Code APE / NAF d’une entreprise de nettoyage : 8121Z
Le code NAF d’une entreprise de nettoyage est 8121Z.
Ce code vise les opérations de nettoyage courant des bâtiments :
les locaux en milieu résidentiel (parties communes d’immeubles) ou en milieu hôtelier (propreté des hôtels et résidences de vacances)
les locaux professionnels (entretien des bureaux, des locaux commerciaux, des équipements collectifs et des usines).
Il est attribué par l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) à toutes les entreprises qui exercent cette activité de manière artisanale ou industrielle.
Le groupe d’activités 81.2 comporte 3 autres codes NAF pour toutes les activités liées à une entreprise de propreté :
8122Z : Autres activités de nettoyage des bâtiments et nettoyage industriel (nettoyage spécialisé de bâtiments sensibles, lavage de vitres, ramonage, nettoyage extérieur et nettoyage de cuves)
8129A : 3D (désinfection, dératisation, désinsectisation)
8129B : Autres activités de nettoyage (nettoyage des voies et des véhicules de transports collectifs)
L'activité d’une entreprise de nettoyage
Les prestations de nettoyage constituent des services aux entreprises ou à la personne. Le nettoyage la majeure partie du chiffre d’affaires du secteur qui développe en parallèle des services associés (préparation de salles de réunion, gestion des déchets, manutention, etc.).
La Fédération des entreprises de propriété, d’hygiène et services associés encourage le travail en continu et/ou en journée. Aussi, seulement 16 % des salariés travaillent entre 20h et minuit.
L’organisation de la profession
Le marché du nettoyage en France est caractérisé par des extrêmes :
Les petites structures, à caractère familial ou unipersonnelles, gèrent le nettoyage des locaux d'habitation, des immeubles et des commerces.
Les entreprises de taille moyenne prennent le marché du nettoyage des grands immeubles collectifs.
Les grandes entreprises de nettoyage génèrent les 3/4 du chiffre d'affaires du secteur, mais représentent moins de 5 % du nombre de sociétés. Elles se focalisent sur le nettoyage des locaux commerciaux, des usines, ainsi que le nettoyage spécialisé (centrales nucléaires, hôpitaux, etc.).
salariés travaillent dans le secteur du nettoyage en France
En réalité, le nombre de personnes qui travaille est bien supérieur en tenant compte de toutes les entreprises individuelles. La profession est plutôt féminine (64 %) et 69 % des emplois sont à temps partiel. C’est une activité facilement accessible à un personnel peu qualifié.
85 % des entreprises ont moins de 50 salariés !
Au niveau des grandes entreprises, la tendance est à la concentration du marché via des opérations de croissance externe. Les grands groupes français de facility management tels que Samsic ou Onet diversifient leurs services aux entreprises avec non seulement le nettoyage mais aussi des prestations d’accueil, de sécurité et de logistique.
Les fournisseurs
Côté fournisseurs, les entreprises nouent des partenariats au niveau de l'équipement, des machines et des produits d’entretien. Entre efficacité, gain de temps et produits écologiques, les nouveautés dans ce secteur sont nombreuses. Certaines pratiques requièrent un processus et des produits spécifiques (traitement des déchets, période de crise sanitaire).
Le salon Interclean Amsterdam est le salon mondial pour trouver des nouveaux produits et nouer des partenariats.
Les syndicats
La profession est organisée autour de la FEP, la Fédération des entreprises de propreté, d’hygiène et services associés. Elle est soutenue par le FARE PROPRETÉ (fonds d’innovation pour la propreté), le GEIQ Propreté (Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification) et OC Propreté (organisme certificateur).
Le marché du nettoyage
Le contexte du marché
Le marché du nettoyage est globalement en croissance. Si le secteur a souffert de la désertion des bureaux en 2020, la crise sanitaire a surtout montré toute l’utilité d’un nettoyage efficace des locaux.
Le recrutement constitue l’un des enjeux du secteur. Les entreprises doivent scruter leurs marges, entre hausse des salaires et stabilité des prestations facturées aux clients, en raison d’une concurrence forte. En effet, le marché est hyper concurrentiel.
