Étude de marché coiffure

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Étude de marché de la coiffure couverture
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Les chiffres clés du marché de la coiffure

111 117

entreprises en 2024

548,92 €

chiffre d’affaires moyen par jour 2025

177 964

actifs dans la coiffure en 2023 dont 23 198 apprentis

9 820

immatriculations en 2024

1 122

défaillances en 2024

66 %

des entreprises de coiffure n’ont pas de salarié

Dans cet article

Code APE / NAF de la coiffure : 96.02A

Le code NAF des salons de coiffure est 96.02A. Il couvre le lavage, la coupe, la mise en plis, la teinture, la coloration, l'ondulation, le défrisage de cheveux et les services analogues pour hommes et femmes, ainsi que le rasage et la taille de la barbe.

Il est attribué par l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) à toutes les entreprises qui exercent cette activité de manière artisanale ou industrielle.

Il existe également des codes NAF spécifiques pour d'autres activités proches du secteur de la coiffure :

  • 96.02B : soins de beauté

  • 96.04Z : entretien corporel

  • 32.99Z : fabrication de perruque

L'activité d’un salon de coiffure

Activité de service destinée aux particuliers, la coiffure représente le 2e secteur de l'artisanat en France.

La coiffure reste dominée par la coupe (73,83 %). Les soins (30,45 %), la coloration (25,84 %) et les mèches (12,47 %) complètent les prestations et peuvent se conjuguer – d’où un total supérieur à 100 %. La vente de produits représente 13 % du chiffre d’affaires.

On distingue différents types de prestataires :

  • Les salons de coiffure indépendants représentent 62,5 % du secteur. 

  • Les salons de coiffure sous enseigne ou franchise représentent 7 % du secteur. Ils bénéficient de la notoriété d’une marque, d’emplacements privilégiés dans les centres commerciaux ou les centres-villes et d’une mutualisation des frais de marketing.

  • Les prestations de coiffure à domicile : En plein développement, les coiffeurs à domicile offrent une flexibilité dans les horaires. Ils peuvent également se rendre dans les maisons de retraite ou les hôtels. Les prestations comprennent la coupe mais aussi la coloration, les coiffures de mariage, etc. La coiffure à domicile représente désormais 30,5 % du secteur en France.

  • La location de fauteuil : un coiffeur indépendant loue un fauteuil dans un salon. Ainsi, il peut accueillir sa clientèle dans de bonnes conditions tout en mutualisant les coûts fixes. L'avantage pour le salon ? L’optimisation de son remplissage. Une activité en plein essor depuis 5 ans, qui concerne 1,5 % des salons en 2022.

Bon à savoir

17 % des salons proposent des services esthétiques annexes comme les soins du visage, des ongles, du maquillage.

L’organisation de la profession

Le marché de la coiffure en France se caractérise par un grand nombre d’entreprises, essentiellement des petites structures.

66 %

des entreprises n’ont aucun salarié (entreprise individuelle en micro-entreprise ou non) en 2024. 20,5 % des salons emploient 1 à 2 salariés, tandis que 1,5 % des salons emploient plus de 10 salariés en 2023. 

Les fournisseurs

Côté fournisseurs, les coiffeurs nouent des partenariats avec des marques de produits de coiffure professionnels. Ils vendent ces produits dans les salons pour compléter leur offre et augmenter leur panier moyen.

En parallèle, l’équipement et les appareils (sèche-cheveux, bacs à laver, sièges massants, etc.) connaissent quelques évolutions technologiques. La plupart des franchises imposent un changement régulier de matériel pour adapter et uniformiser le style des salons.

Les syndicats

La profession s’organise autour de la CNEC (Conseil national des entreprises de coiffure) et de l’UNEC (Union nationale des entreprises de coiffure). Ces organismes défendent les intérêts des salons de coiffure, auprès des pouvoirs publics, notamment en matière de réglementation.

La convention collective de la coiffure porte le numéro IDCC 2596.

Le marché des coiffeurs 

Le contexte du marché

L’inflation et les difficultés économiques font de la coiffure un des premiers postes supprimés dans le budget familial. Pour autant, elle résiste plutôt bien, même si les rendez-vous s’espacent et que les ventes de tondeuses pour les particuliers augmentent.

+ 9,6 %

de défaillances en 2024

En 2024, la hausse de défaillance est encore élevée pour les entreprises de coiffure avec 1 122 fermetures d’entreprises, en hausse de 9,6 % sur un an.

