Comment ouvrir un gîte : étapes, budget, statut et réglementation

En résumé :

  • Il n’est pas obligatoire de suivre une formation pour ouvrir un gîte.

  • Les données financières du business plan sont là pour évaluer la rentabilité de votre gîte.

  • Le statut juridique dépend de l’ampleur du projet : micro‑entreprise (petit gîte), EI au réel (projets courants), EURL/SARL ou SASU/SAS (multi‑gîtes, premium), SCI pour détenir le bien.

  • Il existe de nombreuses aides financières pour ouvrir un gîte (subventions du Conseil départemental, fonds départementaux d’aide au développement touristique, etc.).

  • Les démarches obligatoires : déclaration en mairie, numéro d’enregistrement (selon commune), SIRET si activité habituelle, CFE, taxe de séjour, choix du régime fiscal.

  • En 2026, les abattements micro‑BIC baissent (50 % pour les meublés touristiques non classés, 71 % pour les meublés touristiques classés) et les règles se durcissent en zones tendues.

  • Le classement en meublé de tourisme est facultatif mais fiscalement avantageux : les labels (Gîtes de France, Clévacances) améliorent la visibilité mais n’ont pas d’impact fiscal. Comptez en moyenne 100 € par an pour les coûts d'adhésion.

Dans cet article

Ouvrir un gite

Étape 1 : comment bien préparer son projet d’ouverture de gîte ?

Réaliser son business plan

Le business plan est l’outil qui permet de valider la faisabilité de votre projet de gîte et de convaincre vos partenaires financiers. Il doit démontrer que votre hébergement peut atteindre un taux d’occupation suffisant, générer un chiffre d’affaires (CA) stable et couvrir vos charges (entretien, ménage, énergie, plateforme de réservation, etc.).

Vous devez inclure les éléments suivants :

  1. présentation du projet : expliquez clairement votre concept, vos valeurs, votre parcours et celui de vos associés ;

  2. étude de marché : appuyez-vous sur des données concrètes (taux d'occupation, prix moyen par nuitée, profil des voyageurs, etc.) ;

  3. modèle économique : détaillez la manière dont vous allez générer des revenus (services proposés, tarification des nuitées, etc.) ;

  4. structure juridique : expliquez votre choix ;

  5. prévisions financières : intégrez des tableaux financiers (plan de financement, plan de trésorerie, compte de résultat prévisionnel, bilan prévisionnel).

Faire une étude de marché

L’étude de marché est une étape fondamentale qui montre qu'il existe une réelle demande dans ce secteur. Cette étape consiste en une analyse du marché global et local, des clients et du secteur :

  • étude de l’attractivité de la zone et de la région d’implantation ainsi que du type d'hébergement recherché ;

  • détermination du concept et des valeurs (durabilité, éco-tourisme, circuits courts, bien-être, haut de gamme, etc.) ;

  • identification de la clientèle cible (âge moyen, profession, hobbies) et de ses besoins ;

  • évaluation de la concurrence directe (chambre d’hôtes, locations Airbnb, gîtes à succès) et indirecte (campings, hôtels) pour déterminer votre avantage concurrentiel.

N’hésitez pas à bâtir une communauté active sur les réseaux sociaux pour dialoguer avec vos clients et les potentiels, afin de mieux connaître leurs désirs et attentes.

Les données présentées dans ce tableau sont indicatives.

Données

Chiffres clés

Chiffre d’affaires du
secteur des gîtes en France (en 2025)

3 000 000 000 €

Nombre de meublés de tourisme classés

179 400

Fréquentation des gîtes (en 2025)

28 millions de nuitées (hausse de 4 %)

Durée moyenne d’un séjour

4 à 5 nuits

Prix moyen à la nuitée
(petit-déjeuner inclus)

100 à 130 €

Taux d’occupation d’un gîte

47 % en moyenne annuelle

90 % en août

Marge nette moyenne d’un gîte

20 à 30 % selon la localisation, la capacité et le taux d'occupation

Est-il rentable d’ouvrir un gîte ? 