Néanmoins, le nombre de défaillances en 2023 se maintient à 1,9 %, un niveau comparable à celui d’avant la crise sanitaire (2,3 % en 2019). Cela s’explique notamment par les rattrapages des aides accordées durant la crise de 2020, l’inflation qui touche à la fois les salaires, les charges et les prix du matériel et des produits d’entretien, ainsi que des entreprises clientes qui cherchent à maîtriser leurs dépenses.
En raison de la part importante des salaires dans la valeur ajoutée, le taux de marge est faible. Les charges de personnel constituent l’essentiel des dépenses avec une augmentation de 17 % en 4 ans. La forte concurrence entraîne une pression sur les prix facturés.
Les entreprises de propreté peuvent intervenir dans tous les environnements professionnels : bureaux, immeubles, commerces, hôpitaux, sites industriels, établissements scolairse, hôtels et restaurants, etc.
Au-delà du ménage courant des locaux, ces entreprises développent des prestations annexes auprès de leurs clients : facility management, préparation des salles de réunion, gestion du courrier, manutention, gestion des déchets, entretien du bâtiment et des espaces verts, etc.
Évolution du nombre d’entreprise de propreté
Le nombre d’entreprises de nettoyage ne reflète pas les spécificités du secteur : 43 % du chiffre d’affaires du secteur est réalisé par les 50 premières entreprises.
Ces dernières années, le nombre de créations d’entreprise diminue et le nombre de défaillances augmente.
Le secteur du nettoyage est très polarisé :
Les entreprises de moins de 50 salariés représentent 85 % des entreprises du secteur.
Les entreprises de plus de 250 salariés concentrent une part plus importante de l’emploi avec 54 % des salariés du secteur.
Seules 15 514 entreprises ont un salarié ou plus. Les autres structures sont des micro-entreprises.
Évolution du nombre de créations et de fermetures
Le solde création-défaillance reste positif. Toutefois, le secteur de la propreté fait face à de nombreux défis.
25 % des entreprises ont plus de 10 ans, avec une ancienneté moyenne de 6 ans.
entreprises de nettoyage créées en 2023
Nombre de création et de défaillance d’entreprise de nettoyage
|
Année |
Création |
Défaillance |
|---|---|---|
|
2023 |
6647 |
3139 |
|
2022 |
8268 |
3592 |
|
2021 |
7653 |
2766 |
|
2020 |
6260 |
1773 |
|
2019 |
5746 |
1301 |
|
2018 |
4435 |
39 |
Évolution du chiffre d’affaires des entreprises de nettoyage
c'est le chiffre d'affaires du secteur en 2024
Le secteur connaît une croissance régulière de son chiffre d’affaires depuis plus de 10 ans – sauf en 2020, année de la pandémie.
Cette évolution est portée largement par l’externalisation des services par les entreprises. En effet, 80 % des entreprises françaises confient le nettoyage des locaux à des prestataires extérieurs. Ce chiffre augmente constamment (68 % en 2009, 76 % en 2015). L'industrie, la santé et le secteur public ont suivi la tendance initiée par les bureaux.
|
Année |
Chiffre d'affaires en euros |
|---|---|
|
2024 |
20 763 000 |
|
2023 |
19 907 000 |
|
2022 |
19 141 000 |
|
2021 |
17 808 000 |
|
2020 |
16 353 000 |
|
2019 |
17 273 000 |
|
2018 |
15 847 000 |
|
2017 |
15 297 000 |
|
2016 |
14 051 000 |
L’environnement réglementaire
La réglementation dans le secteur du nettoyage concerne essentiellement l’utilisation des produits chimiques et le respect des règles de sécurité. Ces règles visent à garantir la santé de tous les salariés : ceux des entreprises de nettoyage comme ceux des entreprises qui les sollicitent.
La norme ISO 9000 (Qualipropre, norme NF Environnement…) permet de se démarquer des autres entreprises de nettoyage du marché.
👉Pour en savoir plus consultez notre guide sur la réglementation du nettoyage
L'offre en propreté
Le secteur du nettoyage en France est dominé par un grand nombre d’acteurs individuels, quelques PME familiales et un petit nombre de grands groupes, qui se partagent la majeure partie du marché de la propreté.