Le secteur de la coiffure reste toutefois solide. En 2024, le nombre de défaillances tous secteurs confondus a augmenté de 16 % par rapport à 2023 – un taux inférieur à celui des entreprises de coiffure.

Évolution du nombre de défaillances dans la coiffure

Année

Défaillance

2018

862

2019

859

2020

403

2021

411

2022

723

2023

1 014

2024

1 122

En parallèle, le nombre de création d’entreprises reste très largement au-dessus du nombre de défaillances. Ce secteur d’activité attire donc beaucoup d’entrepreneurs.

Bon à savoir

les défaillances des années 2020 et 2021 sont artificiellement basses, compte tenu des mesures de soutien à l’économie pendant la crise sanitaire. Elles augmentent ensuite chaque année depuis pour retrouver en 2024 un niveau équivalent à celui de 2015 (1 106 défaillances).

Évolution du nombre de salons de coiffures en France

Le nombre de créations de salons de coiffure croît de manière régulière.

+7 365

salons de coiffure en 10 ans

On compte 7 365 salons de coiffure en plus en 10 ans (62 191 en 2014 contre 69 556 en 2024). Dans le même temps, La coiffure à domicile s’est développée avec 18 309 coiffeurs en 2014 contre 31 501 en 2024.

3 établissements du secteur sur 5 se trouvent dans les 5 grandes régions :

  • Île-de-France (16% des établissements),

  • Auvergne-Rhône-Alpes (12%),

  • Occitanie, PACA et Nouvelle-Aquitaine (10%).

Le nombre de micro-entreprises dans la coiffure connaît un essor important. On en dénombrait 20 504 en 2017, elles sont 31 229 en 2023. En 2021, 89 % des micro-entrepreneurs sont des femmes. La tranche d’âge des 30-49 ans est la plus nombreuse (62 % de l’ensemble des micro-entrepreneurs).

Évolution du nombre de créations 

De 2009 à 2015, les créations d’entreprise sont restées stables, autour de 9 000 nouvelles entreprises. Le nombre d’immatriculations a été au plus bas lors de la pandémie de Covid (7 203 en 2020) pour repartir à la hausse ensuite.

Année

Création

2018

7 443

2019

7 937

2020

7 203

2021

7 594

2022

8 063

2023

8 926

2024

9 823

Évolution du nombre de créations, de fermetures et de défaillances - coiffure

En dépit de la croissance des défaillances depuis 2 ans, le solde net (créations - fermetures) reste globalement. Cela signifie que le nombre d’ouvertures d’entreprises de coiffure dépasse les fermetures.

La défaillance n’est pas la seule cause de fermetures. Ainsi, de nombreux coiffeurs revendent leur commerce pour diverses raisons (départ à la retraite, choix de la coiffure à domicile, reconversion, etc.).

Année

Défaillance

Création

Fermeture

2018

862

7 443

7 455

2019

959

7 937

7 153

2020

403

7 203

6 945

2021

411

7 594

7 136

2022

723

8 063

7 525

2023

1 014

8 926

8 236

2024

1 122

9 823

8 149

Évolution du chiffre d’affaires dans la coiffure

Les salons de coiffure réalisent en moyenne un chiffre d’affaires de 548,92 € par jour.

Chiffre d’affaires du secteur en indice - Base 100 en 2021

2024

118,88

2023

114,14

2022

108,53

2021

100

2020

83,79

L’environnement réglementaire

La réglementation du secteur de la coiffure garantit la sécurité et la santé des clients. Les normes sont de plus en plus strictes notamment concernant :

  • la formation initiale et continue du personnel ;

  • les mesures strictes d’hygiène et de sécurité ;

  • l’obligation de souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle.

L'offre en coiffure

Le secteur de la coiffure en France est constitué de coiffeurs indépendants (majoritaires), en franchise ou non, et de coiffeurs à domicile. Une nouvelle tendance émerge depuis quelques années, avec un concept hybride entre coiffeur indépendant et salon avec la location de fauteuil.

Le marché de la coiffure présente plusieurs forces :

  • l’intérêt des Français pour leur apparence physique, notamment chez les hommes ;

  • la diversification des prestations avec la vente de produits et les soins esthétiques ;

  • la digitalisation du secteur : accueil sans rendez-vous, prise de rendez-vous sur des plateformes digitales, partenariat avec des influenceurs, exploitation des réseaux sociaux ;

  • le développement d’offres low cost et d’offres haut de gamme ;

  • l’adaptation aux nouvelles habitudes de consommation : amplitude horaire, coloration végétale, etc.