Les données présentées ci-après sont indicatives.

La rentabilité d’un gîte dépend avant tout du taux d’occupation et du prix à la nuitée.

Rentabilité = Taux d’occupation × Prix moyen par nuit × Saison / Charges totales

Le taux d’occupation

Le taux d’occupation moyen d’un gîte en France est d’environ 47 %. Mais ce chiffre cache une forte saisonnalité :

  • haute saison (juillet–août) : jusqu’à 90 % d’occupation ;

  • moyenne saison (mai–juin / septembre) : 50 à 60 % ;

  • basse saison (novembre–mars) : 15 à 30 %.

👉 Un gîte rentable est un gîte bien rempli hors saison, grâce à :

  • des tarifs adaptés ;

  • des offres week-end ;

  • des partenariats locaux ;

  • une clientèle professionnelle ou événementielle.

Le prix moyen par nuit

Le prix moyen d’un gîte (logement entier) se situe entre 100 et 130 € par nuit selon la localisation et le standing. Le prix peut varier fortement :

  • gîte standard rural : 80 à 110 € ;

  • gîte premium, rénové ou touristique : 130 à 180 € ;

  • gîte avec spa et/ou piscine : 180 à 250 €.

👉 Le prix moyen est un levier direct : +10 € sur la nuitée, ce qui équivaut à +1 500 à +3 000 €/an selon l’occupation.

La saisonnalité

La saisonnalité structure le chiffre d’affaires :

  • 60 % du CA se fait entre mai et septembre ;

  • les vacances scolaires représentent des pics de demande ;

  • les zones rurales hors tourisme doivent compenser par des séjours courts, événementiels, professionnels.

👉 Le business plan doit intégrer un prévisionnel par mois, pas une moyenne annuelle, ce secteur d'activité étant fortement impacté par la saisonnalité.

Les charges fixes et variables

La rentabilité dépend autant des revenus que de la structure des charges. Un gîte peut afficher un bon taux d’occupation mais rester peu rentable si les charges sont mal maîtrisées.

Les charges fixes (incompressibles)

Elles pèsent même quand le gîte est vide.

  • Assurance habitation + responsabilité civile.

  • Internet, télévision.

  • Taxe foncière.

  • Amortissement du mobilier et des travaux.

  • Entretien courant (jardin, piscine, chaudière, etc.).

  • Abonnements (logiciels, outils de réservation, etc.).

👉 Elles représentent en moyenne 8 000 à 12 000 €/an.

Les charges variables (liées aux réservations)

Elles augmentent avec le nombre de nuitées.

  • Blanchisserie (draps, serviettes).

  • Ménage (prestataire ou temps passé).

  • Consommations (eau, chauffage, électricité).

  • Commissions des plateformes (Airbnb, Booking, etc.).

  • Taxe de séjour (collectée mais à gérer).

  • Petits consommables (café, savon, papier, etc.).

👉 Elles représentent 25 à 35 % du chiffre d’affaires.

Pour un gîte situé dans une zone touristique, vous pouvez gagner entre 8 000 et 12 000 € par gîte et par saison.

Étape 2 : comment fixer les tarifs de son gîte ?

Commencez par observer les tarifs des hébergements comparables :

  • gîtes similaires (capacité, équipements, standing) ;

  • meublés de tourisme sur Airbnb, Booking, Abritel ;

  • gîtes labellisés (Gîtes de France, Clévacances).

👉 L'objectif étant de pouvoir déterminer une fourchette réaliste pour votre zone.

Comme évoqué précédemment, la saisonnalité structure 60 % du chiffre d’affaires annuel, ainsi cette donnée doit être prise en compte dans le calcul du prix de location de votre gîte.

