Compte Pro

Vie d'entrepreneur

Blog

Les étapes clés pour s’installer comme kiné libéral

5 min. de lecture
Mis à jour le 31 Mai 2024
kiné

S'installer en tant que kiné libéral

Marché

Réglementation

Accueil Idées business

En résumé

Pour vous installer en tant que kiné libéral, vous devez :

  • être titulaire du diplôme d’état de masseur-kinésithérapeute ;

  • vous enregistrer au Conseil Départemental de l’Ordre pour obtenir votre numéro RPPS ;

  • vous enregistrer auprès de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) ;

  • souscrire à une assurance responsabilité civile professionnelle ;

  • vous inscrire auprès du CARPIMKO (la caisse de retraites et de prévoyance des auxiliaires médicaux) ;

  • ouvrir un compte professionnel.

Qui peut s’installer en tant que kiné libéral ?

Le diplôme requis

Pour exercer en tant que masseur-kinésithérapeute, vous devez obtenir le diplôme d’État de masseur-kinésithérapeute. Il faut suivre 5 années d’étude (une année de préparation universitaire et 4 ans de formations en IFMK) avant d’obtenir le précieux sésame. 🧑‍🎓

L’accès en institut de formation en masso-kinésithérapie (IFMK) est possible après une première année universitaire :

  • le PASS (parcours d’accès spécifique santé) ;

  • la LAS (licence avec accès santé) ;

  • une L1 STAPS ou biologie avec prépa kiné.

Le coût des études varie selon le statut de l’IFMK (public ou privé).

Attention

Le nombre de places ouvertes en IFMK est fixé par arrêté chaque année (3036 places en 2023-2024).

La réglementation à connaître

L’exercice de la profession est réglementé par le Code de la Santé publique.

  • Il est obligatoire d’être titulaire du Diplôme d’État de masseur-kinésithérapeute enregistré auprès de l’Agence Régionale de Santé (ARS).

  • Il est impératif d’être inscrit au tableau de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes.

  • Tout changement de résidence, de statut professionnel ou d’interruption de plus de 2 ans nécessite un nouvel enregistrement auprès de l’ARS.

  • Il faut obligatoirement s’inscrire auprès de l’Assurance Maladie pour être conventionné.

  • L’inscription auprès du CARPIMKO (la caisse de retraites et de prévoyance et des auxiliaires médicaux) est obligatoire.

  • Le masseur-kinésithérapeute est tenu de respecter la réglementation en matière de conventionnement (tarifs, volume d’actes, prescriptions, etc.).

  • Le cabinet doit respecter les normes de sécurité et d’accessibilité prévues pour les établissements recevant du public (ERP).

Étape 1 : Définir son projet d’installation en tant que kiné libéral

Faire une étude de marché

Pour vérifier s'il y a de la demande en matière de soins de kinésithérapie dans votre ville, vous devez réaliser une étude de marché. Cela vous aidera à déterminer le lieu d'implantation le plus stratégique pour votre futur cabinet de kinésithérapie.

Voici les questions à vous poser :

  • La demande locale : quelle est la demande potentielle pour les services de kinésithérapie dans la région où je souhaite m’installer ? Qui sont les personnes susceptibles de bénéficier de mes services ?

  • La concurrence : quels types de prestation proposent les kinés de la région ? Quelles sont les spécialités manquantes (post-chirurgie, gériatrie, post-cancer, sportifs, petite enfance…) ? Comment me différencier ?

  • La tarification : quels tarifs pratiquent les kinésithérapeutes locaux ? Comment fixer des tarifs compétitifs tout en assurant la rentabilité de mon activité ?

  • Les réseaux de santé : existe-t-il des opportunités de collaboration avec d'autres professionnels de la santé dans la région, tels que des médecins, des chiropraticiens ou des ostéopathes ?

  • L’emplacement du cabinet : quels sont les autres praticiens et spécialistes médicaux présents localement ? Est-ce plus avantageux de s’installer en zone “sous dotée” ou en zone “très sous dotée” ?

  • Les tendances du marché : comment m’adapter aux évolutions du marché ? Quelles sont les tendances émergentes dans le domaine de la kinésithérapie ?

Chiffres clés

Fourchette

Nombre de masseurs-kinés inscrits au tableau de l’Ordre des Masseurs-Kinésithérapeute

97 790

Nombre de masseurs-kinés exerçant exclusivement en salariat

14 594 (14,9 % de l’effectif total)

La patientèle type d’un cabinet

44 % d’actifs

Mode d’exercice des jeunes kinés

85 % se lancent en libéral

Tarif moyen d’un acte de kinésithérapie

16 €

Charges annuelles

Près de 60 % du chiffre d’affaires

Patients par jour

Entre 25 à 30

Faire un business plan

Pour ouvrir votre cabinet en libéral, vous aurez certainement besoin d’un financement. Les banques vous accorderont plus facilement un prêt professionnel si vous avez préparé un business plan solide. Ce dossier permet d’estimer votre rentabilité, d’anticiper les investissements nécessaires et de fixer les objectifs nécessaires à la réussite de votre projet.