Les points de vigilance proviennent de :

  • la forte concurrence du secteur de la coiffure avec un nombre important de coiffeurs et de barbiers ;

  • les difficultés de recrutement du secteur ;

  • l’essor du DIY (do it yourself) depuis la pandémie, portée par les tutos sur les réseaux sociaux et les ventes de tondeuses et autres appareils à lisser, à boucler, etc.

  • la volatilité des clients qui ont de plus en plus souvent recours à des comparateurs et sites d’avis clients.

Les atouts pour résister résident dans l’innovation, la qualité du service pour fidéliser la clientèle, le positionnement prix pour une prestation qualitative.

Répartition par offre de services

La coiffure reste dominée par la coupe (73,83 %). Les soins (30,45 %), la coloration (25,84 %) et les mèches (12,47 %) complètent les prestations. La vente de produits représente 13 % du chiffre d’affaires.

Parmi les nouveaux services proposés en 2023, viennent principalement :

  • le massage crânien / capillaire : 14 % ;

  • le lissage : 10 % ;

  • les soins au botox : 10 % ;

  • la coloration végétale : 8 % ;

  • le hair Spa / head Spa : 5 %.

L'étude de la demande

Besoins et attentes des consommateurs

Les Français se sont rendus en moyenne 6 fois par an chez le coiffeur en 2024 contre 6,7 fois en 2023.

La fidélisation est un enjeu majeur pour les coiffeurs, d’autant que les clients semblent ne pas tous attachés à un salon en particulier. Aussi, la fidélisation après le 1er rendez-vous est de 33,48 % en 2025 et de 26,16 % après le 2e rendez-vous. En clair, après une première visite dans un salon, un tiers seulement des clients reviennent au même endroit. Face à une forte concurrence, les salons de coiffure ont tout intérêt à se différencier, par exemple avec des prestations complémentaires (massage du cuir chevelu, fauteuils massants, etc.), pour faire revenir leurs clients.

Autre tendance : le développement du télétravail permet de lisser les rendez-vous en semaine et de transformer le samedi en journée moins dense.

Les prix doivent être justifiés par une expertise et un savoir-faire de qualité. Se rendre chez le coiffeur reste un acte important dans le budget beauté. Or, les consommateurs cherchent à revenir moins régulièrement pour limiter les coûts.

Bon à savoir

Entre juin 2022 et juin 2023, plus de 2 Français sur 3 ont renoncé à se rendre chez le coiffeur pour préserver leur budget.

Habitudes d'achat des consommateurs

Le secteur femme représente environ 70 % du CA hors produits complémentaires et le secteur homme 30 %.

Le Do it Yourself (DIY) s’est démocratisé au fil des années et explique en partie la baisse de fréquentation dans les salons. En effet, les habitudes des consommateurs évoluent pour tenter de réduire leurs dépenses. Cela se traduit par l’achat de tondeuses pour réaliser des coupes pour hommes à domicile, mais aussi de produits de coloration à utiliser à la maison. Les appareils de coiffure tels que les lisseurs sont également plébiscités, là encore pour réduire la fréquence des rendez-vous chez le coiffeur.

En parallèle, la mode de la barbe chez les hommes engendre un développement du service de barber. Ainsi, les barber shops se multiplient, proposant en parallèle une prestation de coiffure pour les hommes, qui vient concurrencer les salons de coiffure traditionnels.

Panier moyen

En 2025, le ticket moyen pour une femme s’élève à 65,93 € contre 27,86 € pour les hommes. Le panier moyen pour les produits complémentaires atteint quant à lui 26,04 €.

L'analyse des canaux de distribution

Salons de coiffure indépendants

Les salons de coiffure indépendants représentent près de 62,5 % de l’offre. Le développement d’une clientèle locale et fidèle est un atout indispensable pour réussir, sachant que le taux de fidélisation après une première visite, tous coiffeurs confondus, n’est que de 33,48 %.

Les difficultés de recrutement pèsent sur les salons de coiffure. Passé quelques années d’expérience, un coiffeur salarié peut vouloir se lancer en micro-entrepreneur ou pour gagner en liberté sur ses horaires et développer sa propre clientèle.

