
La formule de calcul de la valeur ajoutée
La formule de calcul de la valeur ajoutée est la suivante.
À retenir
Valeur ajoutée = marge commerciale + production de l’exercice - consommations de l’exercice en provenance des tiers
✔️ La marge commerciale équivaut à la différence entre le coût d’achat des marchandises et leur prix de vente.
✔️ La production de l’exercice totalise la production vendue, la production stockée et la production immobilisée. Elle correspond à la valeur des biens produits par l’entreprise.
✔️ Les consommations de l’exercice en provenance des tiers incluent les achats de matières premières et les charges externes.
Il existe par ailleurs une formule simplifiée pour le calcul de la valeur ajoutée. Elle est adaptée aux activités de services, qui n’impliquent pas de gestion de stocks.
À retenir
Valeur ajoutée = chiffre d’affaires - consommations intermédiaires
💡 La valeur ajoutée (VA) mesure la richesse créée par une entreprise grâce à son cycle de production. Elle chiffre ainsi la somme disponible pour rétribuer les parties prenantes (salariés, actionnaires, prêteurs, administration, etc.). C’est un indicateur économique clé, qui fait partie des soldes intermédiaires de gestion (SIG).
Exemple
Un boulanger a besoin de 50 € pour produire une fournée de baguettes (électricité, farine, etc.), qu’il vend ensuite pour un total de 100 €. Cette plus-value de 50 € (100 - 50) représente sa valeur ajoutée, qui doit être suffisante pour couvrir ses autres charges (salaires, impôts, amortissements, etc.).
Quelle formule utiliser selon votre activité ?
La formule de calcul de la valeur ajoutée s’adapte à la nature de votre activité. En effet, une entreprise industrielle supporte des coûts de production, tandis qu’un commerce ne réalise généralement que des opérations d’achat-revente. Les éléments à prendre en compte ne sont pas les mêmes.
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Type d’activité |
Formule à privilégier |
Pourquoi ? |
|---|---|---|
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Commerce |
Marge commerciale - consommations en provenance des tiers |
Adaptation à une activité d’achat-revente, sans production |
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Production / industrie |
Production de l’exercice - consommations en provenance des tiers |
Mesure de la richesse créée par le cycle de production |
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Services |
Chiffre d’affaires - consommations en provenance des tiers |
Lecture simplifiée pour une activité sans stock ni fabrication |
Bon à savoir
Vous pouvez aussi calculer la valeur ajoutée à partir du résultat net de l’exercice. Néanmoins, l’application de cette formule est souvent plus complexe.
Valeur ajoutée = résultat net + charges exceptionnelles - produits exceptionnels + charges financières - produits financiers + autres charges - autres produits + charges de personnel + impôts, taxes et versements assimilés + dotations aux amortissements et aux provisions - reprises sur amortissements et provisions + impôt sur les bénéfices.
Comment calculer la valeur ajoutée à partir du compte de résultat ?
Voici un guide pratique qui vous aidera à procéder au calcul de la valeur ajoutée à partir de votre compte de résultat.
Étape 1 : calculer la marge commerciale
La marge commerciale est le premier des soldes intermédiaires de gestion. Vous devez la calculer si vous exercez une activité commerciale. En revanche, elle n’est pas pertinente pour les entreprises de production, qui ne réalisent pas d’opérations d’achat-revente sans transformation. Si c’est votre cas, passez directement à la 2e étape.
Pour mesurer votre marge commerciale, munissez-vous de votre compte de résultat et appliquez la formule suivante.
Marge commerciale = Ventes de marchandises - Coût d’achat des marchandises +/- Variation des stocks de marchandises
Attention
Si vous exercez une activité de production ou de fabrication sur une partie de vos ventes, vous ne devez pas inclure le chiffre d’affaires correspondant à ce stade.
Étape 2 : mesurer la production de l’exercice
Cette deuxième étape vous concerne si votre activité implique la transformation de biens. Sinon, passez directement à la 3e étape.