Répartition des parts de marché dans le secteur de la propreté, selon la taille de l’entreprise
|
Typologie entreprise |
Parts de marché |
|---|---|
|
TPE / PME |
96 % |
|
ETI |
4 % |
96 % : les TPE / PME
Les TPE / PME (de 1 à 250 salariés) représentent 96 % du marché de la propreté. Ce sont essentiellement des entreprises familiales, transmises de génération en génération.
43 % de leur activité concerne le nettoyage des bureaux et 27,5 % concerne les immeubles. Il est donc essentiel de créer des connexions avec les syndics de copropriété et/ou les conseils syndicaux.
Les grandes entreprises du secteur ont fréquemment recours à des petites structures indépendantes du secteur de la propreté, qui collaborent en tant que sous-traitantes.
4 % : les ETI et grandes entreprises
Les ETI (de 250 à 5000 salariés) représentent 4 % du marché.
Les entreprises de plus de 250 salariés concentrent 54 % des emplois.
Le chiffre d’affaires est réalisé à 34 % dans le nettoyage des bureaux et à 20 % dans le nettoyage d'immeubles.
On retrouve dans cette catégorie des entreprises spécialisées dans le nettoyage (+90 % de leur chiffre d'affaires) mais aussi des groupes diversifiés (50 % à 90 % du chiffre d’affaires est généré par le nettoyage). Enfin, d’autres entreprises ont une activité minoritaire dans la propreté.
Les 4 premières entreprises réalisent des chiffres d’affaires autour d’un milliard € : Onet, GSF, Atalian, Samsic.
Elles sont en capacité de répondre aux gros appels d’offres publics et de diversifier facilement leurs services.
Focus marchés publics
1 900 marchés publics sont publiés chaque année. Ces marchés génèrent 25 % du chiffre d’affaires total.
La notation des appels d’offres pour les marchés publics se compose en moyenne :
du prix pour 44 %,
de la technique pour 47 %
de clauses dédiées au développement durable (social, sociétal & environnemental) pour 9 %.
L’allotissement accorde une part importante de marchés publics aux PME.
L'étude de la demande
Besoins et attentes des clients
En 2025, 96 % des Français considèrent la propreté et l’hygiène indispensables dans les lieux recevant du public.
88 % des Français estiment que les entreprises de nettoyage jouent un rôle essentiel pour garantir la santé et la sécurité sanitaire. 80 % pensent que la propreté permet efficacement de limiter la propagation des virus.
1 personne sur 2 a relevé son niveau d’exigence en matière d'hygiène et de propreté depuis 2020.
La propreté est le 1er facteur d'attention sur le lieu de travail (74 %), devant la luminosité (31 %) et le niveau sonore (30 %). Propreté et hygiène jouent sur la santé des collaborateurs pour 92 % des personnes et sur la qualité de vie et le bien-être au travail pour 88 %.
Comportements des clients
90 % des Français considèrent que le travail des agents de propreté et des entreprises de nettoyage devrait être plus valorisé et plus reconnu.
Plus des ⅔ sont favorables au travail en continu et en journée pour améliorer les conditions de travail des salariés du secteur. C’est aussi un des grands enjeux pour l’attractivité du monde de la propreté.
Montant des prestations
La croissance du chiffre d’affaires dans le secteur correspond plus à une augmentation des volumes et à une diversification des activités en valeur qu’à une augmentation des prix. En effet, les clients publics et privés se montrent réticents à revaloriser les prix, malgré les coûts supplémentaires supportés par les entreprises de nettoyage (salaire, charges, produits et matériel).
L'analyse des canaux d'acquisition
L’entretien courant des entreprises se divise principalement :
les bureaux ;
les immeubles ;
les locaux industriels ;
les commerces.
Le secteur privé représente 75 % du marché contre 25 % pour le public.
Répartition des parts de marché dans le secteur de la propreté, selon la taille de l’entreprise
|
TPE |
PME |
GE |
|
|---|---|---|---|
|
Bureaux |
45 |
41 |
34 |
|
Immeubles |
23 |
32 |
20 |
|
Industries |
7 |
6 |
10 |
|
Commerces |
4 |
3 |
5 |
|
Établissements scolaires |
3 |
3 |
7 |
|
Santé |
2 |
3 |
43 |
|
Autre (hôtellerie, transports, etc) |
16 |
12 |
21 |
|
TOTAL |
100 % |
100 % |
100 % |
En fonction de votre secteur géographique, étudiez le marché local compte tenu du nombre d’entreprises, d’immeubles, de commerces présents, ainsi que la concurrence présente sur chaque segment. Vous devrez identifier les besoins non satisfaits.
