Charges en micro‑entreprise : taux, calcul et liste des cotisations

En résumé :

  • Les charges de la micro-entreprise sont diverses : cotisations sociales, impôts, achats de marchandises et fournitures, assurances, etc.

  • Les cotisations sociales se calculent directement sur le chiffre d’affaires encaissé hors taxes (HT). Le taux de charges d’un micro-entrepreneur dépend de l’activité exercée.

  • Au régime micro-fiscal, vos revenus sont assujettis à l’impôt sur le revenu, après application d’un abattement forfaitaire. Sur option, vous pouvez choisir le versement libératoire et payer votre impôt à l’Urssaf, en même temps que vos cotisations sociales.

  • La micro-entreprise n’autorise aucune déduction de vos frais professionnels réels. Mais vous pouvez limiter vos charges avec quelques astuces !

Simulateur de charges auto-entrepreneur

Dans cet article

Charges sociales en micro‑entreprise : taux et calcul

Vous payez des cotisations sociales pour micro-entreprise pour assurer votre protection sociale (maladie, maternité, prévoyance, retraite de base et complémentaire, etc.).

Charges micro entrepreneur

Taux de cotisations sociales en micro-entreprise (2026)

Le régime social du micro-entrepreneur est spécifique : vous êtes soumis au micro-social. Vous payez des cotisations calculées sur votre chiffre d’affaires encaissé, auquel l’administration applique un taux variable selon la nature de votre activité.

Attention

Vous devez déclarer votre chiffre d’affaires encaissé, et non les sommes facturées au cours de la période.

👉 Pour connaître votre taux de cotisations, vous devez classer votre activité, parmi les catégories suivantes.

  • Achat-revente de marchandises (épicerie, magasin d’habillement, restaurant, etc.).

  • Prestations de services commerciales et artisanales BIC (coiffeur, plombier, fleuriste, livreur, DJ, etc.).

  • Prestations de services libérales BNC (rédacteur web, développeur, etc.).

  • Professions libérales relevant de la Cipav (architecte, psychologue, moniteur de ski, etc.).

  • Location de meublés de tourisme classés (gîtes, logements Airbnb, etc.).

Les taux des cotisations sociales des micro-entrepreneurs sont les suivants en 2026.

Secteur d’activité

Taux de cotisation

Achat/revente de marchandises (BIC) et fourniture d’hébergement (sauf location d’habitation meublée et logements meublés de tourisme)

12,3 %

Prestations de services commerciales et artisanales (BIC), y compris la location de locaux d’habitation meublés et les chambres d’hôtes

21,2 %

Autres prestations de services (BNC)

25,6 %

Professions libérales réglementées relevant de la Cipav (BIC ou BNC)

23,2 %

Location de meublés de tourisme classés

6 %

Depuis le 1er janvier 2020, la Sécurité sociale des indépendants a remplacé le régime social des indépendants (RSI). La protection sociale des indépendants est désormais intégrée au régime général de la Sécurité sociale.

Bon à savoir

Sous conditions, vous pouvez bénéficier d’une exonération partielle de cotisations sociales, grâce à l’ACRE (aide à la création ou à la reprise d’une entreprise) en début d'activité. Ce dispositif vous permet de ne payer que 50 % des cotisations dues pour votre première année d’activité.

Le taux de l’exonération sera réduit à 25 % pour les micro-entreprises créées après le 1er juillet 2026. La demande d’ACRE doit être adressée dans les 60 jours suivant le début de l’activité.

La contribution à la formation professionnelle (CFP)

En complément de ses cotisations sociales, chaque micro-entrepreneur verse un pourcentage de son chiffre d’affaires HT au titre de la contribution pour la formation professionnelle (CFP).

👉 Là encore, le taux varie en fonction de la nature de l’activité exercée.

Secteur d’activité

Taux

Artisans

0,3 %

Commerçants

0,1 %

Professions libérales (réglementées ou non)

0,2 %

Les taxes pour frais de chambres consulaires

Le financement des chambres consulaires est partiellement assuré par une taxe prélevée sur le CA HT des micro-entrepreneurs dont le chiffre d’affaires dépasse 5 000 €. Ces sommes profitent aux chambres de commerce et d’industrie (CCI) et aux chambres des métiers et de l’artisanat (CMA).

