Code APE/NAF pour une activité d’opticien : 47.78A
L’activité d’opticien est couverte par le code APE/NAF 47.78A qui correspond au commerce de détail d’optique. Il s'applique à tout commerce spécialisé dans la vente de lunettes, lentilles et autres équipements optiques. 13 300 magasins sont recensés dans ce secteur en 2025.
Il existe d’autres codes APE/NAF du même secteur :
le code 32.50B pour la fabrication de lunettes
le code 86.22B pour les autres activités des médecins spécialistes, dont les ophtalmologistes.
Attribué par l'INSEE, le code APE/NAF permet de classer les entreprises selon leur activité principale.
L’activité d’opticien
L'activité d'opticien-lunetier consiste à vendre des équipements de correction visuelle (lunettes, lentilles, etc.) prescrits par des ophtalmologistes. Elle comprend également la vente de produits d'entretien, la réparation d'équipements et parfois des services annexes comme des examens de vue.
L’organisation de l’activité
L’activité d’opticien est structurée autour de plusieurs types d'acteurs. Les opticiens indépendants sont des professionnels qui ne sont pas affiliés à des réseaux sous enseigne. Ils s’approvisionnent auprès de centrales d'achat (Supercent, La Centrale des Opticiens, etc.) pour accéder à une gamme diversifiée de produits.
On retrouve des groupements coopératifs réunissant des opticiens sous une même centrale d'achat. Optic 2000, Krys et Atol sont les principales enseignes de ce type. Il existe également les réseaux de franchise comme Alain Afflelou et Générale d'Optique.
Les réseaux mutualistes, gérés par des mutuelles, collaborent avec des opticiens agréés. Ils ont la particularité de pouvoir négocier des tarifs spécifiques et des conditions de remboursement.
Avec le e-commerce, de nouveaux acteurs émergent comme Jimmy Fairly et Polette, qui ont intégré des services en ligne et en magasin (click & collect, essayage virtuel, livraison à domicile, etc.).
Les syndicats professionnels
Plusieurs syndicats professionnels soutiennent l'activité des opticiens en défendant leurs intérêts et en encadrant la profession. Parmi eux, la Fédération Nationale des Opticiens de France (FNOF) regroupe plus de 4 000 opticiens indépendants. Le ROF (Rassemblement des Opticiens de France) soutient de son côté les groupements coopératifs de franchises et succursalistes.
Ces organisations agissent pour la valorisation du métier, la formation continue et pour la promotion de la qualité des soins visuels et de l’innovation dans le secteur.
Le marché des lunettes
Le contexte du marché
L'année 2023 a marqué un record pour le secteur de l'optique en France avec un chiffre d’affaires de 8 milliards d’euros. Il a connu une légère baisse en 2024 avec un CA de 7,6 milliards d’euros.
Mais le marché continue globalement de croître, notamment en raison du vieillissement de la population, les problèmes de vue augmentant fortement après 45 ans. L’utilisation massive des écrans impacte aussi la vie des Français, de plus en plus jeunes à porter des lunettes. 46 % d’entre eux déclarent souffrir de problèmes de vision de loin et 48 % de vision de près.
Cette dynamique attire de nouveaux acteurs. La concurrence s’intensifie entre les opticiens indépendants, les grandes enseignes, l’e-commerce et les enseignes low cost, accentuant les pressions tarifaires.
Parallèlement, la diversification des lieux de prescription et de vente, la digitalisation et les attentes des consommateurs viennent faire évoluer le secteur.
Évolution du chiffre d’affaires du marché
Le chiffre d'affaires du marché de l'optique a connu une tendance à la baisse sur l’année 2020 due aux fermetures des magasins et des confinements. Depuis, l’activité connaît une dynamique positive en raison de besoin plus importants de la part des Français, mais aussi de la mise en place du 100 % Santé qui permet de supprimer le reste à charge des assurés.
Les opticiens indépendants maintiennent une part significative du marché, avec un chiffre d'affaires moyen de 350 000 euros par an. En moyenne, un opticien indépendant vend 3 paires de lunettes par jour, avec un panier moyen de 403 € HT (verres et montures). Selon l'UFC, la marge brute moyenne par équipement optique est de 275 €.
Les verres correcteurs, qu'ils soient unifocaux ou progressifs, sont les principaux moteurs du marché, représentant 65 % du chiffre d'affaires total. En contraste, les segments des lunettes de soleil et des lentilles de contact sont en déclin.
