
Étape 1 : comment bien préparer son projet d’ouverture de gîte ?
Réaliser son business plan
Le business plan est l’outil qui permet de valider la faisabilité de votre projet de gîte et de convaincre vos partenaires financiers. Il doit démontrer que votre hébergement peut atteindre un taux d’occupation suffisant, générer un chiffre d’affaires (CA) stable et couvrir vos charges (entretien, ménage, énergie, plateforme de réservation, etc.).
Vous devez inclure les éléments suivants :
présentation du projet : expliquez clairement votre concept, vos valeurs, votre parcours et celui de vos associés ;
étude de marché : appuyez-vous sur des données concrètes (taux d'occupation, prix moyen par nuitée, profil des voyageurs, etc.) ;
modèle économique : détaillez la manière dont vous allez générer des revenus (services proposés, tarification des nuitées, etc.) ;
structure juridique : expliquez votre choix ;
prévisions financières : intégrez des tableaux financiers (plan de financement, plan de trésorerie, compte de résultat prévisionnel, bilan prévisionnel).
Faire une étude de marché
L’étude de marché est une étape fondamentale qui montre qu'il existe une réelle demande dans ce secteur. Cette étape consiste en une analyse du marché global et local, des clients et du secteur :
étude de l’attractivité de la zone et de la région d’implantation ainsi que du type d'hébergement recherché ;
détermination du concept et des valeurs (durabilité, éco-tourisme, circuits courts, bien-être, haut de gamme, etc.) ;
identification de la clientèle cible (âge moyen, profession, hobbies) et de ses besoins ;
évaluation de la concurrence directe (chambre d’hôtes, locations Airbnb, gîtes à succès) et indirecte (campings, hôtels) pour déterminer votre avantage concurrentiel.
N’hésitez pas à bâtir une communauté active sur les réseaux sociaux pour dialoguer avec vos clients et les potentiels, afin de mieux connaître leurs désirs et attentes.
Les données présentées dans ce tableau sont indicatives.
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Données |
Chiffres clés |
|---|---|
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Chiffre d’affaires du |
3 000 000 000 € |
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Nombre de meublés de tourisme classés |
179 400 |
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Fréquentation des gîtes (en 2025) |
28 millions de nuitées (hausse de 4 %) |
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Durée moyenne d’un séjour |
4 à 5 nuits |
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Prix moyen à la nuitée |
100 à 130 € |
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Taux d’occupation d’un gîte |
47 % en moyenne annuelle 90 % en août |
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Marge nette moyenne d’un gîte |
20 à 30 % selon la localisation, la capacité et le taux d'occupation |
Est-il rentable d’ouvrir un gîte ?
Les données présentées ci-après sont indicatives.
La rentabilité d’un gîte dépend avant tout du taux d’occupation et du prix à la nuitée.
Rentabilité = Taux d’occupation × Prix moyen par nuit × Saison / Charges totales
Le taux d’occupation
Le taux d’occupation moyen d’un gîte en France est d’environ 47 %. Mais ce chiffre cache une forte saisonnalité :
haute saison (juillet–août) : jusqu’à 90 % d’occupation ;
moyenne saison (mai–juin / septembre) : 50 à 60 % ;
basse saison (novembre–mars) : 15 à 30 %.
👉 Un gîte rentable est un gîte bien rempli hors saison, grâce à :
des tarifs adaptés ;
des offres week-end ;
des partenariats locaux ;
une clientèle professionnelle ou événementielle.
Le prix moyen par nuit
Le prix moyen d’un gîte (logement entier) se situe entre 100 et 130 € par nuit selon la localisation et le standing. Le prix peut varier fortement :
gîte standard rural : 80 à 110 € ;
gîte premium, rénové ou touristique : 130 à 180 € ;
gîte avec spa et/ou piscine : 180 à 250 €.
👉 Le prix moyen est un levier direct : +10 € sur la nuitée, ce qui équivaut à +1 500 à +3 000 €/an selon l’occupation.
La saisonnalité
La saisonnalité structure le chiffre d’affaires :
60 % du CA se fait entre mai et septembre ;
les vacances scolaires représentent des pics de demande ;
les zones rurales hors tourisme doivent compenser par des séjours courts, événementiels, professionnels.
👉 Le business plan doit intégrer un prévisionnel par mois, pas une moyenne annuelle, ce secteur d'activité étant fortement impacté par la saisonnalité.
Les charges fixes et variables
La rentabilité dépend autant des revenus que de la structure des charges. Un gîte peut afficher un bon taux d’occupation mais rester peu rentable si les charges sont mal maîtrisées.