En suivant la structure du tableau des SIG, vous devez calculer votre production de l’exercice, grâce à la formule ci-dessous.
Production de l’exercice = Production vendue +/- Production stockée + Production immobilisée
💡 Vous pouvez facilement retrouver ces 3 éléments dans la rubrique « Produits d’exploitation » de votre compte de résultat.
Étape 3 : totaliser les consommations en provenance des tiers
Les consommations de l’exercice en provenance des tiers correspondent à des charges en comptabilité. Elles intègrent les achats de matières premières et de fournitures, ainsi que les charges externes (y compris la rubrique « autres charges externes »). En revanche, vous ne devez pas inclure les charges de personnel, les impôts et taxes, ni les dotations aux amortissements.
Bon à savoir
Les consommations en provenance des tiers correspondent aux comptes 60, 61 et 62 du plan comptable général (PCG). Vous devez néanmoins isoler les achats de marchandises, que vous avez inclus dans le calcul de la marge commerciale.
Étape 4 : appliquer la formule de la valeur ajoutée
Vous pouvez ensuite appliquer la formule de calcul de la valeur ajoutée. Selon la nature de votre activité, vous partez de la marge commerciale, de la production de l’exercice ou du chiffre d’affaires. Il vous suffit de déduire les consommations en provenance des tiers de cette base, afin de mesurer votre VA.
Qu’est-ce que les consommations de l’exercice en provenance des tiers ?
Les consommations en provenance des tiers sont un élément clé du calcul de la valeur ajoutée. Derrière cette formulation mystérieuse, elles incluent l’ensemble des achats de matières premières et des services utilisés par l’entreprise dans son cycle de production.
Bon à savoir
On utilise aussi parfois le terme de « consommations intermédiaires », qui correspond à une notion économique, plutôt que comptable.
Les consommations en provenance des tiers incluent notamment :
les achats de matières premières et de fournitures ;
la sous-traitance ;
les loyers ;
les dépenses d’énergie ;
les abonnements divers ;
les honoraires ;
les cotisations d’assurance ;
le transport sur achats et sur ventes.
💡 Ces différents éléments constituent des charges d’exploitation pour l’entreprise.
Valeur ajoutée brute ou nette : quelle différence ?
La valeur ajoutée brute est celle que l’on présente dans cet article. Elle ne tient pas compte de l’usure du matériel utilisé durablement par l’entreprise (les immobilisations).
Exemple
Un boulanger exploite des fours pour produire ses pains. Il a aussi dû s’équiper de présentoirs réfrigérés qui lui permettent de vendre ses pâtisseries et ses sandwichs. Ces éléments sont destinés à une utilisation sur plusieurs exercices comptables : ils constituent des immobilisations.
Le coût d’acquisition de ces actifs est étalé sur leur durée d’utilisation, grâce au mécanisme comptable de l’amortissement. Chaque année, vous enregistrez des dotations, qui ne sont pas incluses dans les consommations en provenance des tiers, et échappent donc au calcul de la VA.
À l’inverse, le calcul de la valeur ajoutée nette implique de déduire les dotations aux amortissements de l’exercice. Elle permet ainsi de tenir compte de la dévalorisation progressive des immobilisations sur lesquelles l’entreprise s’appuie dans son cycle de production.
Exemples de calcul de la valeur ajoutée
Voici quelques exemples qui devraient vous aider à appliquer la formule de calcul de la valeur ajoutée à votre entreprise.
Exemple de calcul de la valeur ajoutée pour un commerce
Une friperie a acheté pour 180 000 € de vêtements au cours de l’année. Son chiffre d’affaires s’élève à 400 000 €, et elle a supporté 70 000 € de consommations en provenance des tiers (loyer, assurances, marketing, etc.). Voici les calculs à réaliser.
