Étude de marché du contrôle technique 

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Étude de marché du contrôle technique couverture
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Les chiffres clés du marché du contrôle technique

6 790

centres de contrôle technique agréés en 2024

2,3 milliards

chiffre d’affaires du contrôle technique automobile entre février 2023 et février 2024

26 645 429

contrôles techniques réalisés en 2024

19,44 %

taux de prescription de contre-visites en 2024

78 €

prix moyen d’un contrôle technique en France

13 633

contrôleurs agréés en 2024

Dans cet article

Code APE / NAF des centres de contrôle technique : 71.20A

Le code NAF des centres de contrôle technique est le 71.20A - Contrôle technique automobile. Ce code s'applique à toutes les entreprises qui effectuent des contrôles techniques périodiques et obligatoires pour les véhicules particuliers et utilitaires légers.

D’autres codes NAF peuvent aussi s’appliquer selon les activités complémentaires des centres :

  • 45.20A : Entretien et réparation de véhicules automobiles légers

  • 66.21Z : Expertise des dommages pour le compte des compagnies d'assurance

L’activité du contrôle technique

Les centres de contrôle technique sont chargés de vérifier le bon fonctionnement des véhicules afin de contribuer à la sécurité routière et à la protection de l’environnement. Cette activité inclut le contrôle des véhicules légers (inférieurs ou égaux à 3,5 tonnes) ainsi que des véhicules lourds (au-delà de 3,5 tonnes). On distingue deux types de centres de contrôle technique :

  • Les centres rattachés à un réseau : ces centres partagent les données des contrôles avec leur réseau affilié, ce qui leur permet de bénéficier d’un soutien logistique et technique.

  • Les centres indépendants : ces centres transmettent leurs informations à l’Union Technique de l'Automobile, du Motocycle et du Cycle (UTAC-OTC), un organisme technique central chargé de garantir la qualité et l'homogénéité des contrôles réalisés.

L’organisation de la profession 

Depuis son introduction en 1992, le contrôle technique a favorisé la création d’emplois dans les secteurs de l’entretien et de la réparation automobile.

13 633

contrôleurs agréés en France (employés et employeurs).

Au 31 décembre 2024, on comptait 6 790 centres de contrôle technique agréés dont 1 290 non rattachés à un réseau.

En 2024, le nombre de contrôleurs a progressé (ils étaient 13 246 en 2023). Cela s’explique notamment par un besoin plus important : depuis le 15 avril 2024, la loi impose un contrôle technique pour les véhicules motorisés à 2 ou 3 roues (les véhicules de catégorie L).

Les fournisseurs 

Les centres de contrôle technique collaborent avec des fournisseurs spécialisés pour les équipements nécessaires aux inspections. Par exemple, des entreprises comme Actia et Capelec fournissent des équipements de diagnostic et de contrôle des gaz, essentiels pour respecter les normes en vigueur.

Les syndicats 

Le rôle du Syndicat National du Contrôle Technique Automobile (SNCTA) est de protéger les droits et les intérêts des entreprises et professionnels du secteur, tant sur le plan matériel que moral. Le SNCTA a rejoint la Fédération Nationale de l'Automobile afin de renforcer sa capacité d’action pour soutenir les centres dans plusieurs domaines clés : mutualisation des compétences, recrutement et formation, maintien de l'indépendance des centres, création de lien professionnel et sensibilisation du public.

Le marché du contrôle technique 

Le contexte du marché 

Les centres de contrôle technique bénéficient de plusieurs leviers de croissance :

  • le durcissement des contrôles génère une hausse des contre-visites. Près de 20 % des véhicules sont désormais déclarés non conformes lors de leur première inspection.

  • le vieillissement du parc automobile dynamise le secteur. L'âge moyen des véhicules est passé de 9,7 ans en 2015 à 11,5 ans au 1er janvier 2025. Un effet lié à une meilleure durabilité des véhicules et au coût élevé des voitures neuves qui freine l'achat. Les véhicules de plus de 4 ans étant soumis à une obligation de contrôle tous les deux ans, ce phénomène renforce l’activité des centres de contrôle technique.

  • l’instauration du contrôle technique obligatoire pour les deux-roues : depuis avril 2024, le contrôle technique est désormais obligatoire pour les deux-roues, trois roues, et quadricycles motorisés. D'ici 2027, ce sont 4 millions de véhicules supplémentaires qui seront contrôlés, soit 15 % du volume actuel des contrôles de voitures et utilitaires légers.