Les charges fixes (incompressibles)
Elles pèsent même quand le gîte est vide.
Assurance habitation + responsabilité civile.
Internet, télévision.
Taxe foncière.
Amortissement du mobilier et des travaux.
Entretien courant (jardin, piscine, chaudière, etc.).
Abonnements (logiciels, outils de réservation, etc.).
👉 Elles représentent en moyenne 8 000 à 12 000 €/an.
Les charges variables (liées aux réservations)
Elles augmentent avec le nombre de nuitées.
Blanchisserie (draps, serviettes).
Ménage (prestataire ou temps passé).
Consommations (eau, chauffage, électricité).
Commissions des plateformes (Airbnb, Booking, etc.).
Taxe de séjour (collectée mais à gérer).
Petits consommables (café, savon, papier, etc.).
👉 Elles représentent 25 à 35 % du chiffre d’affaires.
Pour un gîte situé dans une zone touristique, vous pouvez gagner entre 8 000 et 12 000 € par gîte et par saison.
Étape 2 : comment fixer les tarifs de son gîte ?
Commencez par observer les tarifs des hébergements comparables :
gîtes similaires (capacité, équipements, standing) ;
meublés de tourisme sur Airbnb, Booking, Abritel ;
gîtes labellisés (Gîtes de France, Clévacances).
👉 L'objectif étant de pouvoir déterminer une fourchette réaliste pour votre zone.
Comme évoqué précédemment, la saisonnalité structure 60 % du chiffre d’affaires annuel, ainsi cette donnée doit être prise en compte dans le calcul du prix de location de votre gîte.
Estimez votre coût de revient et le nombre de jours de location dans l’année. En effet, pour déterminer vos tarifs, vous devez prendre en compte les charges et frais annexes imputables à votre activité :
le remboursement de l’emprunt ou le loyer du logement ;
la taxe foncière ;
les frais de fonctionnement, d'entretiens d'équipement et de communication ;
l’assurance habitation.
Exemple
Tarif moyen pour un gîte 4 à 6 personnes en zone touristique modérée avec spa, sauna, équipement bien-être :
basse saison : 840 € la semaine (120 € la nuitée) ;
moyenne saison : 1 120 € la semaine (160 € la nuitée) ;
haute saison : 1 540 € la semaine (220 € la nuitée).
Étape 3 : comment trouver des sources de financement ?
Quel budget prévoir pour ouvrir un gîte ?
Votre budget sera différent si vous devez acheter le terrain et l'hébergement ou si vous aménagez simplement votre domicile.
Par ailleurs, le budget dépend principalement de l’état du bien, de la capacité, du niveau de confort visé et des équipements (spa, piscine, rénovation énergétique, etc.).
Prévoyez un budget global compris entre 50 000 et 300 000 €, selon que vous rénovez un logement existant ou que vous aménagez un bâtiment brut.
Quelles aides peut-on obtenir pour la création d'un gîte (subventions, labels) ?
Pour financer votre projet, plusieurs solutions s’offrent à vous :
utiliser votre apport personnel (environ 10 à 30 % du budget nécessaire pour ouvrir le gîte) ;
faire un emprunt auprès d’une banque ;
faire appel à une plateforme de financement participatif (crowdfunding) pour lever des fonds auprès des particuliers ;
bénéficier de l’ARCE (Aide à la reprise et à la création d'entreprise) et/ou l'ACRE (aide à la création d’entreprise ou à la reprise d'une entreprise) pour recevoir vos allocations chômage sous forme de capital et être partiellement exonéré de vos charges sociales la première année de création d'entreprise ;
solliciter la municipalité ou les aides locales comme les fonds départementaux d’aide au développement touristique.
Bon à savoir
Le Conseil départemental, l'État ou même l’Union européenne proposent de nombreuses subventions, notamment si votre projet aide à dynamiser le territoire ou à favoriser l’insertion sociale.
Classement officiel (facultatif) vs labels commerciaux (Gîtes de France, Clévacances)
Le classement en meublé de tourisme (1 à 5 étoiles) est une procédure officielle, encadrée par l’État. Il permet :
un abattement fiscal de 71 % en micro‑BIC ;
une meilleure visibilité sur les plateformes ;
une reconnaissance de qualité standardisée.
👉 Le classement est facultatif, mais avantageux fiscalement.
Les labels commerciaux, quant à eux, ne sont pas des classements officiels, mais des labels privés. Ils offrent :
un accompagnement marketing ;
une visibilité sur leurs plateformes ;
un cahier des charges qualité.
👉 Ils n’ouvrent pas de droits fiscaux spécifiques, mais peuvent améliorer le taux d’occupation.