📁 Le business plan doit comporter les éléments suivants :

  • Présentation du projet, du concept et de l’équipe ;

  • Étude de marché ;

  • Stratégie commerciale ;

  • Modèle économique aligné sur les besoins du cabinet ;

  • Forme juridique la plus appropriée pour votre exercice libéral ;

  • Prévisions financières détaillées (compte de résultat prévisionnel, plan de financement, chiffre d’affaires prévisionnel, plan de trésorerie).

Est-ce que s’installer en tant que kiné libéral est rentable ?

En moyenne, un kiné libéral gagne 3 000 € nets par mois. Un salaire bien plus intéressant qu’un kiné salarié qui gagne environ 1 350 € en début de carrière.

⚠️ Attention : il faut aussi prendre en compte le volume horaire travaillé et la région d’exercice.

Un kiné libéral doit également payer des charges sur son chiffre d’affaires (en moyenne 60 %). Pour 100 € gagnés, il ne reste plus que 40 € une fois qu’on retire les frais fixes : charges sociales, loyer, factures d’énergie, impôts et taxes, CARPIMKO, rétrocessions éventuelles…

Bon à savoir : le dépassement d’honoraires est plus fréquent à Paris qu’en province.

Étape 2 : Choisir son statut juridique

Un kiné libéral indépendant ne peut pas avoir le statut d’auto-entrepreneur. Le métier de masseur-kinésithérapeute fait partie des professions libérales réglementées, au même titre que les médecins, pharmaciens, infirmiers, etc. 🧑‍⚕️

Pour exercer en tant que kiné libéral, voici les statuts autorisés :

  • Entreprise Individuelle (EI) ou SELASU (Société d’Exercice Libéral à Associé Unique) : pour créer votre cabinet ou reprendre le cabinet d’un confrère et exercer en votre nom propre.

  • SCM (Société Civile de Moyens), SCP (Société Civile Professionnelle) ou SEL (Société d’Exercice Libérale) : pour exercer en groupe en mettant en commun les moyens des différents associés.

La Société d’Exercice Libéral (SEL) se décline sous plusieurs formes :

  • 👤 Si vous êtes seul : SELURL (société d’exercice libéral unipersonnelle à responsabilité limitée) ou SELASU (société d’exercice libéral par actions simplifiées unipersonnelle).

  • 👥 Si vous avez des associés : SELARL (société d’exercice libéral à responsabilité limitée) ou SELAFA (société d’exercice libéral à forme anonyme).

Statut juridique

Avantages 👍

Inconvénients 👎

Entreprise Individuelle (EI)

  • Patrimoine personnel protégé
  • Facilité de gestion
  • Autonomie totale du praticien
  • Responsabilité entière
  • Création payante

Société d’Exercice Libéral (SEL)

  • Statut de salarié
  • Responsabilité limitée à l’apport en capital
  • Patrimoine personnel protégé
  • Formalités de création plus complexes
  • Obligations comptables plus lourdes qu’en SCP

Société Civile de Moyens (SCM)

  • Mise en commun du matériel et des locaux
  • Réduction des dépenses d’installation et d’exploitation
  • Démarches administratives poussées
  • Prise de décision et responsabilités collectives

Société Civile Professionnelle (SCP)

  • Partage des bénéfices
  • Aucun capital minimum
  • Gestion conjointe des aspects financiers
  • Responsabilité solidaire

Étape 3 : Créer son entreprise

Pour créer votre entreprise, il faut suivre plusieurs étapes :

  1. Rédaction des statuts juridiques (à faire soi-même ou avec l’aide d’un avocat) ;

  2. Dépôt du capital social ;

  3. Ouverture d'un compte professionnel pour profession libérale ;

  4. ublication d’un avis de constitution au Journal d’annonces légales (JAL) ;

  5. Immatriculation de la société sur le site du Guichet Unique.

Étape 4 : Prévoir le budget pour s’installer en tant que kiné libéral

Coût d’installation d’un cabinet

En moyenne, prévoyez un investissement initial d'environ 30 000 à 50 000 €, incluant :

  • les frais d'équipement médical ;

  • les aménagements du cabinet ;

  • les démarches administratives.

Assurez-vous d'intégrer ces chiffres dans votre business plan pour anticiper les besoins financiers et assurer la pérennité de votre activité. 📊

Aides financières à la création d’un cabinet de kiné libéral

Si vous vous installez en zone dite “sous-dotée” ou “très sous-dotée”, vous pouvez bénéficier de certaines aides conventionnelles de l’Assurance Maladie.