Le volume d’activité concernant l’automobile se maintient, avec une progression du parc automobile :

  • 39,3 millions de voitures en circulation au 1er janvier 2024

  • 39,7 millions au 1er janvier 2025

En parallèle, le nombre de centres augmente : + 77 en 2024. Cette activité est maintenue par les facteurs précédemment cités, ce qui permet de compenser un marché des véhicules d’occasion en baisse depuis 2022. En effet, cette diminution affecte directement le nombre de contrôles, car les voitures d’occasion doivent être examinées dans les six mois précédant leur vente.

Dans un contexte de concurrence et de digitalisation, les marges du secteur sont sous pression. Des plateformes comme CTeasy et des comparateurs en ligne, y compris ceux de la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes), facilitent la comparaison des prix, ce qui pousse les centres à limiter leurs hausses tarifaires.

De plus, les centres doivent régulièrement investir pour s’adapter aux nouvelles normes et équipements, tout en faisant face à des difficultés de recrutement, notamment en raison de l’obligation, pour les contrôleurs, de justifier d’un bac pro en maintenance.

Face à ces enjeux, les centres de contrôle technique développent des offres de fidélisation comme des forfaits (contrôle technique + contre-visite + contrôle volontaire), choisissent des emplacements stratégiques et collaborent avec d'autres acteurs de la filière automobile pour diversifier leurs services. C’est par exemple le cas de Dekra avec son service « Code-by-Dekra » pour le passage de l’examen du Code de la route.

Évolution du nombre de centres de contrôle technique

Le nombre de centres de contrôle technique est en constante progression, avec une hausse de plus de 20 % en dix ans. Au 31 décembre 2023, la France comptait 6 790 centres agréés, dont 1 290 centres indépendants non affiliés à un réseau.

Le marché reste dominé par quatre grandes enseignes :

  1. SGS (Securitest et Auto-sécurité) avec près de 2 000 centres ;

  2. Dekra-Norisko avec plus de 1 700 centres ;

  3. AutoVision avec plus de 1 000 centres ;

  4. Autosur avec environ 900 centres.

Évolution du nombre de créations et de fermetures de centres de contrôle technique 

410

centres de contrôle techniques agréés créés en 2023

Le secteur des centres de contrôle technique a enregistré une croissance continue des ouvertures de centres entre 2019 et 2024, avec un pic de 436 nouvelles ouvertures en 2022. Cette dynamique s'explique notamment par le rattrapage post-Covid, lorsque les fermetures temporaires en 2020 ont créé un report massif des rendez-vous.

En 2023, le nombre de fermetures a augmenté, avant de retrouver en 2024 le niveau de 2022.

Évolution du chiffre d’affaires des centres de contrôle technique 

2,3 milliards d’euros

c’est le poids du marché français du contrôle technique.

Bien que le chiffre d’affaires des centres de contrôle technique reste globalement en croissance, cette hausse s’est ralentie ces dernières années en raison des pressions tarifaires. La concurrence s'intensifie avec l'arrivée des comparateurs en ligne et des réseaux low-cost. Des acteurs comme CT Easy et CT Malin bousculent le marché en proposant des tarifs réduits sur certaines périodes. Face à cette nouvelle concurrence, les grandes enseignes multiplient les promotions, ce qui impacte directement leurs marges malgré une activité soutenue.

Année 

Évolution du chiffre d'affaires du secteur en indice – Base 100 en 2021

2024

114,17

2023

109,45

2022

101,78

2021

100

2020

96,14

2019

94,96

2018

93,66

2017

84,42

2016

82,27

2015

80,86

L’environnement réglementaire 

Les centres de contrôle technique sont soumis à une réglementation qui évolue régulièrement. En plus des vérifications traditionnelles de sécurité routière et de conformité mécanique, le contrôle technique inclut désormais des mesures rigoureuses sur les émissions polluantes, répondant ainsi aux préoccupations environnementales croissantes. Pour s'adapter à ces exigences, les centres doivent acquérir de nouveaux équipements et former leur personnel, ce qui alourdit leurs charges mais améliore la fiabilité des contrôles.

Depuis janvier 2026, les centres de contrôle technique disposent d’une nouvelle prérogative. Ils peuvent imposer une mesure de stop-drive, qui consiste à immobiliser le véhicule s’il est concerné par un rappel grave, notamment dans le cadre des airbags Takata.

L’offre en contrôle technique

Les enseignes SGS (Securitest, Auto Sécurité), Dekra (Dekra, Norisko), AutoVision et Autosur se partagent l’essentiel du marché et offrent une couverture géographique étendue et un service standardisé. Au-delà de ces grands réseaux, des centres de contrôle indépendants et des généralistes de l'automobile complètent l’offre.