Estimez votre coût de revient et le nombre de jours de location dans l’année. En effet, pour déterminer vos tarifs, vous devez prendre en compte les charges et frais annexes imputables à votre activité :

  • le remboursement de l’emprunt ou le loyer du logement ;

  • la taxe foncière ;

  • les frais de fonctionnement, d'entretiens d'équipement et de communication ;

  • l’assurance habitation.

Exemple

Tarif moyen pour un gîte 4 à 6 personnes en zone touristique modérée avec spa, sauna, équipement bien-être :

  • basse saison : 840 € la semaine (120 € la nuitée) ;

  • moyenne saison : 1 120 € la semaine (160 € la nuitée) ;

  • haute saison : 1 540 € la semaine (220 € la nuitée).

Étape 3 : comment trouver des sources de financement ?

Quel budget prévoir pour ouvrir un gîte ?

Votre budget sera différent si vous devez acheter le terrain et l'hébergement ou si vous aménagez simplement votre domicile.

Par ailleurs, le budget dépend principalement de l’état du bien, de la capacité, du niveau de confort visé et des équipements (spa, piscine, rénovation énergétique, etc.).

Prévoyez un budget global compris entre 50 000 et 300 000 €, selon que vous rénovez un logement existant ou que vous aménagez un bâtiment brut.

Quelles aides peut-on obtenir pour la création d'un gîte (subventions, labels) ?

Pour financer votre projet, plusieurs solutions s’offrent à vous :

  • utiliser votre apport personnel (environ 10 à 30 % du budget nécessaire pour ouvrir le gîte) ;

  • faire un emprunt auprès d’une banque ;

  • faire appel à une plateforme de financement participatif (crowdfunding) pour lever des fonds auprès des particuliers ;

  • bénéficier de l’ARCE (Aide à la reprise et à la création d'entreprise) et/ou l'ACRE (aide à la création d’entreprise ou à la reprise d'une entreprise) pour recevoir vos allocations chômage sous forme de capital et être partiellement exonéré de vos charges sociales la première année de création d'entreprise ;

  • solliciter la municipalité ou les aides locales comme les fonds départementaux d’aide au développement touristique.

Bon à savoir

Le Conseil départemental, l'État ou même l’Union européenne proposent de nombreuses subventions, notamment si votre projet aide à dynamiser le territoire ou à favoriser l’insertion sociale.

Classement officiel (facultatif) vs labels commerciaux (Gîtes de France, Clévacances)

Le classement en meublé de tourisme (1 à 5 étoiles) est une procédure officielle, encadrée par l’État. Il permet :

  • un abattement fiscal de 71 % en micro‑BIC ;

  • une meilleure visibilité sur les plateformes ;

  • une reconnaissance de qualité standardisée.

👉 Le classement est facultatif, mais avantageux fiscalement.

Les labels commerciaux, quant à eux, ne sont pas des classements officiels, mais des labels privés. Ils offrent :

  • un accompagnement marketing ;

  • une visibilité sur leurs plateformes ;

  • un cahier des charges qualité.

👉 Ils n’ouvrent pas de droits fiscaux spécifiques, mais peuvent améliorer le taux d’occupation.

Étape 4 : choisir son statut juridique

Comparatif des différents statuts juridiques existants

Si votre gîte est votre activité professionnelle principale, vous devez créer une structure juridique : entreprise individuelle (EI ou micro-entreprise) ou société (SARL, EURL, SAS, SASU, SCI).

Vous pouvez exercer en nom propre ou en société, selon l’ampleur du projet, le niveau d’investissement et vos objectifs fiscaux.