Étape 4 : choisir son statut juridique
Comparatif des différents statuts juridiques existants
Si votre gîte est votre activité professionnelle principale, vous devez créer une structure juridique : entreprise individuelle (EI ou micro-entreprise) ou société (SARL, EURL, SAS, SASU, SCI).
Vous pouvez exercer en nom propre ou en société, selon l’ampleur du projet, le niveau d’investissement et vos objectifs fiscaux.
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Statut juridique |
Avantages |
Inconvénients |
|---|---|---|
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Micro-entreprise/EI |
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SARL |
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SAS/SASU |
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SCI |
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Bon à savoir
Vous disposez du statut de loueur de meublés non professionnels (LMNP) et vous n’avez pas besoin de créer un statut juridique, si l’exploitation du gîte n’est qu’une activité secondaire et :
que vos revenus locatifs annuels ne dépassent pas 23 000 € ;
ou que vos recettes sont inférieures au montant total des autres revenus d'activité de votre foyer fiscal.
Attention
Le statut de LMNP prend fin le 31 décembre 2026, mais jusque-là, vous pouvez être exonéré de l'IR sur le produit de vos locations, s'il n'excède pas 760 € par an.
Ce qui change en 2026 pour les meublés touristiques
L’année 2026 marque une évolution importante du régime fiscal des meublés de tourisme, avec un objectif clair : réduire les avantages fiscaux des locations touristiques et rapprocher leur traitement de celui des locations classiques.
Baisse des abattements en micro‑BIC : 50 % pour les meublés non classés et 71 % pour les meublés classés.
Plafonds micro‑BIC : 188 700 € pour les meublés de tourisme.
Règles renforcées en zones tendues : enregistrement obligatoire, contrôle accru, limites locales possibles.
Transmission automatique des revenus par les plateformes (Airbnb, Booking, Abritel) à l’administration fiscale.
Quel cas correspond à votre projet de gîte ?
Avant de vous lancer, il est essentiel d’identifier dans quel cadre juridique s’inscrit votre projet de gîte. Les obligations ne sont pas les mêmes selon que vous louez ponctuellement, que vous exercez une activité habituelle, que votre commune impose un enregistrement, ou que vous envisagez une transformation de bâtiment.
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Cas de figure |
Définition |
Obligations principales |
|---|---|---|
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Location ponctuelle |
Vous louez votre logement de manière occasionnelle, quelques semaines par an, sans en faire une activité habituelle |
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Activité habituelle (gîte exploité toute l’année) |
Vous louez régulièrement, avec une intention professionnelle (gîte dédié, logement indépendant) |
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Commune avec obligation d’enregistrement |
Certaines communes (zones tendues, villes touristiques) imposent un numéro d’enregistrement pour les meublés de tourisme |
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Transformation d’un bâtiment en gîte |
Vous transformez un bâtiment (grange, dépendance, local professionnel) en hébergement touristique |
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Étape 5 : comment trouver le lieu idéal pour ouvrir son gîte ?
Lorsque vos clients réservent une nuit dans votre gîte, ils le font avant tout pour le lieu et les alentours. Le choix de l’emplacement est donc primordial !
Est-ce que vous visez plutôt la montagne, les zones rurales, le bord de mer, une région viticole, un village pittoresque ?
Est-ce qu’il y a des activités de loisirs à proximité (randonnée, vélo, visite de sites touristiques, dégustation de produits locaux, etc.) ?
Le gîte est-il facilement accessible en voiture et en transports en commun ?
Le lieu a-t-il une caractéristique particulière ?
Est-ce que le terrain a du potentiel ?
Les alentours sont-ils calmes ?
L’accès aux petits commerces (boulangerie, primeur, pharmacie, etc.) est-il facile depuis le gîte ?
Acheter les équipements nécessaires
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Équipement |
Description |
Prix indicatif |
|---|---|---|
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Lits et matelas |
Lits simples ou |
200 à 500 € |
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Literie |
Draps, oreillers, |
100 à 300 € |
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Mobilier |
Tables, chaises, |
500 à 1 500 € |
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Cuisine équipée |
Réfrigérateur, cuisinière, |
800 à 2 000 € |
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Vaisselle |
Assiettes, verres, |
100 à 300 € |
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Électroménagers |
Lave-vaisselle, lave-linge |
500 à 1 000 € |
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TV |
Pour divertir les clients |
300 à 600 € |
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Connexion Wi-Fi |
Accès à Internet |
50 à 100 € par mois |
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Mobilier extérieur |
Tables, chaises de jardin, |
300 à 800 € |
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Produits d'entretien |
Nettoyage et |
Environ 100 € par mois |
Étape 6 : gîte, chambre d’hôtes, meublé de tourisme : quelles différences ?