Les réseaux de contrôle technique agréés : 81 %

Les réseaux agréés, représentant 81 % des centres, bénéficient d’une présence nationale imposante avec des centres implantés dans au moins 90 départements. Ils se concentrent exclusivement sur le contrôle technique et n’exercent pas d’autre activité, ce qui garantit leur expertise.

Cette organisation en franchise permet une standardisation des contrôles et une notoriété renforcée auprès des automobilistes. Cependant, cette spécialisation peut réduire la flexibilité des services, un inconvénient pour certains usagers cherchant un service tout-en-un.

Voici la liste des principaux réseaux :

  • groupe Dekra (Dekra, Norisko et Autocontrol) ;

  • groupe Secta (enseigne Autosur) ;

  • groupe Vivauto (enseigne Autovision) ;

  • groupe SGS (enseignes Sécuritest et Auto Sécurité).

Les centres de contrôles techniques non rattachés à un réseau : 19 %

Les centres indépendants ne représentent que 19 % du marché et sont souvent regroupés en coopératives comme Auto Sécuritas (A-3S), Auto’Nome et Auto Bilan System. Ces coopératives offrent aux exploitants indépendants une alternative aux grands réseaux, en leur permettant de mutualiser les ressources sans perdre leur autonomie.

Ce modèle favorise une relation de proximité avec la clientèle locale, souvent appréciée pour sa transparence et sa flexibilité. Toutefois, le manque d’implantations en réseau limite leur visibilité nationale.

Les généralistes de l’automobile 

Des enseignes telles que Midas ou Norauto proposent à leurs clients un diagnostic pour anticiper le contrôle technique. Chez Midas, par exemple, 108 points de contrôle sont vérifiés pour réaliser les réparations nécessaires et éviter une contre-visite.

Ils offrent l’avantage de regrouper plusieurs services sous un même toit, permettant aux automobilistes de profiter d’un guichet unique pour l'entretien, la réparation et le contrôle technique (ces enseignes proposent d’emmener le véhicule jusqu’au centre de contrôle technique). Ce modèle de « garage multi-services » simplifie grandement le parcours client, en évitant les déplacements multiples.

L’étude de la demande

Besoins et attentes de la clientèle 

Le contrôle technique est un passage obligé pour les automobilistes, mais les centres de contrôle technique doivent répondre à leurs attentes.

Vasano a analysé 87 206 commentaires déposés sur Google entre le 1er septembre 2023 et le 29 février 2024. Selon cette étude, voici les principaux critères appréciés par les clients :

  • qualité des interventions ;

  • prise de rendez-vous facilitée (notamment avec la réservation en ligne) ;

  • joignabilité et amabilité du personnel ;

  • prix.

Habitudes d’achat de la clientèle 

La fréquentation des centres de contrôle technique se concentre autour des dates de renouvellement obligatoires. Cependant, de nombreux automobilistes retardent leur contrôle et 23 % admettent rouler avec un contrôle technique périmé.

Pour l'ensemble des véhicules, les pneus et les feux constituent les principaux motifs de contre-visite. Les défauts non critiques les plus fréquents concernent :

  • le réglage des feux : 45,71 % ;

  • les tambours et disques de freins : 24,94 % ;

  • l’opacité au niveau du dispositif antipollution : 24,24 % ;

  • l’usure des pneumatiques : 23,96 %.

Ces points de contrôle deviennent des aspects cruciaux pour les automobilistes, tant pour prévenir les contre-visites que pour assurer leur sécurité au quotidien.

Panier moyen 

78 €

c’est le prix moyen d’un contrôle technique en France.

Le panier moyen du contrôle technique en France oscille autour de 80 €, avec une faible augmentation entre 2023 et 2024. Cependant, il existe de grandes disparités selon les départements.

En Haute-Savoie, la visite atteint en moyenne 99,42 €, tandis que dans des départements comme la Moselle, l’Ariège, la Loire, le Loiret et le Cantal, le coût moyen reste plus abordable (autour de 70 €).

En moyenne, un centre de contrôle technique effectue entre 15 et 20 contrôles par jour.

L’analyse des canaux de distribution

La réservation en direct 

La réservation en direct est le canal de distribution traditionnel pour les centres de contrôle technique. Elle repose sur la prise de rendez-vous par téléphone ou directement sur place, favorisant ainsi une relation de proximité avec la clientèle.

Ce canal offre l'avantage d’une flexibilité tarifaire : en fonction de leur politique commerciale, les centres peuvent appliquer des remises fidélité ou des offres de dernière minute pour maximiser leur taux de réservation. La proximité et la communication directe permettent également de rassurer les clients qui bénéficient de conseils personnalisés.