Statut juridique

Avantages

Inconvénients

Micro-entreprise/EI

  • Facilité de création et de gestion

  • Peu d’obligations comptables

  • Imposé sur l’IR (impôt sur le revenu) avec option à l’IS (impôt sur les sociétés) en entreprise individuelle

  • Charges sociales proportionnelles au CA

  • Patrimoine personnel protégé

  • Plafond de CA limité à : 

    • 83 600 € en 2024 ou 2025 pour les meublés touristiques classés (si dépassement, basculement dans le régime réel simplifié d'imposition des bénéfices)

    • 15 000 € en 2024 ou 2025 pour les meublés touristiques non classés (si dépassement, basculement dans le régime réel simplifié d'imposition des bénéfices)

  • Impossible de déduire ses charges réelles

  • Impossible d’embaucher ou de s’associer

SARL

  • Avantages fiscaux (déduction des charges réelles, possibilité d'opter pour l'IS)

  • Possibilité de se lancer seul (EURL)

  • Responsabilité limitée aux apports

  • Structure stable et rassurante pour les banques

  • Obligations comptables plus conséquentes

  • Rédaction des statuts

  • Protection sociale du gérant plus faible (application du régime des travailleurs non salariés - TNS -, cotisations moins élevées mais protection moindre)

SAS/SASU

  • Grande flexibilité statutaire

  • Meilleure protection sociale pour le dirigeant/gérant (statut d'assimilé salarié, régime général de la sécurité sociale)

  • Possibilité de se lancer seul (SASU)

  • Idéal pour accueillir des investisseurs

  • Nécessite des investissements importants

  • Plus complexe à créer

  • Cotisations sociales plus élevées

  • Coût de fonctionnement plus important

SCI

  • Gestion du bien facilitée

  • Fiscalité avantageuse

  • Transmission du patrimoine facilitée

  • Séparation patrimoine immobilier/exploitation

  • Achat à plusieurs possible

  • Frais de gestion

  • Processus de création complexe

  • Obligations fiscales, comptables et administratives

  • Impossibilité d'exploiter directement le gîte (activité commerciale interdite)

Bon à savoir

Vous disposez du statut de loueur de meublés non professionnels (LMNP) et vous n’avez pas besoin de créer un statut juridique, si l’exploitation du gîte n’est qu’une activité secondaire et :

  • que vos revenus locatifs annuels ne dépassent pas 23 000 € ;

  • ou que vos recettes sont inférieures au montant total des autres revenus d'activité de votre foyer fiscal.

Attention

Le statut de LMNP prend fin le 31 décembre 2026, mais jusque-là, vous pouvez être exonéré de l'IR sur le produit de vos locations, s'il n'excède pas 760 € par an.

Ce qui change en 2026 pour les meublés touristiques

L’année 2026 marque une évolution importante du régime fiscal des meublés de tourisme, avec un objectif clair : réduire les avantages fiscaux des locations touristiques et rapprocher leur traitement de celui des locations classiques.

  • Baisse des abattements en micro‑BIC : 50 % pour les meublés non classés et 71 % pour les meublés classés.

  • Plafonds micro‑BIC : 188 700 € pour les meublés de tourisme.

  • Règles renforcées en zones tendues : enregistrement obligatoire, contrôle accru, limites locales possibles.

  • Transmission automatique des revenus par les plateformes (Airbnb, Booking, Abritel) à l’administration fiscale.

Quel cas correspond à votre projet de gîte ?

Avant de vous lancer, il est essentiel d’identifier dans quel cadre juridique s’inscrit votre projet de gîte. Les obligations ne sont pas les mêmes selon que vous louez ponctuellement, que vous exercez une activité habituelle, que votre commune impose un enregistrement, ou que vous envisagez une transformation de bâtiment.

Cas de figure

Définition

Obligations principales

Location ponctuelle

Vous louez votre logement de manière occasionnelle, quelques semaines par an, sans en faire une activité habituelle

  • Déclaration en mairie si meublé de tourisme (selon commune)

  • Respect des règles de sécurité

  • Revenus à déclarer (BIC)

Activité habituelle (gîte exploité toute l’année)

Vous louez régulièrement, avec une intention professionnelle (gîte dédié, logement indépendant)

  • Déclaration en mairie obligatoire

  • Numéro SIRET (identité de l'établissement d’exercice de l’activité)

  • Régime fiscal BIC (micro ou réel)