Salons en coiffure en franchise

Les salons de coiffure franchisés représentent 7 % du secteur en 2023. De nombreuses marques sont présentes dans toute la France comme :

  • Franck Provost (apport personnel de 40 000 €, investissement total de 150 000 €)

  • Camille Albane (apport personnel de 40 000 €, investissement total de 50 000 €)

  • Dessange (apport personnel de 90 0000 €, investissement total de 150 000 €)

  • Saint Algue (apport personnel de 30 000 €, investissement total de 120 000 €)

  • Jean-Louis David (apport personnel de 30 000 €, investissement total de 15 000 €)

Ces salons franchisés génèrent pourtant près de 45 % du chiffre d’affaires en 2021. Les 3 principaux groupes de franchisés sont :

  • Provalliance (Franck Provost, Jean Louis David, Saint Algue),

  • VOG (Tchip Coiffure, Shampoo Expert, Vog Coiffure,)

  • Pascal Coste (Pascal Coste, Shampoo Expert, People Coiffure,).

Bon à savoir

Provalliance compte à lui seul 3 300 établissements dans 30 pays en 2024.

Par ailleurs, des formules nouvelles émergent. L’enseigne Addict’ Paris propose des prestations illimitées de coiffure en échange d’un abonnement. Tchip coiffure se spécialise sur le low cost tandis que VOG coiffure focalise sur la coloration.

Coiffure à domicile

La coiffure à domicile se développe pour l’ensemble des prestations, y compris la coloration ou le lissage.

Les prises de rendez-vous se font par téléphone pour une clientèle plus âgée ou via des plateformes digitales. Les réseaux sociaux et le bouche à oreille constituent les principaux moyens de développer sa clientèle.

Les tendances du secteur de la coiffure

En résumé :

  • Le secteur de la coiffure s'adapte aux évolutions des modes de vie et des attentes des consommateurs.

  • Les difficultés économiques influencent les choix des consommateurs avec l’essor des soins rapides à bas prix.

  • La digitalisation, la diversification et la technicité des soins apportent des innovations nécessaires pour se démarquer.

  • La marque, l’expertise et la qualité demeurent des critères importants pour les clients.

  • La concurrence des barber shops vient fragiliser les salons de coiffure traditionnels qui voient leur fréquentation diminuer.

Les grandes tendances

Le pouvoir d’achat pèse sur les consommateurs. Pour autant, la coiffure reste un moment de plaisir et un service utile. Seulement, les clients se rendent moins souvent et consomment moins de soins « non essentiels » (coupe sans shampoing pour les hommes, diminution des soins et des achats de produits pour les femmes).

Le marché est marqué par une forte concurrence. Une étude de marché approfondie s’impose avant toute implantation pour bien identifier sa cible, son secteur géographique et ses prestations.

Malgré un chiffre d’affaires en augmentation, l’évolution des charges constitue un enjeu prioritaire pour 73 % des salons.

Enfin, la tendance au bien-être avec des produits de qualité se confirme. Les clients se détournent par exemple des produits chimiques au profit de solutions plus naturelles telles que la coloration végétale ou le lissage à la kératine.

Les perspectives du secteur

Le secteur de la coiffure se transforme lentement avec une diversification des services proposés (bar à ongles, maquillage, relooking, etc.). Certaines prestations techniques (comme le lissage brésilien) font l’objet de véritables spécialisations.

La digitalisation du secteur permet de répondre aux attentes : accueil sans rendez-vous, prise de rendez-vous sur des plateformes digitales, partenariat avec des influenceurs, exploitation des réseaux sociaux,..…

La personnalisation se développe avec les coiffeurs à domicile ou sur le lieu de travail et une large amplitude horaire. Enfin, l’essor des espaces de coworking dans la coiffure comme la Fabrika illustre la volonté d'indépendance des coiffeurs.

Conclusion

La grande majorité des salons de coiffure sont indépendants. Le nombre de micro-entreprises est en plein essor, dopé par l’envie d’indépendance des coiffeurs, que ce soit dans la coiffure à domicile ou, de manière plus marginale, dans la location de place au sein d’un salon.

Les salons de coiffure sous enseigne représentent pourtant près de la moitié du chiffre d’affaires, dopé par des investissements publicitaires et marketing importants.

La pression concurrentielle est donc forte dans la coiffure. Face à la hausse de leurs charges, les coiffeurs sont donc tentés d’augmenter leurs prix pour maintenir leurs marges, mais au risque de voir baisser la fréquence des rendez-vous.

Néanmoins depuis la pandémie, le secteur se redresse sous l’effet de leviers de croissance tels que la digitalisation, l'innovation et la spécialisation. La clientèle se montre souvent plus fidèle à une marque ou à un coiffeur, qu’elle peut suivre de salon en salon.