Il existe 4 dispositifs (non cumulables) :

Dispositif

Objectif

Montant

Contrat d’Aide à la Création de Cabinet de Masseurs-Kinésithérapeutes (CACCMK)

Permet de financer la création ou la reprise d’un cabinet de kinésithérapie

49 000 € versé sur 5 ans

Contrat d’Aide à l’Installation des Masseurs-Kinésithérapeutes (CAIMK)

Permet d’aider le kiné à s’installer dans un cabinet déjà existant

34 000 € versé sur 5 ans

Contrat incitatif Masseur-Kinésithérapeute (CIMK)

Soutient l’activité des kinés installés en zone “sous-dotée” ou “très sous-dotée”

Subvention annuelle de 3 000 € et réduction annuelle de cotisations à hauteur de 2 600 € (sur une durée maximale de 3 ans)

Contrat d’Aide au Maintien de l’Activité des Masseurs-Kinésithérapeutes (CAMMK)

Aide à financer les investissements ou la formation

9 000 € versé sur 3 ans

Bon à savoir

Depuis 2018, afin de limiter les déserts médicaux, un classement régule l’installation dans 5 types de zones :

  • zones surdotées (installation difficile, parfois interdite par l’Agence Régionale de Santé) ;

  • zones très dotées et intermédiaires (installation possible) ;

  • zones sous-dotées et très sous-dotées (installation ouvrant des droits à des subventions).

Vous pouvez également bénéficier d’exonérations fiscales si votre cabinet se situe en Zones de Revitalisation Rurales (ZRR) ou en Zones Franches Urbaines (ZFU).

Étape 5 : Souscrire aux assurances obligatoires

En tant que kiné libéral, vous avez l’obligation de :

  • souscrire à une assurance Responsabilité Civile Professionnelle (RCP) ;

  • souscrire à une assurance “local professionnel” ;

  • vous inscrire auprès du CARPIMKO (la caisse de retraites et de prévoyance et des auxiliaires médicaux), qui gère votre régime obligatoire de prévoyance et de retraite.

Étape 6 : Fixer ses tarifs de consultation

Si vous êtes conventionné, vous devez vous conformer aux tarifs prévus par l’Assurance Maladie. Vous ne pouvez pas les dépasser, sauf en cas d’exigence exceptionnelle du patient (rendez-vous urgent, déplacement à domicile, intervention de nuit, etc.).

En France, en moyenne, une séance de kinésithérapie coûte entre 16 et 30 €, montant qui peut être pris en charge partiellement ou intégralement par l'assurance maladie et les complémentaires santé, selon les conditions de remboursement. Il est important de noter que certains kinésithérapeutes peuvent appliquer des dépassements d'honoraires, notamment dans les zones urbaines ou pour des spécialisations particulières.

🔍 Vous êtes tenu d’afficher, de manière visible et lisible, les tarifs des honoraires que vous pratiquez.

Bon à savoir

Un masseur-kinésithérapeute, qu’il soit conventionné ou non, est libre de fixer ses honoraires en cas d’actes non thérapeutiques (thérapie manuelle, ostéopathie, massage bien-être, etc.).

Étape 7 : Installer son cabinet de masseur-kinésithérapeute

Le choix du cabinet

📍 Plusieurs éléments peuvent vous aider à choisir un emplacement pour votre cabinet de kiné :

  • l’accessibilité ;

  • la proximité avec les prescripteurs potentiels (médecins généralistes ou spécialistes qui réorientent vers votre cabinet) ;

  • les coûts fonciers ;

  • la zone (sur-dotée, très dotée, sous-dotée).

L’achat du matériel

Les choses sérieuses commencent, il va falloir équiper votre cabinet ! 📦

Équipement

Description

Prix moyen

Table de massage électrique

Table réglable en hauteur pour les séances de kinésithérapie

1 000 à 3 000 €

Tabouret ergonomique

Siège ajustable pour le praticien

100 à 300 €

Appareil d'électrostimulation

Utilisé pour les séances de rééducation musculaire

500 à 2 000 €

Matériel de cryothérapie

Dispositifs pour les traitements par le froid

1 500 à 5 000 €

Matériel de thermothérapie

Appareils pour les traitements par la chaleur

1 000 à 3 000 €

Guéridon

Petite table pour disposer les instruments

50 à 200 €

Draps d'examen

Draps jetables pour l'hygiène lors des séances

20 à 50 € par lot

Ordinateur portable

Pour la gestion des dossiers patients et la communication

500 à 1 500 €

Lecteur de carte vitale

Appareil pour la gestion des remboursements de la sécurité sociale

200 à 400 €

Lecteur de carte bleue

Terminal pour les paiements par carte bancaire

100 à 300 €

Mobilier de salle d’attente

Chaises confortables, table basse, magazines, éléments de décoration

500 à 2 000 €

Comment faire connaître son cabinet de kiné ?

Pour vous rendre visible auprès des patients, vous pouvez :

  • Créer un compte Google My Business ;

  • S’inscrire sur Doctolib ;

  • Mettre en place un agenda en ligne (via Doctolib ou une autre plateforme) ;

  • Créer un site web ou une page Instagram (recommandé pour les actes non conventionnés).

Et surtout, la fidélisation des clients repose naturellement sur la qualité de votre travail et sur votre attitude !

Bon à savoir

Théoriquement, le Code de la santé publique interdit aux kinés de faire de la publicité pour leur activité. Mais un décret de 2020 autorise la possibilité de communiquer autour des compétences et pratiques professionnelles.

Article mis en ligne le 31 Mai 2024