Code APE / NAF pour une activité d’ostéopathe : 86.90E
Un ostéopathe est rattaché au code NAF 86.90E qui correspond aux activités des professionnels de la rééducation, de l’appareillage et des pédicures-podologues. Ce code couvre notamment les activités de rééducation sensorielle et motrice, dont l’ostéopathie.
Les kinésithérapeutes, ergothérapeutes, podologues et chiropracteurs sont aussi concernés par cette catégorie. Le code NAF est attribué par l’INSEE lors d’une création d’entreprise pour classifier les différentes professions.
Pour des activités similaires du secteur, on trouve également :
le code NAF 86.22C pour les consultations et soins dispensés par les médecins spécialistes ;
le code NAF 86.90D pour les activités des infirmiers et des sages-femmes.
L'activité de l’ostéopathie
L’ostéopathie est une pratique thérapeutique manuelle visant à diagnostiquer et à traiter les dysfonctionnements de la mobilité des tissus du corps humain. La discipline recouvre l'ostéopathie viscérale, crânienne, structurelle ou musculo-squelettique, énergétique, tissulaire et biodynamique.
Le rôle des ostéopathes est de rétablir l’équilibre et la mobilité du corps afin de stimuler ses capacités d’autoguérison. Les patients consultent aussi bien pour des séances préventives que curatives.
Selon une enquête Odoxa de juin 2024, 53 % des Français ont consulté un ostéopathe au cours des cinq dernières années.
Aujourd'hui, la quête du bien-être constitue une préoccupation majeure. Il y a une prise de conscience généralisée de son importance dans la vie professionnelle, sociale, familiale et personnelle.
L’organisation de l’activité
Cette discipline est pratiquée par les ostéopathes, mais aussi par des praticiens dits non exclusifs comme les masseurs kinésithérapeutes, les médecins et autres professionnels de la santé (infirmiers, sages-femmes, podologues).
Les ostéopathes exercent principalement en cabinet privé, mais aussi en milieu hospitalier, dans des maisons de retraite, ou des centres de rééducation.
En 2024, on comptait 35 916 cabinets installés sur le territoire français. Environ 19 % des ostéopathes disposent d’au moins deux cabinets.
Cette activité peut se pratiquer sous différents statuts juridiques. La SARL (société à responsabilité limitée) et l’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) sont les formes juridiques les plus couramment utilisées pour un cabinet avec des employés. La micro-entreprise est aussi une option juridique envisageable pour ouvrir un cabinet d’ostéopathie.
Selon une analyse de données CIPAV en 2025, 6 236 ostéopathes exerce sous un statut auto-entrepreneur et 12 376 sous le régime BNC. Ce total de 18 705 professionnels actifs représente 33,3 % d’auto-entrepreneurs. On peut constater une hausse de ce chiffre par rapport au 23,6 % du rapport IGAS au 1er janvier 2022.
Les syndicats
L’activité d’ostéopathe est soutenue par plusieurs syndicats comme le Syndicat Français des Ostéopathes (SFDO) et l'Union Fédérale des Ostéopathes de France (UFOF). Ces organisations œuvrent pour la reconnaissance de l'ostéopathie au sein du système de santé et l'amélioration des conditions d'exercice.
Jusqu’en 2024, les ostéopathes étaient enregistrés dans ADELI, le répertoire administratif historique pour diverses professions de santé et assimilées. Depuis octobre 2024, la profession est progressivement intégrée au RPPS. Ce registre unique et plus centralisé des professionnels de santé améliore les méthodes de comptage et comparaisons statistiques.
Le marché de l’ostéopathie
Le contexte du marché actuel
Le marché actuel de l'ostéopathie en France se caractérise par une dynamique contrastée. D’un côté, la demande reste élevée. De l’autre, la concurrence entre praticiens s’intensifie dans de nombreuses zones. Ces dernières années, l’ostéopathie s’est installée dans les habitudes de santé des Français, notamment pour les troubles fonctionnels. Il en découle une augmentation continue du nombre d’ostéopathes.
Il y a aussi des changements dans nos modes de vie. La sédentarité, le stress chronique et les mauvaises habitudes alimentaires contribuant à l'augmentation des troubles fonctionnels alimentent la demande pour les soins ostéopathiques.