  • Assurance adaptée

Commune avec obligation d’enregistrement

Certaines communes (zones tendues, villes touristiques) imposent un numéro d’enregistrement pour les meublés de tourisme

  • Déclaration et enregistrement obligatoire

  • Affichage du numéro sur les annonces

  • Limitation éventuelle à 120 jours/an pour la résidence principale

Transformation d’un bâtiment en gîte

Vous transformez un bâtiment (grange, dépendance, local professionnel) en hébergement touristique

  • Déclaration préalable ou permis de construire

  • Changement de destination du lieu (si nécessaire)

  • Normes de sécurité et d'accessibilité à respecter 

  • Déclaration du gîte en mairie comme meublé de tourisme

Étape 5 : comment trouver le lieu idéal pour ouvrir son gîte ?

Lorsque vos clients réservent une nuit dans votre gîte, ils le font avant tout pour le lieu et les alentours. Le choix de l’emplacement est donc primordial !

  • Est-ce que vous visez plutôt la montagne, les zones rurales, le bord de mer, une région viticole, un village pittoresque ?

  • Est-ce qu’il y a des activités de loisirs à proximité (randonnée, vélo, visite de sites touristiques, dégustation de produits locaux, etc.) ?

  • Le gîte est-il facilement accessible en voiture et en transports en commun ?

  • Le lieu a-t-il une caractéristique particulière ?

  • Est-ce que le terrain a du potentiel ?

  • Les alentours sont-ils calmes ?

  • L’accès aux petits commerces (boulangerie, primeur, pharmacie, etc.) est-il facile depuis le gîte ?

Acheter les équipements nécessaires

Équipement

Description

Prix indicatif

Lits et matelas

Lits simples ou
doubles avec matelas

200 à 500 €

Literie

Draps, oreillers,
couvertures

100 à 300 €

Mobilier

Tables, chaises,
armoires, commodes

500 à 1 500 €

Cuisine équipée

Réfrigérateur, cuisinière,
micro-ondes

800 à 2 000 €

Vaisselle

Assiettes, verres,
couverts, ustensiles

100 à 300 €

Électroménagers

Lave-vaisselle, lave-linge

500 à 1 000 €

TV

Pour divertir les clients

300 à 600 €

Connexion Wi-Fi

Accès à Internet
pour les clients

50 à 100 € par mois

Mobilier extérieur

Tables, chaises de jardin,
parasols

300 à 800 €

Produits d'entretien

Nettoyage et
maintenance du gîte

Environ 100 € par mois

Étape 6 : gîte, chambre d’hôtes, meublé de tourisme : quelles différences ?

Même si ces hébergements sont souvent confondus, ils ne relèvent pas des mêmes règles. Voici les distinctions essentielles pour bien positionner votre projet.

Type d'hébergement

Définition

Services inclus

Obligations spécifiques

Gîte

Logement entier, meublé, loué à une clientèle de passage, à usage exclusif du locataire

Aucun service obligatoire

Déclaration en mairie

Règles des meublés de tourisme

Meublé de tourisme

Catégorie juridique qui englobe les gîtes : logement indépendant, meublé, loué pour un séjour temporaire

Aucun service obligatoire

Déclaration en mairie

Possibilité de classement (1 à 5 étoiles)

Chambre d’hôtes

Chambre(s) chez l’habitant, avec accès partagé au logement

Petit‑déjeuner obligatoire + accueil par l’habitant

Maximum 5 chambres et 15 personnes

Déclaration obligatoire

Normes d’hygiène alimentaire (HACCP)

Étape 7 : quelles démarches obligatoires pour ouvrir un gîte ?

Pour créer votre société (SARL, EURL, SAS, SASU), vous devez réaliser plusieurs démarches :

  • choisir le statut juridique et la raison sociale ;

  • rédiger les statuts de la société (soi-même ou avec l’aide d’un avocat) ;

  • ouvrir un compte bancaire professionnel ;

  • déposer le capital social sur ce compte ;

  • publier un avis de constitution sur le support d'annonces légales du lieu de votre siège ;

  • constituer le dossier d’immatriculation sur le site du Guichet Unique de l'INPI (Institut national de la propriété industrielle) ;

  • obtenir les registres obligatoires (comptable, registre unique, etc.).