Segments de produits les plus dynamiques
L’environnement réglementaire
Le marché de l'optique en France est fortement réglementé, notamment en ce qui concerne les conditions de remboursement par la Sécurité sociale et les mutuelles. Depuis avril 2015, l'encadrement des remboursements par les mutuelles inclut un plafonnement des montants pour les verres et les montures et une prise en charge limitée à tous les deux ans. La réforme du 100 % Santé a introduit des changements dans la couverture des dépenses en optique médicale. Une paire de lunettes sur 5 délivrée intègre au moins un élément du panier A éligible au 100 % Santé.
L’offre sur le marché des lunettes
La distribution sur le marché de l’optique est largement dominée par les groupements coopératifs, les succursales et les franchises.
Les indépendants non rattachés à réseau sous enseigne
Part des opticiens indépendants sur le territoire (49 % du nombre de points de vente)
Ces professionnels misent sur une approche personnalisée et un service de proximité pour se différencier des réseaux sous enseigne. Ils sont particulièrement appréciés pour leur qualité du service client et l’expertise individuelle.
Mais ces indépendants doivent faire face à des marges serrées, principalement dues à leur capacité de négociation plus limitée par rapport aux grandes enseignes.
Les grandes enseignes
Krys, Optic 2000, Alain Afflelou ou encore Atol dominent le marché avec environ 60 % des parts de marché. Ces chaînes bénéficient de leur forte notoriété, de leur présence étendue et d'une grande capacité de négociation avec les fournisseurs.
Leur modèle repose sur des économies d'échelle qui leur permettent de proposer une large gamme de produits à des prix attractifs. Le service plus standardisé par rapport à un opticien indépendant peut être un frein pour les consommateurs.
Les réseaux mutualistes
Ces réseaux sont constitués d'opticiens agréés par des mutuelles, qui négocient directement avec eux des tarifs préférentiels pour leurs adhérents. En proposant des lunettes et des verres correcteurs à prix compétitifs, les réseaux mutualistes permettent aux consommateurs de bénéficier d'une prise en charge plus avantageuse.
c'est ce que représentent ces réseaux, avec environ 750 points de vente.
Le modèle mutualiste a l’avantage de rendre les soins optiques plus accessibles.
Les pure players – Ventes en ligne
Le commerce en ligne des lunettes a apporté ces dernières années une nouvelle dynamique au marché. Les ventes en ligne de lunettes représentent en 2023 environ 7 % du total des ventes.
Les acteurs, comme Direct Optic, Sensee et Polette, se distinguent par leurs prix compétitifs, la simplicité d'achat et l'accessibilité (outils d'essayage virtuel). Leur modèle "bricks & clicks", qui combine vente en ligne et points de vente physiques, permet d'étendre leur présence et de multiplier les points de contact avec les clients.
Ce circuit de distributeur peut être restreint pour certains achats nécessitant un ajustement précis ou un service après-vente personnalisé.
L’étude de la demande
Habitudes des clients
Actuellement, plus de 8 Français sur 10 portent des lunettes. Parmi eux, 69 % portent des lunettes correctrices, tandis que 7 % utilisent des lunettes de repos.
Le port de lunettes augmente significativement avec l’âge, avec un taux particulièrement élevé chez les plus de 45 ans en raison de la presbytie.
Proportion de Français portant des lunettes correctrices
En termes du choix de la monture de lunettes, les consommateurs accordent une grande importance au prix, facteur décisif pour 93 % des acheteurs. La dimension esthétique de la monture est également un critère qui compte dans l’achat de lunettes. Les lunettes sont en effet de plus en plus assumées comme un accessoire de mode.
Les critères importants dans le choix de la monture
En parallèle, les attentes des consommateurs évoluent également vers des solutions optiques plus pratiques et esthétiques. 18 % des Français corrigent leur vision avec des lentilles de contact. Un choix préféré par les 45-54 ans, dont 26 % en sont adeptes.
Près de la moitié des porteurs de lentilles de contact considèrent que celles-ci sont plus esthétiques que les lunettes et plus pratiques à porter au quotidien.
Panier moyen
est le panier moyen des Français chez l’opticien.
Le coût moyen des lunettes varie selon la correction et le type de verres (uni focaux ou verres progressifs). Le panier moyen est également influencé par les choix individuels en matière de qualité, de marque et de personnalisation des équipements optiques.
Les lunettes et les équipements d’optique représentent un budget conséquent pour les Français. Malgré les remboursements partiels par la Sécurité sociale, les consommateurs doivent généralement compléter eux-mêmes les frais. Après la prise en charge par la Sécurité sociale et la mutuelle, les frais restants sont en moyenne de 123 € pour des lunettes à verres unifocaux et 274 € pour des lunettes à verres progressifs. Cela reflète la couverture limitée des remboursements.