Même si ces hébergements sont souvent confondus, ils ne relèvent pas des mêmes règles. Voici les distinctions essentielles pour bien positionner votre projet.
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Type d'hébergement |
Définition |
Services inclus |
Obligations spécifiques |
|---|---|---|---|
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Gîte |
Logement entier, meublé, loué à une clientèle de passage, à usage exclusif du locataire |
Aucun service obligatoire |
Déclaration en mairie Règles des meublés de tourisme |
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Meublé de tourisme |
Catégorie juridique qui englobe les gîtes : logement indépendant, meublé, loué pour un séjour temporaire |
Aucun service obligatoire |
Déclaration en mairie Possibilité de classement (1 à 5 étoiles) |
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Chambre d’hôtes |
Chambre(s) chez l’habitant, avec accès partagé au logement |
Petit‑déjeuner obligatoire + accueil par l’habitant |
Maximum 5 chambres et 15 personnes Déclaration obligatoire Normes d’hygiène alimentaire (HACCP) |
Étape 7 : quelles démarches obligatoires pour ouvrir un gîte ?
Pour créer votre société (SARL, EURL, SAS, SASU), vous devez réaliser plusieurs démarches :
choisir le statut juridique et la raison sociale ;
rédiger les statuts de la société (soi-même ou avec l’aide d’un avocat) ;
ouvrir un compte bancaire professionnel ;
déposer le capital social sur ce compte ;
publier un avis de constitution sur le support d'annonces légales du lieu de votre siège ;
constituer le dossier d’immatriculation sur le site du Guichet Unique de l'INPI (Institut national de la propriété industrielle) ;
obtenir les registres obligatoires (comptable, registre unique, etc.).
1. Déclaration en mairie (obligatoire pour tout gîte)
Comme évoqué précédemment, les gîtes sont considérés comme des meublés de tourisme. Ainsi, vous devez déclarer votre gîte en mairie, soit en utilisant la procédure d'enregistrement en ligne (si la mairie a mis en place ce type de service), soit en remplissant le formulaire Cerfa 14004 et en le transmettant ensuite à la mairie.
Bon à savoir
La déclaration est obligatoire, même pour une activité ponctuelle.
2. Numéro d’enregistrement (selon la commune)
Dans les communes ayant adopté le règlement d’enregistrement (zones tendues, villes touristiques), un numéro d’enregistrement est obligatoire.
Ce dernier sera à afficher sur toutes les annonces (Airbnb, Booking, etc.) et peut s’accompagner de règles locales (120 jours/an pour la résidence principale, par exemple).
3. Obtention d’un numéro SIRET
Vous devez obtenir un SIRET si vous louez votre gîte de manière habituelle ou si vous proposez des services complémentaires. La procédure se fait au moment de votre création d'entreprise sur le site du Guichet unique de l'INPI.
4. Fiscalité : micro‑BIC ou réel
Dans le cadre de la création de votre entreprise, vous aurez à faire le choix de son régime fiscal, tout dépend, bien entendu, du statut juridique que vous aurez choisi :
Le régime micro‑BIC
Abattement : 50 % (meublé non classé) ou 71 % (meublé classé).
Plafond : 83 600 € en 2024 ou 2025 (meublé classé) et 15 000 € en 2024 ou 2025 (meublé non classé).
Simple mais moins avantageux depuis cette année.
Le régime réel
Déduction des charges réelles (travaux, intérêts, énergie, ménage…).
Idéal pour les gîtes avec investissement ou équipements premium.
5. CFE (Cotisation Foncière des Entreprises)
La CFE est due dès lors que l’activité est professionnelle (SIRET).
Bon à savoir
Le montant de la CFE est variable selon la commune et vous pouvez être exonéré la première année.
6. Taxe de séjour (obligatoire)
Le gîte doit collecter la taxe de séjour auprès des voyageurs et la reverser à la commune ou à l’intercommunalité.
Bon à savoir
Le montant de la taxe de séjour est fixé localement et obligatoire même pour les locations ponctuelles.
Les plateformes (Airbnb, Booking) peuvent la collecter automatiquement.
7. TVA (cas particuliers)
La location d’un gîte est exonérée de TVA, sauf si vous proposez au moins 3 services para‑hôteliers (petit‑déjeuner, ménage quotidien, réception, fourniture de linge, etc.).
Dans ce cas, vous basculez dans le régime para‑hôtelier, rendant la TVA applicable à votre activité.
Étape 8 : quelles sont les autorisations nécessaires ?
