Code APE/NAF pour un dentiste libéral : 86.23Z
L’activité d’un dentiste libéral est rattachée au code APE/NAF 86.23Z correspondant à la pratique dentaire. Cela inclut :
les pratiques dentaires générales ou spécialisées (art dentaire, endodontie, dentisterie pédiatrique, pathologie orale) ;
l’orthodontie ;
les activités liées à la chirurgie buccale ;
les actes dentaires réalisés en salles d’opération.
Il existe d’autres codes APE pour des professions proches, comme le code APE/NAF 32.50A (Fabrication de matériel médico-chirurgical et dentaire) pour les prothésistes dentaires
L’activité d’un cabinet dentaire libéral
Un cabinet dentaire libéral propose différents services de soins bucco-dentaires :
de la prévention (détartrage, examens réguliers) ;
des soins conservateurs (traitement de caries, dévitalisation) ;
la pose de prothèses dentaires ;
l’orthodontie ;
l’esthétique dentaire (blanchiment, facettes).
En février 2026, 40 897 chirurgiens-dentistes libéraux exercent sur le territoire, soit environ 1 000 praticiens de plus qu’en 2025..
L’organisation de l’activité
L’exercice libéral reste largement majoritaire dans la profession, représentant 82 % des chirurgiens-dentistes (libéraux exclusifs et mixtes).
Parmi eux, certains optent pour une organisation collective, en intégrant des structures comme les sociétés civiles de moyens (SCM), les sociétés civiles professionnelles (SCP), les sociétés d’exercice libéral (SELARL) ou encore les sociétés interprofessionnelles de soins ambulatoires (SISA). Ces regroupements de professionnels permettent de partager les coûts des infrastructures et d'améliorer l’efficacité organisationnelle.
Ces dernières années, on constate un attrait croissant des centres de santé, qui regroupent désormais 17% des praticiens.
centres de soins dentaires en 2024.
Ce glissement progressif vers des activités salariées ou mixtes reflète une diversification des pratiques. L’activité hospitalière, en revanche, reste marginale : peu de dentistes exercent en milieu hospitalier.
Les syndicats
Depuis 2015, la FSDL (Fédération des Syndicats Dentaires Libéraux) est le 1er syndicat représentatif des chirurgiens-dentistes libéraux. Cette organisation accompagne les praticiens en exercice libéral dans le développement de leurs compétences, le choix de leur équipement technique et la gestion de leur cabinet.
L’UD (Union Dentaire) œuvre également pour l’avenir de la profession et des chirurgiens-dentistes libéraux. Elle se consacre à la défense des intérêts moraux et matériels des praticiens et s’engage à promouvoir l’exercice libéral de la chirurgie dentaire.
Le marché des soins dentaires
Contexte du marché
Évolution du nombre de chirurgiens-dentistes
Le marché des soins dentaires est porté par plusieurs facteurs : le vieillissement de la population, les campagnes de prévention publiques et l’intérêt croissant pour les soins esthétiques.
La consommation de soins dentaires en libéral poursuit sa progression en 2024 : + 2,3 % (contre 3,5 % l’année précédente).
Toujours en 2024, les actes prothétiques représentaient 42 % des soins dentaires, favorisés notamment par la prise en charge intégrale du « 100 % Santé ».
49 714 chirurgiens-dentistes exercent leur activité début 2026. Mais la répartition des praticiens reste inégale et crée des disparités territoriales. Néanmoins, la densité de dentistes se stabilise à 73,3 dentistes pour 100 000 habitants en 2026.
Ces dernières années, la concurrence s’intensifie sur le marché des soins dentaires. L’exercice en cabinet libéral est en déclin au profit des centres dentaires. Plus de 15 % des dépenses en soins dentaires sont réalisés dans ces centres. Des fonds d’investissement (G Square dans Dentego, Abenex dans Dentelka, MBO+ dans Dentylis, Qualium Investissement dans Clinadent, etc.) soutiennent leur expansion.
En parallèle, la réforme 100 % Santé dentaire a davantage mobilisé les organismes complémentaires d’assurance-maladie dans le financement des soins dentaires. S’agissant des prothèses dentaires, la Sécurité sociale assume 19,6 % de la dépense contre 68,7 % pour la complémentaire santé. Le reste à charge moyen des patients s’élève à 11,7 %.
La convention nationale 2023-2028 vise à améliorer l'accès aux soins, en favorisant la prévention et les soins conservateurs.
Évolution du nombre de chirurgiens-dentistes
Le nombre de chirurgiens-dentistes en France progresse chaque année. Cette évolution démographique s’explique en partie par l’augmentation des dentistes formés à l’étranger, principalement dans d’autres pays européens.