Marge commerciale = 400 000 - 180 000 = 220 000 €
Valeur ajoutée = 220 000 - 70 000 = 150 000 €
Exemple de calcul de la valeur ajoutée pour une entreprise de services
Une agence web réalise 120 000 € de chiffre d’affaires. Elle supporte 25 000 € de sous-traitance, 8 000 € de loyers, 4 000 € d’abonnements à des logiciels et 3 000 € d’autres achats externes. Ses consommations en provenance des tiers s’élèvent donc à 40 000 €.
Sa valeur ajoutée est de 120 000 - 40 000 = 80 000 €.
Exemple de calcul de la valeur ajoutée pour une activité de production
Le chiffre d’affaires annuel d’une entreprise industrielle s’élève à 200 000 €. Elle a dépensé 60 000 € en achats de matières premières et 20 000 € en services extérieurs divers. Sa valeur ajoutée brute est donc égale à 120 000 € (200 000 - 60 000 - 20 000). Elle doit lui permettre de payer ses salaires, ses cotisations sociales, ses impôts, etc.
Pour aller plus loin, le dirigeant peut calculer sa valeur ajoutée nette. Cet indicateur est pertinent dans le cadre d’une activité industrielle, qui implique souvent des investissements conséquents. Les dotations aux amortissements de l’exercice s’élèvent à 8 000 €. La VA nette est donc égale à 112 000 € (120 000 - 8 000).
Comment interpréter la valeur ajoutée ?
Le calcul de la valeur ajoutée ne doit pas être une finalité. La réelle plus-value de votre travail doit se situer dans l’interprétation du résultat obtenu. Cet indicateur doit vous permettre de prendre les bonnes décisions, en adaptant votre stratégie aux performances de votre activité.
Valeur ajoutée élevée, faible ou négative : quelles conclusions ?
Une valeur ajoutée positive montre que l’entreprise crée de la richesse. C’est essentiel pour garantir sa pérennité, mais ce n’est pas suffisant. Sa VA doit être assez élevée pour être répartie entre les différents acteurs impliqués directement ou indirectement dans son développement.
Les salariés, qui perçoivent leur rémunération.
Les actionnaires, sous forme de dividendes.
L’État et les organismes publics (impôts, taxes, cotisations sociales).
Les prêteurs (intérêts des emprunts).
Une valeur ajoutée trop faible témoigne de difficultés financières, qui requièrent des actions correctrices.
Bon à savoir
Pour évaluer vos performances, comparez-vous aux autres entreprises de votre secteur. Vous pouvez calculer votre taux de valeur ajoutée (valeur ajoutée / chiffre d’affaires) pour faciliter ce travail.
Une valeur ajoutée négative traduit en revanche une activité non rentable. Elle ne vous permet pas de payer vos salariés, vos cotisations et vos impôts sans puiser sur vos réserves financières. Une telle situation ne peut pas être pérenne, et requiert donc une correction rapide.
Bon à savoir
La valeur ajoutée est un indicateur de rentabilité. Elle ne vous assure pas que votre entreprise disposera des ressources financières nécessaires pour mener son activité. Pour cela, vous devez suivre votre trésorerie nette, en calculant notamment votre besoin en fonds de roulement (BFR).
Comment améliorer sa valeur ajoutée ?
Votre valeur ajoutée est trop faible, voire négative ? Voici plusieurs leviers que vous pouvez actionner pour tenter de l’améliorer.
Augmenter vos prix.
Optimiser vos coûts d’achat, en négociant les tarifs de vos fournisseurs.
Réduire vos autres dépenses (consommations intermédiaires).
Développer vos ventes, grâce à des actions de marketing ou de publicité, par exemple.
Limiter votre dépendance à la sous-traitance en internalisant un maximum de tâches (tout en gardant la maîtrise de votre masse salariale).
Une valeur ajoutée suffisante est la base d’une entreprise solide. Pensez à suivre cet indicateur régulièrement 😉.

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