1. Déclaration en mairie (obligatoire pour tout gîte)

Comme évoqué précédemment, les gîtes sont considérés comme des meublés de tourisme. Ainsi, vous devez déclarer votre gîte en mairie, soit en utilisant la procédure d'enregistrement en ligne (si la mairie a mis en place ce type de service), soit en remplissant le formulaire Cerfa 14004 et en le transmettant ensuite à la mairie.

Bon à savoir

La déclaration est obligatoire, même pour une activité ponctuelle.

2. Numéro d’enregistrement (selon la commune)

Dans les communes ayant adopté le règlement d’enregistrement (zones tendues, villes touristiques), un numéro d’enregistrement est obligatoire.

Ce dernier sera à afficher sur toutes les annonces (Airbnb, Booking, etc.) et peut s’accompagner de règles locales (120 jours/an pour la résidence principale, par exemple).

3. Obtention d’un numéro SIRET

Vous devez obtenir un SIRET si vous louez votre gîte de manière habituelle ou si vous proposez des services complémentaires. La procédure se fait au moment de votre création d'entreprise sur le site du Guichet unique de l'INPI.

4. Fiscalité : micro‑BIC ou réel

Dans le cadre de la création de votre entreprise, vous aurez à faire le choix de son régime fiscal, tout dépend, bien entendu, du statut juridique que vous aurez choisi :

Le régime micro‑BIC

  • Abattement : 50 % (meublé non classé) ou 71 % (meublé classé).

  • Plafond : 83 600 € en 2024 ou 2025 (meublé classé) et 15 000 € en 2024 ou 2025 (meublé non classé).

  • Simple mais moins avantageux depuis cette année.

Le régime réel

  • Déduction des charges réelles (travaux, intérêts, énergie, ménage…).

  • Idéal pour les gîtes avec investissement ou équipements premium.

5. CFE (Cotisation Foncière des Entreprises)

La CFE est due dès lors que l’activité est professionnelle (SIRET).

Bon à savoir

Le montant de la CFE est variable selon la commune et vous pouvez être exonéré la première année.

6. Taxe de séjour (obligatoire)

Le gîte doit collecter la taxe de séjour auprès des voyageurs et la reverser à la commune ou à l’intercommunalité.

Bon à savoir

  • Le montant de la taxe de séjour est fixé localement et obligatoire même pour les locations ponctuelles.

  • Les plateformes (Airbnb, Booking) peuvent la collecter automatiquement.

7. TVA (cas particuliers)

La location d’un gîte est exonérée de TVA, sauf si vous proposez au moins 3 services para‑hôteliers (petit‑déjeuner, ménage quotidien, réception, fourniture de linge, etc.).

Dans ce cas, vous basculez dans le régime para‑hôtelier, rendant la TVA applicable à votre activité.

Étape 8 : quelles sont les autorisations nécessaires ?

Ouvrir un gîte nécessite de se soumettre à une certaine réglementation. Vous devez notamment :

  • obtenir l’accord de votre propriétaire (si vous êtes locataire) et vérifier que le règlement de copropriété n’interdit pas le meublé touristique ;

  • effectuer une déclaration préalable auprès de la mairie ;

  • demander un permis de construire si le gîte est une construction neuve ;

  • obtenir un numéro d’enregistrement (dans certaines villes seulement, renseignez-vous) ;

  • respecter les normes de sécurité, d'accessibilité des personnes et d’hygiène des ERP si votre gîte peut recevoir plus de 15 personnes ;

  • obtenir la licence débit de boisson si vous devez servir de l’alcool ;

  • afficher publiquement le tarif des nuitées.

Étape 9 : quelles sont les assurances obligatoires ?