En parallèle, l’accès aux soins et le parcours du patient s’améliorent. La prise de rendez-vous en ligne progresse nettement, passant de 56 % des ostéopathes en 2023 à 62,5 % en 2024. La visibilité locale et l’expérience client jouent un rôle de plus en plus important pour se différencier de la concurrence.
Si les séances ostéopathiques ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale, la prise en charge par certaines complémentaires favorise l’accès à ces soins. En effet, 64 % des patients bénéficient d’un remboursement partiel par leur mutuelle. La prise en charge moyenne est évaluée à 50 % des honoraires, souvent avec des plafonds annuels. Une possible fin des remboursements par certaines mutuelles est en discussion.
ostéopathe pour 2 270 habitants en France en 2024
En 2024, le nombre d'ostéopathes conduit à une densité élevée et inégale selon les territoires. Si l’on se réfère seulement au nombre d’ostéopathes actifs (30 122), la densité est de 1 ostéopathe pour 2 270 habitants.
Cette concentration, particulièrement marquée dans certaines zones urbaines, peut peser sur les revenus. Face à cette pression concurrentielle, des praticiens diversifient leurs lieux d’exercice ou rejoingnent des structures pluridisciplinaires.
Évolution du nombre d’ostéopathes
Au cours des dernières années, le nombre d'ostéopathes (inscrits au répertoire ADELI) a augmenté régulièrement, d'environ 2 000 praticiens par an.
Entre 2023 et 2024, il est passé de 39 511 à 41 579, soit +5,2 %. Depuis octobre 2024, la bascule d’ADELI vers le RPPS peut affecter la comparabilité directe des séries d’une année à l’autre. L'encadrement législatif de la profession a joué un rôle important dans son développement. La reconnaissance officielle du titre d'ostéopathe et la standardisation des formations ont renforcé la crédibilité de la discipline.
Selon l’IGAS, 1 831 ostéopathes ont été diplômés en 2021. À partir de 2026, les écoles pourraient délivrer plus de 2 300 diplômes par an avec un flux de nouveaux entrants potentiellement élevé.
Évolution des bénéfices des ostéopathes
23 845 euros : c’est le bénéfice moyen des ostéopathes en 2024. Le bénéfice médian se situe à 19 225 €, soit environ 1 602 euros par mois.
Les bénéfices sont restés relativement stables ces dernières années, à l’exception de l’année 2022 en raison de la crise sanitaire.
Les chiffres de l'UNASA ne tiennent pas compte des micro-entrepreneurs, qui représentent 33,3 % de la profession.
L’environnement réglementaire
L'ostéopathie est une pratique réglementée depuis 2002. Pour exercer, il est obligatoire d'obtenir un diplôme délivré par un établissement agréé et être enregistré auprès de l’Agence Régionale de Santé (avec bascule ADELI vers RPPS depuis octobre 2024).
L’offre sur le marché de l’ostéopathie
Le marché de l’ostéopathie est partagé entre les ostéopathes exclusifs et les ostéopathes non exclusifs.
61,4 % d’ostéopathes exclusifs en 2024
Le secteur de l’ostéopathie est dominé par les ostéopathes exclusifs. Ces porteurs du titre d'ostéopathe ont suivi une formation spécifique de 5 ans dans des établissements agréés par le ministère de la Santé. Leur spécialisation en ostéopathie est poussée, ce qui leur permet d'offrir des soins de qualité entièrement dédiés à cette discipline.
Leurs tarifs, bien que libres, ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale, ce qui peut représenter une limite pour certains patients. Mais de plus en plus de mutuelles et assurances santé commencent à rembourser partiellement ou totalement ce type de consultation.
38,6 % de praticiens non exclusifs en 2024
Les médecins et professionnels paramédicaux peuvent également obtenir le titre d'ostéopathe après avoir suivi une formation diplômante.
La grande majorité des praticiens non exclusifs sont des masseurs-kinésithérapeutes. On retrouve également des médecins et sage-femmes.
Ils sont considérés comme des ostéopathes dits non exclusifs, car ils exercent cette discipline en complément de leur profession principale. Bien qu'ils soient conventionnés, leurs actes d'ostéopathie ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale. Avec les séances d’ostéopathie, les praticiens ostéopathes non exclusifs répondent aux besoins de complémentarité des soins.
Parmi ces professionnels, nombreux sont ceux qui exercent en libéral. Bien que les cabinets individuels soient encore majoritaires sur le territoire, la conjoncture économique pousse de plus en plus d’ostéopathes à pratiquer au sein de cabinets pluridisciplinaires pour partager les charges (loyer, électricité, etc.).