Ainsi, la proportion de praticiens français diplômés hors de France a considérablement augmenté. Selon le vice-président du syndicat des chirurgiens-dentistes de France, 1 450 chirurgiens-dentistes sont formés dans l’UE chaque année, un nombre quasi équivalent à celui des diplômés français (1 380).
Pour répondre à la demande croissante en soins bucco-dentaires, le gouvernement a annoncé en 2021 l’ouverture de 8 nouvelles facultés d’odontologie. Elles s’ajoutent aux 16 établissements déjà existants.
Évolution des lieux d'activité des chirurgiens-dentistes
Seuls 22 % des chirurgiens-dentistes exercent dans un cabinet médical indépendant. Une chute progressive au fil des années qui peut s’expliquer notamment par les avantages économiques, logistiques et organisationnels offerts par les regroupements.
La tendance est à la pratique en groupe. Aujourd’hui, 59 % des chirurgiens-dentistes exercent au sein de cabinets de groupe (contre 44 % en 2012), faisant de ce modèle la nouvelle pratique majoritaire.
L’offre sur le marché de soins dentaires
Le marché des soins dentaires se structure autour de plusieurs acteurs.
Cabinets dentaires indépendants
Avec une majorité de chirurgiens-dentistes libéraux sur le territoire, les cabinets dentaires indépendants représentent une part importante de l’offre en soins dentaires. Tenus par un ou plusieurs praticiens, ce type de structure se distingue par leur relation de proximité et le suivi personnalisé.
Les praticiens y bénéficient d’une grande autonomie dans le choix des équipements et des protocoles de soin. La capacité de prise en charge limitée des cabinets indépendants peut freiner l’accès aux soins.
Centres de santé dentaire
Les centres de santé dentaire ont l’avantage de regrouper l’ensemble des spécialités dentaires sous un même toit : implantologie, orthodontie, esthétique dentaire, soins prothétiques…Le parcours des patients est alors simplifié.
Ils s’imposent comme des concurrents de taille face aux cabinets dentaires indépendants. Les centres de santé dentaire sont appréciés par leur accessibilité et les plages horaires étendues. Mais le service standardisé peut susciter parfois des controverses liées à une gestion orientée vers la rentabilité.
3 réseaux de centres de santé dentaire dominent :
Dentengo (107 centres)
Dentylis (34 centres)
Dentenka (30 centres)
Cliniques privées spécialisées
Ces structures, généralement spécialisées dans les implants ou dans l’orthodontie, captent une faible part du marché. Les équipements de pointe et des praticiens hautement qualifiés attirent une clientèle prête à investir dans des soins bucco-dentaires haut de gamme. Mais leurs coûts élevés rendent ces structures peu accessibles à une majorité de la population.
Réseaux européens de cliniques dentaires
Ces dernières années, la concurrence s’est intensifiée avec le développement des réseaux européens de cliniques dentaires. Parmi eux, on peut citer la plateforme européenne Eurodentaire spécialisée dans l’information et la réservation de traitement dentaires. Elle offre ses services principalement en Hongrie, en Roumanie et en Espagne, en orientant les patients vers des cliniques dentaires certifiées et labellisées.
Associée au tourisme dentaire, ces cliniques séduisent par les prix compétitifs et leurs offres de soins attractives. Mais la distance complexifie le suivi post-opératoire et les urgences.
L’étude de la demande en soins dentaires
Habitudes de la patientèle
c'est le nombre moyen de patients uniques par an que reçoit un dentiste libéral.
Selon les données de l’Assurance Maladie sur la santé bucco-dentaire en 2024, 43 % des Français consultent leur chirurgien-dentiste chaque année. Cette visite est réalisée souvent dans une logique préventive, comme le détartrage ou le dépistage des caries.
En 2023, 37 % des Français déclarent avoir renoncé aux soins dentaires, pour 2 principales raisons :
financière pour 26 % d’entre eux
difficulté à consulter dans certaines zones pour 13 %.
Répartition des soins opérés par les dentistes dans les cabinets libéraux
En 2024, les prothèses dentaires (couronnes, bridges et implants) représentent 42 % des dépenses, une part renforcée par la réforme du 100 % Santé de 2019.
Les soins conservateurs, comme les traitements de caries, les dévitalisations ou les actes de prothèses non couverts par le 100 % Santé, représentent 23 % de la consommation totale.
Par ailleurs, les soins esthétiques, bien qu’ils ne soient pas remboursés par l’Assurance Maladie, gagnent en popularité. Des interventions comme le blanchiment, les facettes ou l’orthodontie adulte sont de plus en plus demandées, témoignant d’une sensibilité croissante des Français à leur image et à leur sourire.