L’analyse des canaux de distribution
Le marché de l’optique est dominé par les points de vente physiques, mais la vente en ligne gagne du terrain. En effet, la boutique physique reste un canal stratégique pour les opticiens indépendants. ll permet à une clientèle locale de bénéficier d'un service personnalisé, d'essayer les montures et de recevoir des conseils adaptés.
Avec la montée de l'e-commerce, avoir une présence en ligne permet aux opticiens indépendants d'élargir leur portée au-delà de leur zone géographique immédiate.
Un site web professionnel avec des services comme la prise de rendez-vous en ligne, l’essayage virtuel des montures, les examens de vue virtuels, les commandes en ligne ou encore les retraits en magasin peuvent satisfaire les diverses attentes des consommateurs.
Les tendances du marché de l’optique
En résumé :
Innovation technologique : des équipements optiques de plus en plus personnalisés et adaptés aux besoins spécifiques des consommateurs (ergonomie, connectivité)
Digitalisation du secteur : évolution des modèles économiques avec la montée en puissance du e-commerce et des services hybrides (physiques et en ligne)
Vieillissement de la population française : demande croissante pour des équipements de correction visuelle
Les grandes tendances
Le marché des lunettes et de l'optique a connu d'importantes évolutions post-Covid, marquées par un rebond de l'activité après une période de ralentissement. Près de 1 Français sur 4 a dû repousser ou annuler l’achat de lunettes ou lentilles en raison de la pandémie. Depuis, le marché a su rebondir avec un renouvellement des achats.
Ces dernières années, le marché de l'optique s'associe davantage à l'univers de la mode. Des collaborations avec des designers permettent de créer des collections tendance, faisant des lunettes un véritable accessoire de mode. De nombreuses marques proposent désormais des collections saisonnières et des éditions limitées. Cela renforce l’attrait des lunettes en tant qu’accessoire à part entière.
Les avancées technologiques constantes (verres intelligents, verres multifocaux, etc.) améliorent le confort, la performance et la personnalisation des produits. La demande pour des produits plus esthétiques et de haute qualité reflète l'importance croissante de la santé visuelle et de l'image personnelle.
Les perspectives de l’activité d’opticien
La dynamique positive du marché de l'optique s’explique en partie par l'augmentation des troubles visuels liés au vieillissement de la population, ce qui génère une demande accrue de solutions correctrices. Le renouvellement plus fréquent des équipements, encouragé par la réforme du 100 % Santé, dynamise également le marché.
Dans un environnement concurrentiel, les professionnels doivent innover pour se différencier. Avec la digitalisation croissante du secteur, il peut être intéressant d’opter pour une approche multicanale afin de capter un segment de clientèle sensible aux achats en ligne.
La diversification de son activité avec les équipements auditifs constitue un autre levier de croissance important pour les opticiens. Un choix déjà opéré par de grandes enseignes comme Krys, Alain Afflelou ou Acuitis. En 2024, 12 % des audioprothèses ont été vendues dans un point de vente optique, pour un CA de 200 millions d’euros.
Le service d'opticiens à domicile gagne aussi en popularité. Des réseaux comme Optic 2000 ont été pionniers en proposant ces services dans les zones rurales. D'autres acteurs spécialisés (À Domicile, Les Opticiens Qui Bougent, Les Opticiens Mobiles) mais également des opticiens indépendants se sont lancés sur cette voie.
Conclusion
Le marché des lunettes et de l'optique affiche une croissance constante. Il touche environ trois quarts de la population, qui souffre de divers troubles ou maladies visuelles.
Le chiffre d'affaires d’environ 7,6 milliards d'euros en 2024 provient principalement de la vente de paires de lunettes, distribuée par environ 44 000 opticiens et 13 300 magasins d’optique. Un marché vital pour la santé visuelle des Français.
Avec le vieillissement de la population, la demande de solutions visuelles augmente : 75 % des adultes de plus de 20 ans et 97 % des plus de 60 ans sont équipés de lunettes.
L'année 2023 a été marquée par une croissance record de 4,5 % par rapport à 2022 suivie d’une légère baisse en 2024.
Les prochaines années s’annoncent pleines de défis : hausse des coûts, baisse du pouvoir d’achat des Français, développement des offres à domicile, montée des acteurs e-commerce ou encore récentes réformes concernant le financement de la Sécurité sociale.
Parmi les points d’attention : la loi de Financement de la Sécurité Sociale de 2023 a instauré l’encadrement des marges des distributeurs de dispositifs médicaux. Bien que les opticiens ne soient pas encore concernés, le marché craint que cet encadrement soit étendu aux équipements optiques, ce qui pourrait bouleverser les stratégies commerciales et les marges de l'ensemble des acteurs.














