir un compte pro en ligne chez Propulse !
Vérifiez que vous déduisez bien toutes vos dépenses déductibles pour réduire vos impôts.
Bon à savoir
En freelance, vous pouvez déduire certaines de vos charges pour faire baisser votre bénéfice imposable. Une charge est déductible si elle remplit 3 conditions.
✅ Elle est directement rattachée à l’activité professionnelle.
✅ Elle est utile à cette activité.
✅ Elle est justifiable (vous avez gardé une facture, un ticket de caisse, etc.).
Il existe une exception : en micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles. En effet, vous bénéficiez déjà d’un abattement forfaitaire pour calculer votre revenu imposable.
Les exonérations de cotisations ou d’impôts pour les freelances
Plusieurs dispositifs de réductions ou d’exonérations de charges ou d’impôts existent… encore faut-il les connaître !
L’aide à la création et à la reprise d’entreprise (ACRE) : Elle permet de profiter d’une exonération partielle de charges sociales pour la première année d’activité. Elle est soumise à conditions et au dépôt d’une demande.
Les exonérations de CFE : Vous pouvez être dispensé du paiement de la CFE si :
vous exercez certaines activités (artisans, enseignement, taxis, etc.) ;
vous êtes établi dans une zone prioritaire (ZAFR, FRR, QPV, etc.) ;
vous encaissez moins de 5 000 € de chiffre d’affaires par an.
Les aides à la création d’entreprise : Vous avez peut-être le droit à une exonération d’impôts en vertu de votre domaine d’activité ou de votre lieu d’implantation.
Quand les charges deviennent trop lourdes : faut-il changer de statut ?
Le choix de votre statut juridique peut fortement impacter vos charges en freelance, pour plusieurs raisons.
Les cotisations sociales : Elles représentent souvent votre principal poste de charges et leur mode de calcul diffère d’un statut à l’autre.
Les impôts : En micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire vos dépenses réelles, mais vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire. Ce statut est surtout attractif pour les freelances qui ont peu de frais de fonctionnement.
Les frais administratifs : Ils sont proches de zéro pour un auto-entrepreneur. En société, vous devez prévoir le dépôt du capital social, la rédaction des statuts, le dépôt des comptes annuels, etc.
Bon à savoir
L’agrégation de comptes incluse dans l’offre de compte pro de Propulse by CA facilite l’analyse de vos dépenses. Elle vous permet de retrouver les transactions de l’ensemble de vos comptes sans quitter votre application !
➡️ Si vous jugez que vos charges atteignent un niveau trop élevé, vous pouvez envisager un changement de statut juridique. Faites des simulations pour identifier la solution la plus intéressante !
Exemple
Vous êtes freelance dans le domaine de l’informatique et vous avez opté pour la micro-entreprise. Mais aujourd’hui, vos charges dépassent largement l’abattement forfaitaire de 34 %... Il est peut-être temps de changer de statut. 😉

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