Les taux varient en fonction de l’activité.

Activité

Taux à appliquer sur le chiffre d’affaires

Alsace

Moselle

Chambre consulaire concernée

Prestations de services

0,044 %

0,044 %

0,044 %

CCI

Prestations de services artisanales

0,480 %

0,650 %

0,830 %

CMA

Vente de marchandises, restauration

0,015 %

0,015 %

0,015 %

CCI

Achat-revente pour un artisan

0,220 %

0,290 %

0,370 %

CMA

Artisan en double immatriculation CCI/CMA

0,007 %

0,007 %

0,007 %

CCI

Bon à savoir

Les micro-entreprises qui exercent une activité libérale ne sont pas concernées par les taxes pour frais de chambres consulaires.

Calculer ses charges en micro-entreprise

La formule de calcul des charges sociales de votre micro-entreprise est simple à appliquer.

➡️ Charges de la micro-entreprise = recettes encaissées au cours de la période x taux de cotisations

Exemple

Matéo est rédacteur web. Il a encaissé 4 000 € de recettes hors taxes en février 2026.

Il doit payer des cotisations sociales au taux de 25,6 % et la CFP (0,2 %). Il ne règle pas de taxes pour frais de chambres consulaires, puisqu’il exerce une activité libérale.

Au total, il verse 25,8 % de son CA HT, soit 1 032 € de cotisations.

Matéo supporte aussi 300 € de frais de fonctionnement chaque mois.

Il perçoit donc un revenu net avant impôts égal à : 4 000 - 300 - 1 032 = 2 668 €.

Vous devez déclarer le chiffre d’affaires de votre micro-entreprise auprès de l’Urssaf tous les mois ou tous les trimestres. C’est dans ce cadre que vos cotisations sociales sont calculées automatiquement. Vous êtes ensuite invité à les régler avant la fin du mois qui suit la période à laquelle elles se rapportent.

Bon à savoir

En l’absence de chiffre d’affaires, vous ne payez normalement pas de charges sociales. Vous pouvez néanmoins demander à vous acquitter de cotisations minimales pour bénéficier d’une meilleure protection sociale. Cette solution vous permet par exemple de continuer à valider vos trimestres de retraite.

Taxes et impôts en micro‑entreprise : CFE, TVA et IR

Un micro-entrepreneur doit également supporter des charges fiscales, à commencer par l’impôt sur le revenu (IR). Il doit aussi s’acquitter de la CFE, et parfois de la TVA.

L’impôt sur le revenu en micro-entreprise

Les revenus de la micro-entreprise relèvent obligatoirement de l’IR. Ils sont en principe soumis au barème progressif, mais une option pour le versement libératoire est possible, sous condition de revenus.

Le barème progressif de l’impôt sur le revenu (par défaut)

Le micro-entrepreneur profite d’un régime simplifié : le micro-fiscal.

👉 Il n’a pas besoin de calculer son bénéfice ou son résultat fiscal. Les impôts d’un auto-entrepreneur sont basés sur son chiffre d’affaires HT, inscrit sur sa déclaration de revenus annuelle, déposée en mai N+1.

L’administration applique ensuite un abattement pour déterminer son revenu imposable.

Activités

Abattement

Activité d’achat / vente de marchandises ou de fourniture d’hébergement (hors meublés de tourisme)

71 % du CA

Prestations de services BIC, meublés de tourisme classés et chambre d’hôtes

50 % du CA

Prestations de services BNC

34 % du CA

Meublés de tourisme non classés

30 % du CA

305 €

C’est le montant de l’abattement minimum en micro-entreprise.

Le résultat obtenu après application de l’abattement est ajouté aux autres revenus de l’entrepreneur, avant d’être soumis au barème progressif de l’IR.

Exemple

Sophia est webdesigner (activité BNC). Elle a réalisé 35 000 € de chiffre d’affaires sur l’année 2025. L’administration applique l’abattement : 35 000 - (35 000 x 34 %) = 23 100 €. Cette somme est intégrée à ses autres revenus pour calculer son impôt, par le biais du barème progressif.

Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu (optionnel)

Sur option, le micro-entrepreneur peut décider de payer son impôt en même temps que ses cotisations sociales, grâce au mécanisme du versement libératoire. Pour cela, son revenu fiscal de référence de l’année N-2 ne doit pas dépasser le plafond légal.

➡️ Ainsi, les auto-entrepreneurs dont le revenu fiscal de référence pour 2024 n’excède pas 29 579 € pour une personne seule (1 part) peuvent opter pour le versement libératoire en 2026. Pour un couple sans enfant à charge, il suffit de multiplier ce plafond par 2, soit 59 158 €.

L’impôt est alors calculé sur la base du chiffre d’affaires déclaré à l’Urssaf, à partir d’un taux fixe.

Secteur d’activité

Taux appliqué

Activité d’achat/revente, de vente de denrées à consommer sur place et de prestations d’hébergement (BIC)

1 %

Prestations de services artisanales et commerciales

1,7 %

Prestations de services relevant des bénéfices non commerciaux (BNC)

2,2 %

💡 On vous recommande d’effectuer des simulations pour déterminer le mode de paiement de l’impôt le plus favorable pour vous.

Bon à savoir

Si vous optez pour le versement libératoire, vous ne payez pas de prélèvement à la source.

La cotisation foncière des entreprises (CFE)

La cotisation foncière des entreprises (CFE) est un impôt local dû par toutes les entreprises.

Bon à savoir

Un auto-entrepreneur doit payer la CFE à partir de sa deuxième année d’activité. Vous profitez ainsi d’une exonération de CFE pour votre première année 🙌 ! Si votre chiffre d’affaires ne dépasse pas 5 000 €, vous restez exonéré de CFE l’année suivante.

Le calcul de la CFE s’appuie sur la valeur locative des biens utilisés pour votre activité professionnelle, que vous en soyez locataire ou propriétaire. Si vous exercez depuis chez vous, le montant de la CFE est déterminé à partir d’une base forfaitaire minimale.

📃 Vous devez remplir une déclaration initiale de CFE avant le 31 décembre de l’année de création de votre entreprise. Il n’y a pas d’autre déclaration à faire par la suite, sauf en cas de changement de situation (déménagement, agrandissement de vos locaux, etc.).

Bon à savoir

Les auto-entrepreneurs dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 5 000 € bénéficient d’une exonération de CFE.

La TVA en micro-entreprise

Par défaut, la micro-entreprise est en franchise de TVA. Avec ce régime, vous ne facturez pas de TVA sur vos ventes, et vous ne déduisez pas la TVA sur vos achats.

Cependant, si vous dépassez les plafonds de la franchise de TVA, vous devez facturer cette taxe à vos clients, avant de la reverser à l’État. Pour ce faire, vous établissez des déclarations de TVA mensuelles, trimestrielles ou annuelles, selon votre régime d’imposition.

➡️ Voici les seuils de TVA pour les auto-entrepreneurs, en 2026.

Activité

Seuil de CA

Seuil de CA majoré

Vente de marchandises

85 000 €

93 500 €

Prestations de services

37 500 €

41 250 €

Avocat, auteurs et artistes-interprètes

50 000 €

55 000 €

Les plafonds de recettes fonctionnent comme suit.

  • Le franchissement du seuil de base implique le passage à la TVA à partir du 1er janvier de l’année suivante.

  • Le dépassement du seuil majoré entraîne la redevabilité immédiate de la TVA.

💡 Vous pouvez opter volontairement pour l’application de la TVA sur vos factures. Pour cela, contactez votre service des impôts des entreprises (SIE). Ce choix vous permet de récupérer la TVA acquittée sur vos achats. Par ailleurs, vos clients professionnels ne sont pas impactés puisqu’ils peuvent également déduire la taxe que vous leur facturez.

Bon à savoir

Les plafonds de TVA sont différents des plafonds de chiffre d’affaires de la micro-entreprise.

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Autres charges de l’auto-entrepreneur

Au-delà des cotisations sociales et des impôts, votre micro-entreprise doit faire face à d’autres charges récurrentes. Les assurances et l’ouverture d’un compte pro constituent souvent des dépenses incontournables.

L’assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro)

En micro-entreprise, vous devez penser à protéger votre activité contre les dommages que vous pourriez causer aux tiers. C’est le rôle de l’assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro).