Les tendances du secteur de la propreté
En résumé :
Le secteur de la propreté est en croissance en termes de chiffre d’affaires depuis la pandémie, qui a amélioré son image et son importance.
Les enjeux se situent principalement sur les marges, en raison d’une forte concurrence, quel que soit le type d’entreprise.
Les grandes tendances
Les augmentations de salaire rognent les marges. Malgré les tensions inflationnistes et l’impact des revalorisations salariales, les entreprises du secteur doivent contenir leurs revalorisations tarifaires pour rester compétitives, ce qui nuit à leurs marges.
Confrontée à d’importantes difficultés de recrutement, la filière devra faire évoluer l’organisation de ses prestations (travail en continu et en journée notamment).
En outre, le secteur de la propreté travaille sur la formation professionnelle et la certification des expériences.
Les innovations technologiques sont importantes. À la clef : des gains d’efficacité et un confort pour les travailleurs. On Il s’agit par exemple des robots de nettoyage et des outils connectés pour suivre en temps réel les interventions et optimiser les ressources. La modernisation du secteur passe ainsi par la cobotique, la collaboration entre humains et robots, pour une certaine automatisation de la propreté.
Dernier point crucial : adopter des pratiques respectueuses de l’environnement et de la santé. Pour cela, les entreprises peuvent utiliser des produits éco-labellisés, diminuer la consommation d’eau ou recycler les déchets. Les clients sont demandeurs de certifications reconnues et de solutions dans une logique RSE (responsabilité sociétale des entreprises). La qualité de l’air intérieur fait désormais partie des données scrutées par les salariés.
Nettoyage écologique et nettoyage digitalisé apparaissent comme les deux nouveautés du secteur.
Les perspectives du secteur
Dans un contexte de concentration et de réduction des marges, les professionnels du secteur doivent déployer de nouvelles stratégies :
diversification reposant sur le développement de services associés : accueil, sécurité, maintenance, dépannage, entretien des espaces verts, gestion des déchets, etc.
spécialisation sur une niche d’activité : certaines entreprises de nettoyage se démarquent de leurs concurrents en se spécialisant sur des cibles à forte valeur ajoutée (usines chimiques, centres nucléaires, hôpitaux, transports, etc).
la gestion de contrats multi-sites, afin de renforcer leur notoriété et de réduire les risques liés à la fermeture d’un établissement pour les grandes entreprises, en mesure de couvrir l’ensemble du territoire.
le développement du segment des particuliers : ménage, livraison des courses, soutien scolaire, garde d’enfants, etc.
le développement du nettoyage à l’usage par des contrats de prestations ajustables aux besoins.
Conclusion
Le secteur de la propreté est caractérisé par l’éclatement de l’offre entre plusieurs grandes entreprises à plus d’un milliard d’euros et de nombreuses TPE et PME. Le nettoyage courant reste une activité indispensable, en croissance continue depuis 10 ans (hormis en 2020).
Cependant, le secteur fait face à de nombreux défis, à commencer par les marges. Plus l’entreprise grandit, plus la part allouée aux salaires augmente et plus la marge s’affaiblit. Les difficultés de recrutement sont importantes, alors même que le métier ne nécessite pas de formation initiale particulière. Dans ce contexte, les entreprises doivent améliroer les conditions de travail (journée continue, travail en journée, formation, santé au travail).
La situation économique générale, marquée par l'inflation, contraint également les entreprises clientes à piloter leurs achats au plus juste. Cela prive les entreprises de nettoyage de marge de manœuvre sur leur politique de prix, dans un contexte de concurrence élevée.
Face à ces enjeux, les entreprises de nettoyage doivent s'adapter en diversifiant leur offre (vers les particuliers, vers des services connexes). Et miser sur la technologie, la certification écologique et la digitalisation pour se différencier.