En plus de l’assurance de votre bien immobilier, vous devez obligatoirement souscrire à une assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro) pour ouvrir un gîte. Elle couvre les dommages corporels, matériels et immatériels causés aux clients dans le cadre de votre activité.

Exemple

Si un client glisse dans l’escalier du gîte, la RC Pro permet de l’indemniser.

D’autres assurances sont vivement conseillées :

  • l’assurance dommages aux biens qui couvre les dégâts matériels causés au mobilier par les clients et vous protège en cas de dégradations ;

  • l'assurance annulation qui compense une partie de la perte financière en cas d’annulation de dernière minute par les clients.

Étape 10 : comment développer son gîte ?

Se faire connaître rapidement et travailler votre communication et votre marketing est indispensable pour le succès de votre gîte. Voici quelques pistes :

  • créer un site Internet bien référencé avec un système de réservation en ligne ;

  • obtenir une mention dans un guide touristique ;

  • s’inscrire sur des plateformes dédiées à la réservation de logements touristiques (Airbnb, Booking, Leboncoin, etc.) ;

  • se référencer auprès de l’office de tourisme de la zone de votre gîte et des agences de voyage ;

  • inclure une communauté de voyageurs dans le quotidien de la création de votre gîte via Instagram ou TikTok ;

  • rejoindre un label (Gîte de France, Clévacances, Accueil paysan, Écolabel européen, etc.) pour bénéficier de leur réputation et être référencé sur leur site internet.

Bien entendu, c’est surtout le bouche-à-oreille qui fera la différence. Proposez une expérience unique à vos clients, et ils parleront naturellement de votre gîte à leur entourage !

Qui peut ouvrir un gîte ?

Quelle formation est nécessaire pour ouvrir un gîte ?

Ouvrir un gîte ne requiert aucun diplôme. L’activité relève du meublé de tourisme, qui ne nécessite ni diplôme, ni certification, ni agrément spécifique.

Vous n’êtes donc pas obligé de suivre une formation, sauf si :

  • vous comptez proposer des repas. Dans ce cas, il faudra suivre une formation hygiène alimentaire, HACCP (14 heures minimum) ;

  • vous comptez servir de l’alcool. Dans ce cas, il faudra se former au permis d’exploitation (20 heures environ) et obtenir une licence de débit de boisson ;

  • votre gîte dépasse certains seuils de capacité, il sera considéré comme un Établissement Recevant du Public (ERP). Dans ce cas, la réglementation spécifique aux ERP devra être respectée, notamment en matière de sécurité incendie et d'accessibilité.

Il existe également des formations courtes pour vous accompagner dans votre projet de création de gîte et apprendre le métier. La Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Mont-de-Marsan propose par exemple une formation sur une journée : “Comment créer ma chambre d’hôtes, mon gîte ?”.

Bon à savoir

Si vous ne servez que des petits-déjeuners, la formation HACCP n'est pas obligatoire.

Attention

Ouvrir un gîte n’est pas la même chose qu’ouvrir une chambre d’hôtes ou même qu’ouvrir un hôtel.

Quelles sont les compétences requises pour ouvrir un gîte ?

Même si aucun diplôme n’est requis, il est important de posséder certaines qualités indispensables à la gestion d’un gîte.

Vous devez notamment avoir :

  • un bon sens de l’accueil ;

  • un bon sens de l’organisation ;

  • des compétences en gestion d'entreprise et comptabilité ;

  • des compétences en gestion de plateformes de réservation.

Des compétences en marketing sont également importantes pour la réussite de votre projet.

Est-il possible de se reconvertir ?

L’ouverture d’un gîte est tout à fait compatible avec une reconversion.

Pour éviter de démarrer de zéro et entamer votre projet de reconversion plus sereinement, vous pouvez par exemple reprendre un gîte.

Dans ce cas, vous achetez un bien qui a déjà tout ce qu’il faut, il vous restera éventuellement la décoration à refaire selon vos goûts.

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