Cette couverture est obligatoire pour certains secteurs d’activités (professionnels du droit, métiers du BTP, etc.). Dans les autres cas, elle est fortement recommandée.

Bon à savoir

Le coût d’une RC Pro varie en fonction de votre activité et de l’évaluation des risques faite par l’assureur. Comptez entre 100 € à 500 € par an en micro-entreprise.

Le compte professionnel

Utiliser un compte dédié à votre activité de micro-entrepreneur n’est pas obligatoire dès le départ. La loi l’impose seulement si vous dépassez 10 000 € de chiffre d’affaires pendant 2 années civiles consécutives.

Le mieux reste néanmoins d’opter pour l’ouverture d’un compte pro dès votre lancement. Un tel support vous permet de séparer clairement vos dépenses personnelles et professionnelles et réduit les risques fiscaux.

💡 En choisissant un compte pro en ligne, vous pouvez profiter de services dédiés aux petites entreprises, tout en limitant vos frais bancaires ! Les avantages du compte pro en ligne sont les suivants :

Checklist

  • Des services pensés pour les entrepreneurs.

  • Des frais souvent plus faibles que dans les banques traditionnelles.

  • La séparation entre vos dépenses personnelles et professionnelles pour faciliter votre comptabilité.

  • Moins de risques avec les administrations (Urssaf et impôts).

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Peut-on déduire ses charges en micro-entreprise ?

👉 En micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire vos charges fiscalement.

C’est l’une des spécificités du régime micro-fiscal : il n’y a pas de déduction « au réel », mais l’application d’un abattement forfaitaire (30 %, 34 %, 50 % ou 71 %).

Vous devez prendre cette information en compte lorsque vous choisissez votre statut juridique.

Et oui, car l’auto-entrepreneur doit tout de même régler des charges : achat de marchandises, assurances, abonnements internet et téléphone, matériel informatique, frais de déplacement, loyer, logiciels, fournitures de bureau, etc.

👉 Ainsi, si vous avez beaucoup de dépenses, vous devriez peut-être opter pour un autre statut, afin de bénéficier du régime réel d’imposition.

Bon à savoir

Pour déterminer si la micro-entreprise est le meilleur choix, calculez le poids de vos charges sur votre chiffre d’affaires et comparez-le à l’abattement forfaitaire du régime micro.

Comment mieux gérer ses charges en micro-entreprise ?

Vos charges d’auto-entrepreneur sont trop lourdes ? Voici quelques astuces pour mieux maîtriser vos dépenses professionnelles.

  • Ouvrez un compte pro en ligne avec Propulse by CA pour créer vos factures et devis et automatiser votre déclaration Urssaf. C’est une bonne solution pour vous dispenser du paiement d’un logiciel de comptabilité et de facturation !

  • Faites la chasse aux outils inutiles : analysez vos dépenses et répertoriez les logiciels dont vous vous servez vraiment. Résiliez les abonnements superflus, comparez les offres concurrentes et restez à l’affût des promotions !

  • Optimisez votre fiscalité : demandez-vous s’il est judicieux ou non d’opter pour le versement libératoire en fonction de votre situation personnelle. Pour la CFE, vous pouvez parfois faire des économies en domiciliant votre entreprise dans une autre commune. Le lieu de domiciliation ou d’exercice doit toutefois correspondre à la réalité de votre activité. Étudiez aussi votre éligibilité aux exonérations de CFE.

  • Renseignez-vous sur les aides existantes : les pouvoirs publics proposent de nombreuses aides pour les micro-entrepreneurs (ACRE, ARE/ARCE, subventions régionales, etc.). Vérifiez votre éligibilité !

  • Préparez votre retraite : vous pouvez préparer votre retraite en versant une partie de vos revenus sur un plan d’épargne retraite. Selon l’option fiscale retenue et dans la limite des plafonds applicables à votre foyer, ces versements peuvent ouvrir droit à une déduction du revenu imposable..

  • Utilisez les débours : ils permettent de refacturer des frais indispensables à la bonne exécution de la prestation à vos clients. Ces sommes ne constituent pas du chiffre d’affaires, et ne sont donc pas soumises aux impôts ni aux cotisations sociales.

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