L’analyse des canaux de distribution de soins dentaires
Le cabinet dentaire physique reste le canal principal, offrant un accès direct aux soins et une proximité géographique qui sont des critères majeurs pour les patients. Pour rester compétitifs, les dentistes libéraux peuvent exploiter les outils numériques comme les plateformes de référencement en ligne (Doctolib, KelDoc).
Pour appuyer cette visibilité, il existe plusieurs stratégies :
la création d’un site Internet professionnel intégrant un système de prise de rendez-vous en ligne ;
les téléconsultations dentaires, encore rares, mais en développement pour les diagnostics préliminaires. Un axe intéressant pour répondre aux besoins des patients à mobilité réduite ou dans des zones rurales ;
la collaboration avec d’autres professionnels de santé via une CPTS (Communauté Professionnelle Territoriale de Santé) qui favorise un ancrage local.
Les tendances du marché des soins bucco-dentaires
Grandes tendances
Le marché des soins dentaires en France est en pleine transformation. Parmi les tendances majeures, la demande des soins esthétiques (blanchiment dentaire, facettes) progresse fortement. Ces prestations attirent une patientèle désireuse d’améliorer l’apparence de son sourire, ce qui contribue à diversifier l’offre des cabinets dentaires. Selon une étude, 90,7 % des chirurgiens-dentistes interrogés croient en l’augmentation de cette demande.
L’intégration des technologies de pointe devient un standard. Les scanners intra-oraux, l’imagerie 3D ou encore les imprimantes 3D transforment la manière dont les prothèses sont fabriquées et les diagnostics établis. Ces innovations permettent des soins plus précis et rapides. Cela renforce l’attractivité et l’efficacité des praticiens qui investissent dans ces outils.
En parallèle, la part des cabinets individuels chute au fil des années au profit de cabinets de groupe pour mutualiser les frais et réduire la charge de travail. Quant aux centres de santé, ils prennent une part de plus en plus importante sur ce marché (2 % en 2013 contre 16 % en 2024.
Le marché est également impacté par le tourisme dentaire qui gagne du terrain.
patients français se tournent vers des cliniques en Europe chaque année, selon le CNSE.
Le nombre de dossiers pour des soins dentaires réalisés en Europe augmente de plus de 15 % par an. Cette tendance s’explique par des coûts souvent inférieurs.
Perspectives du secteur
L'inflation alourdit les coûts d'exploitation, impactant la rentabilité des cabinets dentaires. Ce contexte oblige les praticiens à repenser leur modèle économique, notamment en s’appuyant sur les dépassements d’honoraires pour des prestations à forte valeur ajoutée comme l’implantologie, l’orthodontie ou les soins prothétiques spécialisés.
En 2024, les dépassements sur les prothèses dentaires et sur l’orthodontie remboursable représentaient environ la moitié des honoraires des cabinets libéraux.
La demande croissante pour ces prestations spécialisées peut représenter une opportunité significative. La diversification de l’offre vers des soins esthétiques est également un levier stratégique.
D’autres opportunités se dessinent dans les zones sous-dotées, où les incitations fiscales et les besoins non satisfaits encouragent l'ouverture de nouveaux cabinets dentaires. Les praticiens qui s'installent dans ces régions peuvent non seulement bénéficier d’un environnement économique plus favorable, mais aussi contribuer à répondre à une demande locale forte.
Conclusion
Les cabinets dentaires libéraux sont des acteurs importants dans le système de santé en France. En 2024, les honoraires des chirurgiens-dentistes libéraux en France se sont élevés à 13,2 milliards d’euros.
Aujourd’hui, l’accès aux soins bucco-dentaires reste un défi de taille pour le pays. La France s’engage dans une dynamique ambitieuse axée sur la prévention, avec pour but de favoriser l’émergence de « générations sans caries ». Elle doit cependant faire face à un défi majeur : le remplacement des chirurgiens-dentistes. D’ici 2030, 30 % des praticiens actuels auront pris leur retraite.
Dans ce contexte, la convention dentaire 2023-2028 vise à transformer le paysage de la santé bucco-dentaire. Cet accord-cadre signé entre l’Assurance maladie et les représentants des professionnels concerne les 40 879 chirurgiens-dentistes libéraux en exercice. Le texte prévoit un investissement de plus de 600 millions d’euros sur la période.
Cet effort financier substantiel vise à améliorer l’accessibilité des soins pour tous les Français en réduisant le reste à charge des patients et en facilitant les modalités de prise en charge. Ce cadre renforce les bases d’un système plus équitable et proactif, mettant l’accent sur la prévention et l’amélioration de la qualité des soins.
