Les grandes enseignes disposent généralement de leur propre plateforme de réservation en ligne, pour que le client prenne simplement son rendez-vous. Dans tous les cas, une gestion efficace des créneaux horaires et une bonne répartition du personnel s’impose pour éviter les périodes de sous-activité ou de surcharge.

La réservation via les comparateurs et plateformes en ligne 

Les comparateurs et plateformes en ligne comme CT Easy et CT Malin occupent une place croissante dans la distribution des services de contrôle technique. Ces outils permettent aux utilisateurs de comparer les prix et disponibilités des différents centres, rendant ainsi les services plus accessibles et transparents.

Pour les centres de contrôle, ce canal offre une visibilité accrue et permet de capter une clientèle plus large, en attirant par exemple des clients soucieux de leur budget. Cependant, cette présence en ligne implique des coûts, tels que des commissions et frais d’abonnement, qui peuvent peser sur les marges. Pour se distinguer, les centres doivent donc soigner leur réputation en ligne, notamment en obtenant de bons avis clients et en maintenant des tarifs attractifs.

Les tendances du secteur

Les grandes tendances 

Les centres de contrôle technique en France sont confrontés à des évolutions majeures en 2026, tant au niveau des exigences environnementales que de la diversification des véhicules contrôlés

  • Renforcement des normes environnementales : le contrôle technique est de plus en plus strict en matière d’évaluation de la pollution sonore des véhicules et des émissions d'échappement, contribuant ainsi à diminuer leur impact écologique.

  • Équipements obligatoires : les véhicules de catégorie L (motos, quads, voiturettes) doivent être équipés de dispositifs de sécurité comme des feux de stop fonctionnels, un triangle de signalisation, et un kit de premiers secours, renforçant la sécurité routière.

  • Nouvelles procédures lors de campagnes de rappel : depuis le 1er janvier 2026, les centres de contrôle technique peuvent immobiliser un véhicule en cas de danger grave, notamment en lien avec les airbags Takata. 

Les véhicules électriques représentent une autre tendance émergente. Bien que leur contrôle technique ne constitue que 0,76 % des inspections en 2024, il exige une certification spécifique (habilitation B2XL) et des tests dédiés. Face à l’essor de cette activité, les centres devront renforcer les compétences de leurs contrôleurs pour garantir des inspections sûres et adaptées.

Enfin, la mise en place du contrôle technique pour les deux-roues, les quads et les voiturettes modifie également le secteur. 1,2 million de deux-roues et de voitures sans permis ont été contrôlés en 2025.

Les perspectives du secteur

La reprise du marché de l'occasion en 2025 (+0,8 % par rapport à 2024) et l'introduction du contrôle technique obligatoire pour les deux-roues depuis 2024 dynamisent l’activité des centres de contrôle. En effet, les techniciens se sont formés aux 80 points de contrôle spécifiques à ces véhicules, touchant des aspects essentiels comme la direction, le châssis, les freins, et les pneus. Ce nouvel axe de marché augmente le volume de clients et génère de nouvelles opportunités de revenus.

Les défis s’intensifient également, notamment avec l’arrivée en 2025 de nouvelles normes sur les émissions polluantes et la sécurité des véhicules. Ces changements réglementaires nécessitent des ajustements et des investissements conséquents pour les centres de contrôle. Ils risquent par ailleurs d'entraîner une hausse des coûts pour les automobilistes, rendant alors la recherche des meilleurs tarifs encore plus cruciale dans un contexte de tension sur le pouvoir d'achat.

Conclusion  

Le contrôle technique reste un passage incontournable pour les automobilistes français, garantissant la sécurité sur les routes. En 2024, ce secteur comptait 6 790 centres agréés et réalisait un chiffre d’affaires de 2,3 milliards d’euros, avec un prix moyen de 78 € par contrôle.

Cette activité promet de rester solide, portée par un parc automobile vieillissant, dont l’âge moyen atteint 11,5 ans, et par de nouvelles réglementations comme l’obligation de contrôle pour les deux-roues depuis 2024.

Face à la montée en puissance des comparateurs en ligne et des offres low-cost, les centres de contrôle technique doivent innover pour tirer leur épingle du jeu. Certains proposent des forfaits incluant contre-visite et contrôle volontaire, tandis que d’autres, comme Dekra, diversifient leurs prestations en proposant le passage du code de la route.

La digitalisation devient cruciale : des plateformes de réservation en ligne et des systèmes automatisés permettent de réduire les temps d’attente et d’améliorer l’expérience client. Les enjeux environnementaux et l’arrivée des véhicules électriques ouvrent également de nouvelles perspectives pour les centres.

Les acteurs qui sauront anticiper ces tendances et investir dans des technologies de pointe renforceront ainsi leur position sur ce marché.