L’étude de la demande
La patientèle des ostéopathes révèle des profils divers, chacun avec des besoins spécifiques. En effet, la demande dépasse largement un seul type de public. Pour preuve, plus d’un Français sur deux déclare avoir déjà consulté un ostéopathe ces 5 dernières années.
Les nourrissons et les enfants
Les jeunes parents consultent fréquemment des ostéopathes pour des problèmes de coliques, de torticolis congénitaux ou de plagiocéphalie chez les nourrissons. Les enfants et les adolescents sont également des patients courants, souvent pour des troubles posturaux, des douleurs liées à la croissance ou des blessures sportives.
Les adultes
Les adultes, particulièrement ceux entre 30 et 50 ans, constituent une part importante de la patientèle. Ils consultent principalement pour des douleurs musculo-squelettiques, telles que les lombalgies, les cervicalgies et les sciatiques, souvent causées par des positions assises prolongées, le stress ou une mauvaise posture au travail.
Les sportifs
Les sportifs amateurs et professionnels recherchent également les soins ostéopathiques pour prévenir les blessures, optimiser leurs performances et faciliter leur récupération après l'effort.
Les femmes enceintes
Les femmes enceintes vont consulter pour des douleurs lombaires, des sciatiques et pour préparer leur corps à l'accouchement.
Les personnes âgées
Les personnes âgées, quant à elles, vont chercher à soulager des douleurs chroniques et améliorer leurs problèmes de mobilité.
Les besoins de ces patients sont variés, mais convergent vers la recherche de soulagement de la douleur, l'amélioration de la mobilité et le bien-être général. Les patients recherchent des solutions non invasives, sans recours systématique aux médicaments, ce qui rend l'ostéopathie attrayante.
L’analyse des canaux de distribution
Plusieurs canaux peuvent aider un cabinet d’ostéopathe à attirer sa patientèle et développer son activité.
Les annuaires en ligne
Il existe plusieurs annuaires gratuits qui référencent les ostéopathes par localité : le registre des ostéopathes de France (ROF). Sur ces annuaires, il est possible de créer une fiche professionnelle gratuite.
Les plateformes de prise de rendez-vous en ligne, comme Doctolib, sont également des outils précieux pour les ostéopathes. Elles augmentent la visibilité des praticiens et simplifient le processus de réservation pour les patients. En 2024, la prise de rendez-vous en ligne est devenue un levier de diffusion majeur. Ce système est en hausse de 6,5 % chez les ostéopathes entre 2023 et 2024.
La création d’un site internet
Avoir un site web professionnel est devenu aujourd’hui indispensable pour présenter un cabinet, le praticien, les spécialités, les tarifs, ainsi que pour faciliter la prise de rendez-vous en ligne. En parallèle, la fiche Google (Google Business Profile) permet de récolter des avis : un canal majeur d’e-réputation !
La présence sur les réseaux sociaux
Les réseaux sociaux constituent un excellent canal pour développer une activité d’ostéopathe. Sur LinkedIn, Facebook ou Instagram, ces réseaux permettent de partager des images du lieu de travail, les services proposés, des conseils, mais aussi sensibiliser les patients à la pratique. Ces dernières années, les contenus pédagogiques deviennent un atout pour se démarquer de la concurrence. Des sujets comme la douleur, la posture, le sport, les nourrissons et autres conseils de prévention attirent la patientèle.
L’Annuaire Santé (RPPS)
Avec la bascule ADELI vers le RPPS, la présence dans l’Annuaire Santé (répertoire public e-santé) devient cruciale. Il s’agit d’un repère officiel supplémentaire pour la visibilité et la fiabilité des informations (identité, lieu d’exercice),
Le réseau
Le contact et les collaborations avec d'autres professionnels de santé comme les médecins généralistes, les kinésithérapeutes, les sages-femmes ou encore les pharmacies sont importants pour développer son activité.
Le réseautage entre professionnels de la santé génère souvent des recommandations directes auprès d’une patientèle et renforce la crédibilité de l'ostéopathe.
Les tendances du marché de l’ostéopathie
Les grandes tendances
Le marché de l'ostéopathie est marqué par plusieurs tendances qui reflètent à la fois l'évolution des besoins des patients et les défis rencontrés par les praticiens sur ce marché concurrentiel. La hausse du nombre de patients soutient la demande tout en élargissant les profils potentiels.