Ouvrir un gîte nécessite de se soumettre à une certaine réglementation. Vous devez notamment :
obtenir l’accord de votre propriétaire (si vous êtes locataire) et vérifier que le règlement de copropriété n’interdit pas le meublé touristique ;
effectuer une déclaration préalable auprès de la mairie ;
demander un permis de construire si le gîte est une construction neuve ;
obtenir un numéro d’enregistrement (dans certaines villes seulement, renseignez-vous) ;
respecter les normes de sécurité, d'accessibilité des personnes et d’hygiène des ERP si votre gîte peut recevoir plus de 15 personnes ;
obtenir la licence débit de boisson si vous devez servir de l’alcool ;
afficher publiquement le tarif des nuitées.
Étape 9 : quelles sont les assurances obligatoires ?
En plus de l’assurance de votre bien immobilier, vous devez obligatoirement souscrire à une assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro) pour ouvrir un gîte. Elle couvre les dommages corporels, matériels et immatériels causés aux clients dans le cadre de votre activité.
Exemple
Si un client glisse dans l’escalier du gîte, la RC Pro permet de l’indemniser.
D’autres assurances sont vivement conseillées :
l’assurance dommages aux biens qui couvre les dégâts matériels causés au mobilier par les clients et vous protège en cas de dégradations ;
l'assurance annulation qui compense une partie de la perte financière en cas d’annulation de dernière minute par les clients.
Étape 10 : comment développer son gîte ?
Se faire connaître rapidement et travailler votre communication et votre marketing est indispensable pour le succès de votre gîte. Voici quelques pistes :
créer un site Internet bien référencé avec un système de réservation en ligne ;
obtenir une mention dans un guide touristique ;
s’inscrire sur des plateformes dédiées à la réservation de logements touristiques (Airbnb, Booking, Leboncoin, etc.) ;
se référencer auprès de l’office de tourisme de la zone de votre gîte et des agences de voyage ;
inclure une communauté de voyageurs dans le quotidien de la création de votre gîte via Instagram ou TikTok ;
rejoindre un label (Gîte de France, Clévacances, Accueil paysan, Écolabel européen, etc.) pour bénéficier de leur réputation et être référencé sur leur site internet.
Bien entendu, c’est surtout le bouche-à-oreille qui fera la différence. Proposez une expérience unique à vos clients, et ils parleront naturellement de votre gîte à leur entourage !
Qui peut ouvrir un gîte ?
Quelle formation est nécessaire pour ouvrir un gîte ?
Ouvrir un gîte ne requiert aucun diplôme. L’activité relève du meublé de tourisme, qui ne nécessite ni diplôme, ni certification, ni agrément spécifique.
Vous n’êtes donc pas obligé de suivre une formation, sauf si :
vous comptez proposer des repas. Dans ce cas, il faudra suivre une formation hygiène alimentaire, HACCP (14 heures minimum) ;
vous comptez servir de l’alcool. Dans ce cas, il faudra se former au permis d’exploitation (20 heures environ) et obtenir une licence de débit de boisson ;
votre gîte dépasse certains seuils de capacité, il sera considéré comme un Établissement Recevant du Public (ERP). Dans ce cas, la réglementation spécifique aux ERP devra être respectée, notamment en matière de sécurité incendie et d'accessibilité.
Il existe également des formations courtes pour vous accompagner dans votre projet de création de gîte et apprendre le métier. La Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Mont-de-Marsan propose par exemple une formation sur une journée : “Comment créer ma chambre d’hôtes, mon gîte ?”.
Bon à savoir
Si vous ne servez que des petits-déjeuners, la formation HACCP n'est pas obligatoire.
Attention
Ouvrir un gîte n’est pas la même chose qu’ouvrir une chambre d’hôtes ou même qu’ouvrir un hôtel.
Quelles sont les compétences requises pour ouvrir un gîte ?
Même si aucun diplôme n’est requis, il est important de posséder certaines qualités indispensables à la gestion d’un gîte.
Vous devez notamment avoir :
un bon sens de l’accueil ;
un bon sens de l’organisation ;
des compétences en gestion d'entreprise et comptabilité ;
des compétences en gestion de plateformes de réservation.
Des compétences en marketing sont également importantes pour la réussite de votre projet.
Est-il possible de se reconvertir ?
L’ouverture d’un gîte est tout à fait compatible avec une reconversion.
Pour éviter de démarrer de zéro et entamer votre projet de reconversion plus sereinement, vous pouvez par exemple reprendre un gîte.
Dans ce cas, vous achetez un bien qui a déjà tout ce qu’il faut, il vous restera éventuellement la décoration à refaire selon vos goûts.