La saturation du marché, particulièrement observable dans les grandes villes où le nombre élevé d'ostéopathes peut rendre difficile pour les nouveaux praticiens d'établir leur clientèle. Cette saturation conduit à une forte concurrence et à une pression sur les prix. Avec un bénéfice médian de 19 225 € en 2024, la viabilité économique de certains cabinets reste fragile, surtout pour les praticiens exclusifs.
Face à ce contexte, les ostéopathes s’adaptent. Certains choisissent de se spécialiser dans des domaines spécifiques comme la pédiatrie, le sport, la gestion du stress ou la santé des femmes. Objectif : se différencier sur un marché en forte concurrence.
Une spécialisation permet non seulement d'attirer de nouveaux patients spécifiquement intéressés par ces domaines, mais aussi de développer une expertise approfondie dans des secteurs où la demande est forte.
L'ostéopathie s'inscrit de plus en plus dans le cadre de la médecine intégrative. Les praticiens cherchent à collaborer avec d'autres professionnels de la santé comme les médecins généralistes, les kinésithérapeutes ou encore les nutritionnistes. Cette approche interdisciplinaire répond aux attentes d’une prise en charge globale de la part des patients.
Les perspectives du marché
Le marché de l'ostéopathie en France devrait continuer à croître, stimulé par la demande croissante pour la médecine douce. Cependant, les ostéopathes devront s'adapter à un environnement concurrentiel en faisant des choix stratégiques pour leur pratique (structures pluridisciplinaires, soins de niche…).
Malgré une stabilité relative des revenus, celle-ci ne suffit pas à compenser l'augmentation des charges. Avec le contexte socio-économique actuel marqué par l'inflation, il est à craindre que les ostéopathes ne puissent pas augmenter les prix des consultations, voire qu'ils subissent une diminution du nombre de consultations. Cette situation pourrait avoir un impact négatif sur leurs revenus à l'avenir.
En 2025–2026, un point d’attention supplémentaire concerne l’incertitude autour du rôle des complémentaires santé. À ce stade, aucune suppression générale du remboursement de l’ostéopathie par les mutuelles n’est actée. Cependant, si ces soins venaient à être exclus, cela pourrait fortement peser sur la demande.
Enfin, la concurrence pourrait rester élevée dans les années à venir. En effet, le flux de nouveaux ostéopathes demeure important avec des estimations autour de 2 300 diplômés chaque année à partir de 2026.
Conclusion
L'ostéopathie en France présente un marché dynamique avec des opportunités de croissance soutenues. La profession a attiré un grand nombre de praticiens au cours des quinze dernières années, que ce soit des ostéopathes, mais aussi d’autres professionnels de la santé.
En conséquence, le nombre d'ostéopathes a quasiment triplé au cours de la dernière décennie pour atteindre 41 579 ostéopathes en 2024. Ce qui a conduit à une densité très élevée par habitant dans certaines régions de France. C’est le cas du Pays basque avec 1 ostéopathe pour 175 habitants. À l’inverse, certaines du département 93 dépassent les 30 000 habitants par ostéopathe. Les disparités se révèlent encore très marquées et interrogent sur la durabilité des pratiques dans les régions saturées.
Le bien-être prend une place de plus en plus importante dans le quotidien des Français. Loin d’être un effet de mode, la forte demande concerne des problématiques concrètes du quotidien. De ce fait, le nombre de consultations ostéopathiques ne cesse d’augmenter au fil des années. Cela s’explique en partie par le remboursement des séances par les mutuelles qui rend l’ostéopathie plus accessible, mais aussi par la démocratisation croissante de la profession. Attention tout de même à l’aboutissement des débats sur le maintien de ces remboursements à l’avenir.
Du côté des ostéopathes, leurs revenus sont restés globalement stables. Mais, depuis 2022, ils doivent faire face à l’augmentation des charges qui a entraîné une baisse des bénéfices moyens dans le secteur. Cette tension économique renforce l’importance d’optimiser l’agenda et de fidéliser la clientèle. La visibilité locale et la prise de rendez-vous en ligne y jouent un rôle clé.
Sur ce marché, les ostéopathes doivent naviguer dans un environnement concurrentiel et s'adapter aux attentes élevées des patients pour prospérer.
















